Les voitures électriques, nouveaux dangers de la route ?

Les voitures électriques, nouveaux dangers de la route ?

L’enquête d’Axa Suisse a toutefois tenu à rassurer les propriétaires de VE en prouvant que les électriques avaient aussi peu de risque de prendre feu que les thermiques.

Selon une étude d’Axa Suisse parue le 25 août dernier, les véhicules électriques seraient plus souvent impliqués dans des accidents routiers que leurs homologues thermiques. Ils causeraient également plus de dégâts en cas d’accrochage.

Si vous conduisez une voiture électrique et qu’en plus celle-ci se trouve être de couleur rouge, soyez prudent ! Alors qu’une enquête menée par le spécialiste des données sur les véhicules d’occasion, CarVertical, révèle que les voitures rouges connaissent une plus forte sinistralité, l’assureur Axa en remet une couche en exposant que les VE enregistrent quant à eux un nombre d’accidents plus élevé que les véhicules à combustion classiques. Un phénomène qui s’expliquerait par la puissance d’accélération délivrée par ce type de motorisations branchées.

Se méfier de l’ « overtapping »

Dans le cadre de nouveaux crash-tests annuels, les chercheurs en accidentologie d’Axa Suisse ont ainsi mis en exergue la dangerosité de la puissance délivrée par les VE. D’après les statistiques effectuées, les conducteurs de voitures électriques causent 50 % de collisions en plus que les automobiles thermiques. Pour cause : la conduite des premiers diffère de celle des seconds car, plus le véhicule est puissant, plus le risque d’accidents est important. Ceci à cause d’un effet trop souvent sous-estimé : l’ « overtapping » ou accélération rapide involontaire.

« La majorité des voitures électriques, notamment les modèles puissants, offre un couple très élevé. Il suffit d’effleurer l’accélérateur pour s’en rendre compte. Cela peut se traduire par une accélération involontaire par à-coups, incontrôlable », souligne ainsi l’étude d’Axa Suisse. Ce n’est donc pas par hasard que, toujours selon le rapport de l’assureur, plus de 50 % des usagers de voitures électriques ont dû revoir leur façon d’être au volant et s’adapter dans les premiers temps de prise en main.

Une question de taille (et de poids)

Qui dit véhicule électrique dit batterie. Or, « celle-ci a une incidence sur la puissance, donc sur la tenue de route des véhicules, mais aussi sur leur poids et leur construction », rappelle Michael Pfäffli, responsable du service Recherche accidentologique et Prévention d'Axa. Alourdis, les VE garantissent à leurs occupants une sécurité intrinsèque supérieure mais plus de dommages à leur environnement en cas de collision avec des véhicules plus légers, désavantagés.

Comme le confirment les données d’Axa, une voiture particulière très lourde (plus de 2 000 kg) occasionne en effet, en moyenne, 10 % de dommages matériels supplémentaires par rapport à un véhicule léger (de moins de 1 000 kg). De plus, « plus les véhicules sont anciens, et donc dépourvus de systèmes de sécurité, plus la probabilité d’un dommage corporel est grande », fait remarquer Michael Pfäffli. Le risque est d’ailleurs accru de 20 % avec un véhicule de plus de dix ans.

Éteindre les craintes d’incendies

Au milieu de ces conclusions quelque peu anxiogènes, l’enquête d’Axa Suisse a toutefois tenu à rassurer les propriétaires de VE en prouvant que les électriques avaient aussi peu de risque de prendre feu que les thermiques. Il faut dire qu’en cas d’accident, la batterie se voit automatiquement déconnectée des autres câbles et composants à haut voltage en l’espace de quelques millisecondes. « Le circuit électrique étant coupé, les opérations de sauvetage des personnes sont sans danger, même sur des voitures électriques », note donc l’assureur. Selon les statistiques, seules cinq voitures sur 10 000 prennent feu, les dommages causés par les fouines étant 38 fois plus fréquents que les incendies de voiture.

Néanmoins, Michael Pfäffli admet que, lorsqu’un véhicule électrique s’embrase, « compte tenu du phénomène d’emballement thermique, autrement dit de la combustion des cellules de la batterie, la situation devient critique. » Pour éviter que la batterie ne subisse des dégradations aux conséquences graves, Axa préconise donc aux constructeurs d’œuvrer à la protection du bas de caisse, ce point s’étant révélé décevant lors des crash-tests. Les chercheurs en accidentologie de l’assureur recommandent également une vérification plus poussée de ce « talon d’Achille » à l’évaluation Euro NCAP.

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