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Essai - Mazda CX-60 : pro-pulaire

Essai - Mazda CX-60 : pro-pulaire

Galopant de 200 ch et 254 ch et doté du dispositif d’hybridation légère 48 V de Mazda, le CX-60 n’abandonne cependant pas définitivement le diesel.

Ce nouveau Mazda CX-60 est une révolution à plus d’un titre pour Mazda. En plus de dévoiler un design plus trapu que ce que propose ordinairement la marque, ce modèle inaugure l’avènement du premier véhicule hybride rechargeable conçu par le constructeur japonais pour l’Europe.

Des gros SUV, il y en a déjà sur le marché, des PHEV aussi. Alors pourquoi ce lancement est-il si attendu ? Parce qu’il renforce l’entrée de Mazda dans l’ère de l’électrification avec l’introduction de ce tout premier véhicule hybride rechargeable dans son catalogue européen. Destiné à étoffer la famille des SUV de la marque nipponne, le CX-60 est le premier des deux nouveaux représentants de la catégorie des grands crossovers qui seront commercialisés en Europe dans les deux années à venir – un nouveau CX-80 est en effet dans les tuyaux pour l’horizon 2024. La production ainsi que les livraisons du CX-60, elles, débuteront à partir de janvier 2023, selon le calendrier du constructeur.

Respectable rendement énergétique

Alors que Mazda envisage de ne vendre plus que des modèles électriques dès 2030 grâce à sa plateforme Skyactiv EV Scalable Architecture et vise même la neutralité carbone en 2050, ce CX-60 de nouvelle génération incarne pleinement la volonté de la marque d’adopter une approche multi-solutions afin de répondre aux besoins de mobilité électrifiée actuels. Sur le segment SUV-D Premium où s’inscrit le modèle, le diesel représentait en effet 75 % des ventes en 2019 et le PHEV seulement 4 %. Dorénavant, la tendance s’inverse puisqu’en 2022, le PHEV et le diesel enregistraient une part de marché égale à 36 %, devant le 100 % électrique à 22 % et l’essence à 4 %. Dans un contexte favorable à ce type de motorisation « branchée » et donc moins émettrice de CO2, la marque Mazda devait donc, elle aussi, sortir un produit d’appel capable de satisfaire les normes environnementales en vigueur.

Et c’est le cas étant donné que le tout premier modèle hybride rechargeable lancé par le constructeur en Europe se distingue par ses vertus écologiques. Bénéficiant d’un groupe propulseur associant le moteur 2.5L Skyactiv-G – bloc essence quatre cylindres à injection directe – à un moteur électrique de 129 kW ainsi qu’à une batterie d'une puissance de 17,8 kWh, le CX-60 affiche ainsi une consommation en cycle mixte WLTP de 1,5 l/100 km pour un niveau d'émissions de CO2 de 33 g/km. Dans les conditions de l’essai, nos performances carburant ont grimpé à 3,8 l/100 km, ce qui demeure toutefois correct au quotidien. D’autant que le modèle revendique une autonomie de 63 km en mode tout électrique si la vitesse n’excède pas 100 km/h : en somme, pour un parcours journalier en zone urbaine, le CX-60 se défend… si l’on omet son gabarit corpulent de presque 2 tonnes, peu adapté aux passages étroits des villes.

Le diesel en embuscade

Galopant de 200 ch et 254 ch et doté du dispositif d’hybridation légère 48 V de Mazda, le système M Hybrid Boost en charge d’optimiser la consommation de carburant en faisant appel au moteur électrique pour seconder le moteur thermique lorsque celui-ci tourne au ralenti ou à bas régimes, le CX-60 n’abandonne cependant pas définitivement le diesel. Une déclinaison dans cette motorisation, moins chère mais plus gourmande avec des rejets de 128 à 139 g de CO2/km, est en effet à prévoir prochainement.

Il faut dire que, comme l’affirme Laurent Thézée, président de Mazda France, « c’est une offre attendue et qu’il nous faut proposer. » De plus, « le marché n’est pas hostile au diesel et il existe encore une communauté de gros rouleurs pour qui l’électrique n’est pas adaptée », observe-t-il. Un discours assumé et courageux mais à contre-courant de ceux tenus généralement – et bien que les risques de coupure d’électricité prévue cet hiver risquent de lui donner raison… Parallèlement à l’arrivée future de ce nouveau moteur Diesel 3.3L e-Skyactiv D à six cylindres en ligne, notons qu’un CX-60 de 7 places ne s’avère également pas à exclure, « mais nous en reparlerons fin 2023, début 2024 », promettent les équipes de Mazda.

Des atouts pour séduire les pros

Innovant à bien des égards, le CX-60 inaugure une palette de technologies inédites, à l’image du système « See-Through View », une caméra 360° offrant un champ de vision étendu à vitesse réduite. Le système de contrôle de motricité en descente (HDC), le système de contrôle de stabilisation du véhicule baptisé KPC (Kinematic Posture Control) ou l’ajustement du profil de positionnement de siège –avec réglage automatiquement du volant, des rétroviseurs et de l'affichage tête haute – retenu en mémoire font aussi partie des nouveautés pensées pour ce crossover PHEV. De même, toujours pour procurer le meilleur de l’expérience de conduite selon sa philosophie Jinba-Ittai, le CX-60 possède des suspensions capables de gommer les mouvements irréguliers de rebonds d’avant/arrière sur les routes escarpées. Une souplesse appréciée des lombaires !

Outre le dynamisme et le confort, le dernier-né de Mazda fait aussi la part belle à la sécurité avec un panel d’équipements et d'aides à la conduite de pointe, notamment un régulateur de vitesse (i-ACC) intégrant les limitations de vitesse fournies par le système de reconnaissance des panneaux de signalisation ou le système de surveillance des angles morts (BSM) pour ne citer qu’eux. Les passages de rapports fluides et les quatre modes de conduite engagés finiront de convaincre ceux qui prendront le volant de ce modèle. À commencer par les professionnels qui, au pré-lancement, représentaient 64 % des commandes contre 36 % pour les particuliers. Pour cause, « le CX-60 a l’avantage de ne souffrir aucun malus au poids, de bénéficier d’une TVS contenue et de profiter de formules de financements spécifiques aux flottes comme le rachat en concession », nous confie le président de Mazda France.

Un look potentiellement déroutant…

Malgré cette accroche plus qu’attrayante, le CX-60 pourrait faire quelques réfractaires compte tenu de son allure beaucoup plus massive que le reste de sa fratrie. Pourvu d’une nouvelle calandre plus haute et plus carrée, son capot se révèle trop long, manquant presque de raffinement. Montées sur 18 ou 20 pouces, les dimensions du véhicule, mesurant plus de 4,7 m pour un empattement de 2,9 m et une largeur de pratiquement 2 m, n’arrangent d’ailleurs pas l’impression d’écrasement que l’on ressent face à une telle robustesse. Heureusement, l’agencement vertical des blocs optiques et la signature lumineuse en forme de L du Mazda CX-60 apportent une touche sophistiquée, tout comme le nouveau coloris extérieur Rhodium White, d’une blancheur délicate. L’élégance propre à Mazda se retrouve néanmoins lorsqu’on s’installe dans le véhicule.

… mais un habitacle charmant

C’est dans l’habitacle à la fois sobre et luxueux de la version Takumi que l’on appréciera dans son entièreté le travail des designers de la marque. Une sellerie en cuir Nappa blanc sur les sièges, du simili cuir pour le revêtement de l’accoudoir central, des inserts de tableau de bord chromés et des surpiqûres traditionnelles « Kakenui » engendrent l’impression de prendre place sur un sofa dans un décor moderne-chic, parfait d’une excellente insonorisation. Seuls les éléments en bois d’érable sur la console centrale, qui apportent un relief lambrissé à cette ambiance crème, déçoivent par leur aspect plastifié au toucher.

Côté équipements et connectivité, la vaste planche de bord arbore un système d'infodivertissement avec affichage central de 12,3 pouces. Compatible avec Android Auto – une nouveauté pour Mazda – et avec Apple CarPlay sans fil, ce dernier présente toutefois une interface un peu complexe. Heureusement, les commandes manuelles, au volant et sur l’instrumentation, pallient ce désagrément. De son côté, l’absence de multiplication d’écrans et la présence de rétroviseurs plus gros que la moyenne rajoutent une dimension sécuritaire accrue bien que déjà garantie par une structure de caisse étudiée pour absorber au mieux l’énergie de chocs, notamment frontaux. Le développement d’une boîte automatique à huit rapports compacte assure, elle, un espace aux genoux satisfaisant pour les passagers mais surtout pour le conducteur, qui ne se sentira nullement engoncé même pour de longs trajets.

Exposant quatre niveaux de finition et débutant ses tarifs à plus de 52 000 euros, le CX-60 PHEV grimpe même jusqu’à 58 250 euros en version haut de gamme Homura mais ne dépasse pas les 60 000 euros. Sauf si l’on décide d’alourdir la facture avec l’un des différents packs optionnels d’aides à la conduite (Driver Assistance), d’ambiance (agrément et audio), de toit panoramique ou de confort. Pas toujours nécessaire…

Retrouvez cet essai dans le numéro 279 du magazine L'Automobile & L'Entreprise

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