Mercedes se dit victime d'une usine à gaz

Mohamed AREDJAL

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C’est l’incompréhension chez Mercedes France.

Un mois après avoir constaté le blocage des immatriculations de ses modèles Classe A, B, CLA et SL, le constructeur attend toujours une annonce de l’administration française. « Nous ne comprenons pas la situation », déplore Marc Langenbrinck, directeur général de Mercedes-Benz France.

S’il ne doute pas que le gaz R134a, qui équipe les véhicules à l’étoile, est la cause de cette sanction, le groupe estime que ses clients et son réseau ont droit à quelques éclaircissements. « Nous ne sommes bloqués qu’en France », ajoute le dirigeant.

Les interrogations sont d’autant plus nombreuses que le constructeur estimait bénéficier d’un un délai de mise en conformité pour appliquer directive européenne sur le réchauffement climatique. Pour rappel, cette dernière interdit le gaz de climatisation R134a, jugé trop polluant, sur les nouveaux modèles depuis le 1er janvier.

Bruxelles accorde néanmoins une tolérance jusqu’en 2017 pour les véhicules existants. La faille n’a pas échappé à Mercedes qui a homologué ses véhicules neufs en jouant sur ce biais. Exemple : la nouvelle Classe A repose sur une plate-forme similaire à son aînée, autorisant la marque à homologuer son véhicule en ancien type. Bien que temporaire, cette solution accorde un sursis au constructeur qui développe un nouveau système de climatisation au CO2. Mais l’administration française en a décidé autrement…

Le réseau Mercedes privé de la moitié de ses ventes

En attendant une issue à cette affaire, Mercedes est contraint d’appliquer un « sparadrap très onéreux » pour éviter l’hémorragie. Les modèles bloqués par le système d’immatriculation (SIV) représentent en effet 50 % des ventes de la marque qui écoule, chaque année, près de 30.000 véhicules dans l’Hexagone. Autrement dit, plus de 1.000 clients pourraient ainsi attendre chaque mois la livraison de leur voiture.

C’est pourquoi, depuis le 19 juin, chaque client Mercedes se voit offrir un prêt gratuit de véhicule issu de la même gamme que celui commandé. « Une solution temporaire », précise Marc Langenbrinck, qui s’inquiète de la faiblesse de ses niveaux de stock. Ce dispositif ne risque pas d’épargner non plus les trésoreries des 55 investisseurs privés que compte aujourd’hui le réseau de la marque allemande.

Convaincu de son bon droit, le constructeur espère désormais que Bruxelles et les autorités françaises finiront par reconnaître la dangerosité d’un gaz qu’il se refuse d’installer dans ses véhicules. « Le KBA (ndlr : autorités allemandes des transports) mène actuellement de nouveaux tests mandatés par la Commission européenne. Les résultats seront connus en août », indique Walter Pütz, directeur des homologations / certifications pour Mercedes-Benz Cars. En attendant, la Commission européenne a prévu d’aborder cette affaire le 17 juillet.

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