Mobilians : Oui à la transformation du marché automobile, non à sa dérégulation !

Mobilians : Oui à la transformation du marché automobile, non à sa dérégulation !

Francis Bartholomé et Xavier Horent cherchent à instaurer un dialogue plus constructif entre constructeurs et concessionnaires.

© Auto Infos

Familièrement, on pourrait dire que le secteur automobile est actuellement dans un shaker et face aux potentielles dérives de cette situation, Mobilians profite du Mondial de l’Automobile pour tirer la sonnette d’alarme. En dénonçant notamment la brutalité des négociations qu’imposent les constructeurs aux distributeurs par rapport au contrat d’agence.

Francis Bartholomé, président de Mobilians, souligne en préambule les efforts déployés par son organisme pour toujours mieux représenter la filière aval de l’automobile auprès des pouvoirs publics en France. La forte présence de Mobilians sur le Mondial de l’Automobile et Equip Auto a d’ailleurs valeur de symbole pour démontrer son engagement. Cette démarche est prolongée au niveau européen : « Nous sommes un partenaire important du Cecra à Bruxelles et suite au #CONNECT Europe de Barcelone, nous avons décidé de le reconnaître comme porte-parole au niveau des discussions liées aux contrats, et comme représentant dans les négociations dans les 27 pays ». Un sillon qui ne se creuse pas toujours dans un sol meuble, car comme le souligne Xavier Horent, délégué général de Mobilians, « le tropisme industriel masque le commerce et les services en France depuis vingt ans. Les services sont trop souvent dans l’angle mort des politiques publiques et des subventions accordées au secteur ».

60 % des concessionnaires sont dans le flou sur les contrats de distribution

Le secteur automobile étant en pleine transformation, mais le dialogue entre les différentes parties, principalement les constructeurs et les concessionnaires n’est pas au niveau des enjeux économiques et sociaux. Les constructeurs cherchent en effet à imposer des nouveaux contrats totalement déséquilibrés, rompant tous les équilibres de la chaîne de valeur. « On ne peut pas laisser faire et favoriser les constructeurs à ce point, alors même qu’ils dégagent des profits opulents. Il ne faut pas trop privilégier les actionnaires au détriment des partenaires et des investisseurs », alertent Xavier Horent et Francis Bartholomé. Cette prise de position reflète la réalité du terrain. Selon un sondage de Mobilians, « 60 % des distributeurs déclarent qu’ils ne sont pas informés sur les contrats en cours de discussion (70 % chez les agents), tandis que 80 % d’entre eux ne sont pas prêts à les signer (85 % chez les agents) ».

En quête de transparence

Les inquiétudes sur les sujets de négociation en cours portent, par ordre d’importance, sur les items suivants, tant pour les concessionnaires que pour les agents :

  • Rémunération et politique commerciale.
  • Transfert et valorisation du fonds de commerce.
  • Architecture juridique du contrat.
  • Niveau de prise en charge des coûts spécifiques à l’activité, pour les marques souhaitant passer à un contrat d’agent.
  • Maîtrise du négoce de véhicules d’occasion.

Les agents soulignent également leurs inquiétudes concernant la captation de la propriété de la donnée client, ainsi que l’achat des pièces de rechange.

Dès lors, à la recherche d’un modèle commercial économiquement viable et équilibré, Mobilians demande « en urgence la levée des clauses de confidentialité qui ne permettent pas aujourd’hui d’instaurer un dialogue transparent et des négociations équilibrées entre constructeurs et distributeurs ».

Attention à la casse économique et sociale dans la filière aval

Il ne s’agit pas d’ingérence dans le rapport entre deux agents économiques majeurs du secteur, mais bien d’éviter que le client final soit le premier perdant de la situation et qu’il y ait trop de casse économique et sociale. « Au final, ce sont les clients qui subiront une détérioration de la qualité des services qu’on leur propose », souligne Francis Bartholomé, qui évoque aussi la forte hausse des prix des véhicules (+ 21 % depuis 2019).

L’objectif est aussi de parler du risque de mise en difficulté de nombreuses entreprises et par extension, d’une menace directe sur l’emploi, à l’échelle de tous les territoires. Deux chiffres valent mieux qu’un long discours : primo, « la distribution automobile, pour 51 % des entreprises du secteur, est située dans des villes de moins de 100 000 habitants, 31 % d’entre elles étant implantées dans des communes de moins de 50 000 habitants » et secundo, « la distribution et la réparation automobile représentent aujourd’hui 275 000 emplois implantés sur l’ensemble du territoire, non délocalisables, par contraste avec l’industrie qui a largement délocalisé –les activités de recherche et d’industrie des constructeurs français (PSA et Renault) représentaient en 2021 56 600 emplois en France ».

Pour un encadrement législatif national de la distribution

Mobilians appelle donc à un dialogue à la fois plus intense et plus apaisé, et alerte « les pouvoirs publics sur la nécessité de prévoir en urgence une réglementation spécifique sur le plan national, alors que les discussions entre constructeurs et distributeurs relatives aux contrats sont largement avancées ».

Plusieurs dispositions sont déjà envisagées par les équipes juridiques de Mobilians :

- préciser que les investissements exigés des distributeurs automobiles soient raisonnables au regard des perspectives économiques,

- donner liberté aux distributeurs automobiles de céder leurs entreprises en réservant aux constructeurs un droit de préférence, assorti le cas échéant d’une faculté de substitution, leur permettant de conserver le contrôle de leur réseau,

- prévoir des indemnisations en cas de cessation du contrat, prenant en compte les investissements réalisés par les distributeurs et la clientèle qu’ils ont attachée localement à la marque.

En somme, si Mobilians propose d’accompagner au mieux la transformation à l’œuvre dans le secteur automobile, il refuse que celle-ci soit l’objet d’une dérégulation dont les conséquences à moyen terme pourraient être désastreuses.

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