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Mobilité hydrogène : Atawey fête ses 10 ans

Mobilité hydrogène : Atawey fête ses 10 ans

Comme le dit Jean-Michel Amaré : « Atawey ne se conçoit pas seulement comme un fournisseur d’équipement mais comme un accompagnateur d’exploitation de la filière hydrogène. »

© Clotilde Gaillard

Spécialisée dans le développement et la commercialisation de stations d’hydrogène vert, l’entreprise cofondée par Jean-Michel Amaré et Pierre-Jean Bonnefond célèbre sa décennie d’existence en concrétisant plusieurs projets d’ampleur. Reportage sur son site du Bourget-du-Lac, en Savoie.

10 ans, le bel âge ! Rétrospectivement, Atawey a fait du chemin, tout comme le secteur de la mobilité hydrogène que la société a accompagné en tant que pionnier. À l’occasion de cet anniversaire, Atawey a en effet mis un coup de projecteur sur ses innovations passées et futures, à l’image de sa station pour poids lourds inaugurée à Moutiers cet été, ou de sa nouvelle station de recharge hydrogène mobile (voir encadré). Des solutions opérationnelles qui ciblent néanmoins des acteurs aux usages de mobilité intensifs comme les transporteurs ou les flottes de taxis.

Une histoire qui démarre à Chambéry…

Avant de développer ces deux produits, Atawey a su s’implanter dans le domaine de la mobilité hydrogène avec une station compacte puis une, de plus grande capacité, érigée sur les terres chambériennes, à proximité des ateliers de la société. Première pierre du projet « Zero Emission Valley » – lancé en 2017 par la région Auvergne-Rhône-Alpes et géré par la structure Hympulsion qui compte aujourd’hui cinq stations opérationnelles (deux Atawey, deux McPhy et une HRS) –, cette station symbolise l’évolution du travail de R&D des équipes du groupe.

Alors que « l’enjeu des ZFE dope à la fois la filière électrique et celle hydrogène pour l’adoption de ces énergies » comme l’explicite Pierre-Jean Bonnefond, cette station ressemble à une station-essence classique, l’odeur en moins mais le bruit en plus. Émettant des claquements sourds lors du passage du gaz dans les tuyaux et quand la station effectue des tests d’étanchéité, elle n’est toutefois dimensionnée que pour les VUL. Ces derniers ne réclament en effet que 7 à 8 kg d’hydrogène pour un plein tandis que les camions ont besoin de 30 à 50 kg. Pour s’adapter aux besoins de cette catégorie de véhicules, Atawey a donc installé une seconde station aux pieds des montagnes, à Moutiers.

… et se poursuit à Moutiers

Si, comme la distribution de l’énergie, la pression de stockage demeure constante que la station soit de petite ou de grande capacité, ce qui diffère c’est la capacité de compression. Pour pallier cette problématique, la structure – qui a mis environ 18 mois à sortir de terre et coûté, avec le génie civil, de 2 à 2,5 millions d’euros –, dispose de sa propre logistique d’approvisionnement. Contrairement au gasoil, dont le ravitaillement peut être aléatoire et soumis au marché (l’actualité l’a prouvé), l’hydrogène est ici fabriqué sur place grâce à des « Tubes trailers » (ou remorques) qui se raccordent aux platines de la station.

De là, l’hydrogène chemine jusqu’aux équipements de compression et aux électrolyseurs de la zone technique, dissimulée derrière un mur en béton coupe-feu, avant d’être redistribué en faisant le trajet inverse. Un procédé dangereux ? « Oui, mais pas risqué », réplique Jean-Michel Amaré, rappelant que la sécurité du système est garantie par des standards rigoureux découlant de tests effectués depuis 2014 avec Air liquide. En somme, « le gaz, c’est forcément plus compliqué à gérer qu’un liquide, mais c’est plus propre et moins cher », fait valoir le cofondateur d’Atawey. Faire un plein d’hydrogène est aussi bien plus rapide que se brancher sur une borne électrique. Enfin, tous les véhicules de plus de 5 ans peuvent être rétrofités à l’hydrogène, une solution notamment valable pour les autocars.

La localité de Moutiers, elle, a été choisie pour sa dimension de carrefour entre plusieurs stations de ski telles Courchevel, les Arcs ou les Menuires, ainsi que sa proximité avec de grands axes routiers. La station de ce paisible village, qui n’a pas encore fait sa saison d’hiver, devrait donc connaître de nombreux passages, de bus et de taxis transportant des touristes ainsi que de camions en transit, mais aussi et surtout de dameuses. L’hydrogène ne craignant pas le froid, permettant une vaste autonomie et présentant un avantage sur la neige avec des batteries plus légères que celles électriques, ces véhicules de pistes sont en effet très friands de ce type de carburant.

Objectif : 60 stations hydrogène par an !

Capable de délivrer actuellement 100 kg d’hydrogène par jour, la station de Moutiers a été conçue pour monter jusqu’à 200 kg et plus. Cette nouvelle phase de développement n’entrera cependant en application que si le nombre de consommateurs s’avère suffisant. « Nous avons fait le choix d’accompagner les porteurs de projets au fur et à mesure de leur croissance. Nous n’investirons donc que quand la demande sera là », confirme Jean-Michel Amaré. Pour cause : « Atawey ne se conçoit pas seulement comme un fournisseur d’équipement mais comme un accompagnateur d’exploitation de la filière. »

Dès lors, l’entreprise – dont les compétences de design et d’intégration mécanique sont déjà internalisées avec un tiers de l’équipe se consacrant à la R&D – entend renforcer ses effectifs et son savoir-faire en embauchant une centaine de techniciens supplémentaires d’ici à 2025. Pour cette nouvelle décennie à venir, Atawey espère aussi s’ouvrir à d’autres pays notamment l’Espagne, en plus de démarrer le chantier d’une future usine courant 2023. Celle-ci comprendrait une Atawey Academy afin de former des agents à l’hydrogène, opérer un travail de maintenance digitale et surtout monter ses ambitions de déploiement à 60 stations par an.

La station mobile embarque, sans stockage, 50 kg d’hydrogène sous pression à 500 barres ce qui rend possible un branchement uniquement en monophasé sur une simple prise. On peut ainsi faire le plein de quatre VP ou d’un camion et même d’un bateau, comme dernièrement à la Ciotat. Posée sur une remorque standard, elle peut être mise en service en une demi-journée, ne demandant qu’un raccordement électrique. Même si la mobilité terrestre engendre beaucoup de vibrations, cette station mobile est certifiée et adaptée à ce transport par la route. Multi-usage et utilisable pour des durées d’un jour à plusieurs années, elle peut par exemple servir sur un événement (salon, démonstration, essais) ou sur un chantier.

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