Mobilité : un plan marche attendu pour septembre

Mobilité : un plan marche attendu pour septembre

Économique, écologique et à la portée de (presque) tous... la marche n'a que des avantages.

© Ryoji Iwata/ Unsplash

Lors de sa conférence de rentrée, le Club des villes et territoires cyclables et marchables a rappelé les actions menées mais aussi le chemin restant à parcourir pour promouvoir la pratique du vélo en France. L’association a également annoncé l’avènement d’un plan marche, sur le modèle du plan vélo, pour cet automne.

« 2022 était une année pleine d’espoirs avec la création d’une Alliance pour le vélo et la mise en place d’un nouveau plan vélo de 250 millions d’euros. 2023, elle, sera une année pleine d’impatiences car les premiers projets d’incitation à la mobilité cyclable doivent démarrer au sein des villes après une première partie de mandat municipal compliqué, notamment en raison du Covid. » Voilà ce qu’a prédit Françoise Rossignol, présidente du Club des villes et territoires cyclables et marchables en préambule de la conférence de rentrée de ce groupe créé en 1989.

Rassemblant 234 collectivités – 151 communes et 78 EPCI (établissement public de coopération intercommunale) –, ce club prône la progression des mobilités actives – qui incluent le vélo et la marche mais pas la trottinette électrique – sans les mettre en concurrence et en vue d’harmoniser l’espace pour accueillir au mieux leurs usages qui ne cessent de séduire. Depuis 2019, la pratique du vélo a ainsi gagné + 30 %, tandis que marcher demeure le deuxième mode de déplacement.

Un plan Marshall de la marche

Parce qu’il est « urgent de rendre la marche agréable, en campagne comme en ville, en complémentarité avec le vélo et les transports en commun », selon les termes de Françoise Rossignol, l’élaboration d’un plan marche équivalent au plan vélo serait en cours. Prévu pour le mois de septembre 2023, il envisagerait « toutes les mesures permettant d’inciter à marcher, dans sa mobilité à 360°, personnelle comme professionnelle », dévoile la présidente du club. Selon qui « il est évident que, pour les piétons, rien n’était vraiment organisé alors que l’on s’aperçoit aujourd’hui que la marche est un élément essentiel à prendre en compte dans une stratégie de mobilité globale. »

Le collectif « Place aux piétons » a lancé, le jeudi 17 novembre 2022, la deuxième édition du Baromètre des villes et villages marchables. Jusqu’au 1er février 2023, les Français sont invités à donner leur avis sur la « marchabilité » de leur commune en répondant à un questionnaire en ligne.

Remettre en selle la population

S’inscrivant comme le mode de déplacement le plus écologique et avec le meilleur impact sur la santé environnementale en luttant contre la sédentarité, la marche apparaît aussi comme le moyen de mobilité le plus inclusif. Une dimension quasi-universelle que souhaite également atteindre son alter ego roulant, le vélo. Si sa version électrique a d’ailleurs permis d’ouvrir sa pratique à un public plus large en augmentant le nombre de kilomètres pouvant être parcourus ou en facilitant son usage sur certains reliefs, la crainte de l’accident dans un trafic où circulent aussi des voitures figure comme le principal frein à son adoption. Afin de rassurer les cyclistes, Françoise Rossignol préconise donc « une amélioration des infrastructures qui s’accompagnerait d’une limitation de vitesse à 30 km/h sur les axes partagés afin d’encourager la cohabitation. »

Alors que la France n’est que 21e sur les 27 pays membre de l’UE en termes de dépense de l’État par habitant concernant la pratique du vélo, « il faut des financements clairs et s’adressant à tous les territoires. Par conséquent, nous sommes vigilants sur la consommation effective de l’enveloppe du plan vélo », affirme Jacques Fernique, sénateur du Bas-Rhin et coprésident du Club des élus nationaux pour le vélo.

Moins de discussions, plus d’actions

Pour atteindre l’objectif d’une part modale du vélo s’élevant à 12 % – contre 4 % en France actuellement et 6 % en moyenne en Europe – Guillaume Gouffier-Valente, deputé du Val-de-Marne et également coprésident du Club des élus nationaux pour le vélo, suggère de son côté d’étendre le public éligible au bonus lors de l’achat d’un vélo et à la prime à la conversion mais aussi d’accentuer l’éducation et la formation du « savoir-rouler » à vélo ou encore l’installation de hubs cyclo-logistiques et d’aires de stationnement afin de répondre aux enjeux du vélo pro, en lien étroit avec les ZFE.

L’élu déplore également le retard pris sur l’infrastructure vélo à l’aube des JO 2024. « Ne tombons pas dans le mythe du véhicule électrique qui réglerait toutes les problématiques, c’est faux. On ne peut plus vivre dans un monde bâti autour de l’automobile c’est pourquoi il faut que le taux de réalisation des projets lancés augmente ! », souligne Guillaume Gouffier-Valente. Un vœu qui pourrait toutefois dérailler à l’heure où de nombreuses collectivités revoient leurs investissements à la baisse. Sans oublier que l’ambition du zéro artificialisation nette (ZAN), demandant aux régions de réduire leur consommation des espaces naturels, risque aussi d’impacter négativement la construction de pistes cyclables

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