NewMotion : « Le développement du véhicule électrique ne se fera pas sans la recharge intelligente »

NewMotion : « Le développement du véhicule électrique ne se fera pas sans la recharge intelligente »

NewMotion : « Le développement du véhicule électrique ne se fera pas sans la recharge intelligente »

En France, 60 000 véhicules électriques (hybrides compris) ont été immatriculés en 2019, soit une augmentation de 80 % par rapport à 2018. Selon les estimations de NewMotion, les véhicules électriques et hybrides devraient représenter 12 % du total des immatriculations du pays en 2020. Il y a toutefois encore beaucoup d’efforts à fournir pour démocratiser le véhicule électrique et la recharge. Décryptage avec Jean-Baptiste Guntzberger, DG France de l’entreprise.

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Jean-Baptiste Guntzberger, DG France de NewMotion © DR/NewMotion

L’Automobile & L’Entreprise : Vous avez récemment publié une étude sur les perspectives de l’e-mobilité. Pourquoi avoir mené ce travail ?
Jean-Baptiste Guntzberger :
À travers ce rapport, nous avons voulu analyser en profondeur les évolutions et atouts du secteur, mais aussi identifier les freins actuels à une adoption massive du véhicule électrique en France. Grâce à ces enseignements, nous sommes à jour sur le marché et nous allons pouvoir informer et démocratiser le VE. On s’aperçoit que le principal frein à l’adoption des véhicules électriques est le manque d’information sur ses usages. Il nous faut répondre aux contraintes et rassurer les Français pour continuer sur ce gros « boom » de l’électromobilité.

A&E : Quels sont les principaux résultats ?
JBG :
Globalement, les problématiques et les besoins sont les mêmes à travers l’Europe. L’étude nous confirme que la contrainte de la recharge est au centre de l’attention des acheteurs de VE. L’écosystème du véhicule électrique donne l’impression d’être compliqué. La majorité des consommateurs ne souhaite pas se heurter à la complexité des tarifs de l’électricité, il s’agit donc d’un enjeu majeur et du rôle de l’industrie – dont NewMotion faite partie – de décomplexifier les messages de manière à les rendre clairs et convaincants, donc attractifs. Alors, oui, les usages sont différents, mais les véhicules affichent aujourd’hui de plus en plus d’autonomie. Le réseau de bornes de recharge public se développe favorablement, et le prix de l’électrique va croiser le prix du thermique dans le courant de l’année 2021 selon les constructeurs.

A&E : Comment réussir à lever ces freins ?
JBG :
Ce sont des problématiques sur lesquelles nous avons déjà beaucoup travaillé et nous devons aujourd’hui communiquer davantage. Et puis il y a des choses à améliorer comme l’interopérabilité pour faciliter la recharge en itinérance ou encore la transparence des prix car les tarifs sont très différents en fonction de l’endroit où l’on se trouve, pouvant passer du simple ou quintuple voire plus. Du côté des entreprises, elles ont déjà réfléchi, déjà testé les véhicules et les charges. Elles savent souvent ce dont elles ont besoin. Il faut seulement faire face et s’adapter à leurs usages. Elles sont aujourd’hui plus avancées dans leur réflexion, donc ça avance dans le bon sens.

A&E : Face au développement du véhicule électrique, comment s’assurer que la production énergétique soit suffisante ?
JBG :
En 2014, les véhicules électriques ont consommé 0,03 % de l’électricité européenne. En 2030, ce chiffre pourrait atteindre 4-5 % et 9,5 % d’ici à 2050 selon les projections de l’Irena (Agence internationale pour les énergies renouvelables). Pour accompagner cette consommation grandissante, nous pouvons solliciter le réseau électrique de manière intelligente grâce au « smart charging », avec des points de charge connectés qui apportent un réel service. À l’avenir, les bornes devront tenir compte de leur environnement énergétique. Il faut savoir stocker l’énergie au moment des pics de production et pouvoir lisser aussi les pics de consommation. Nous pensons que la réponse à terme passera par le V2G ((Vehicle to Grid), qui consiste à ne plus réagir en fonction du réseau, mais aussi réinjecter une énergie à l’échelle d’un bâtiment, d’une ville ou d’un réseau grâce au véhicule électrique. On y croit, on y a toujours cru, et cela a été testé à grande échelle avec différents constructeurs comme Mitsubishi, que nous citons dans l’étude.

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