Nissan lance son offensive électrique en Europe avec trois technologies

Nissan lance son offensive électrique en Europe avec trois technologies

Nissan prend la route de l'électrique avec Ariya, qui complète Leaf.

© Victor Henao

À l’occasion du lancement du SUV électrique Ariya, Nissan a présenté sa stratégie d’électrification de sa gamme en Europe. Un plan qui renonce notamment à l’hybride rechargeable, au profit du système e-Power propre à la marque.

Nissan vient de présenter sa stratégie d’électrification en Europe à l’occasion du lancement commercial de son SUV Ariya. Symbole du virage électrique de la marque, ce véhicule est le fleuron de Nissan et représente l’avenir de la marque. Cependant, si Nissan souhaite que 100 % de ses véhicules vendus en 2030 soient électrifiés, la marque s’appuie sur trois technologies pour répondre aux besoins des clients. Grâce à la mise en commun des technologies au sein de l’Alliance, Nissan profite de l’hybride E-Tech développé par Renault. Cette motorisation équipe déjà le récent Juke. Pour compléter son offre, Nissan possède déjà la propulsion électrique à batterie. La firme avait été l’un des pionniers au début des années 2010 avec le lancement de la Leaf. Un modèle vendu depuis à 577 000 exemplaires dans le monde. Aujourd’hui, Ariya introduit la plateforme électrique CMF-EV au sein de la gamme. Cette nouvelle base commune aux marques de l’Alliance permet la naissance de véhicules de nouvelle génération, à l’image du cousin Austral chez Renault. Entre ces deux technologies, Nissan a fait le choix de renoncer à l’hybride rechargeable, au profit du système e-Power développé en interne.

Pousser les clients vers l’électrique avec e-Power

Déjà en série sur plusieurs modèles au Japon, e-Power repose sur le principe d’un prolongateur d’autonomie. Une solution utilisée par quelques constructeurs dans les années 2010 et délaissée depuis au profit de l’hybride rechargeable. Nissan a choisi de perfectionner ce système et l’a modifié pour l’adapter aux attentes des clients européens. Il motorise le Qashqai et équipera le futur X-Trail. « e-Power est unique, nous avons besoin de faire connaître cette technologie aux clients », souligne Guillaume Cartier, directeur de la région AMIEO chez Nissan. « Ce système est idéal pour amener les clients encore hésitants vers l’électrique », ajoute Arnaud Charpentier, vice-président stratégie produits et pricing de Nissan AMIEO. « Nous avons observé l’utilisation des PHEV par leurs propriétaires et nous pensons que e-Power est une première marche que les clients franchiront avant de passer à l’électrique à batterie », insiste Guillaume Cartier. Le e-Power adapté aux marchés européens a été dimensionné pour motoriser des SUV dont la masse pourrait cependant jouer des tours à cette technologie sur le marché français. En effet, l’hybride rechargeable bénéficie d’une dérogation dans le cadre du malus au poids, ce qui ne devrait pas être le cas du e-Power. Les Ariya et X-trail pourraient donc subir cette pénalité financière.

Lever les freins sur l’électrique

Pour préparer l’avènement du 100 % électrique, Nissan travaille, comme ses concurrents, à lever les freins de la technologie électrique. Au-delà des batteries solides, qui devraient arriver en 2028 dans la gamme, la marque travaille sur les aspects pratiques de la recharge. « Nous devons être certains que les informations que nous donnons au conducteur sur la disponibilité des bornes et leur état soient fiables. Nous souhaitons donc travailler avec de gros acteurs qui entretiennent eux-mêmes leurs stations de charge. Les pétroliers font notamment partie de ces intervenants, puisqu’ils se positionnent sur le marché de la recharge électrique. Ils disposent déjà d’un réseau de stations efficace », explique Arnaud Charpentier. Si les représentants de la marque avouent leurs limites en matière d’évolution des prix des véhicules électriques, l’évolution du marché vers les formules locatives facilite leur adoption par le client final. « L’évolution du coût des matières premières et la disponibilité de certains éléments rend complexe toute projection en matière de prix des véhicules », confirme Guillaume Cartier. « Une approche basée sur le coût mensuel permet de lisser ces prix », poursuit-il. Un avantage qui trouve cependant ses limites, avec des coûts mensuels qui ne répondent pas à tous les budgets. Au sein de l’Alliance, Dacia a trouvé une réponse pour l’Europe avec Spring. Nissan pourrait proposer, à un niveau supérieur, sa future Micra.

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