Optimiser le résultat et favoriser le climat social

François Rotteleur

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Le secteur de la distribution poursuit sa concentration mais la moyenne des points de vente reste à taille humaine. Cette organisation de type familiale doit aider à la prévention des conflits mais n’a pas empêché jusqu’ici les fraudes et les abus qu’on connaît. Des enquêtes montrent que plus de la moitié des grandes entreprises d’autres secteurs d’activité en France disposent d’un système d’alerte pour signaler un problème éthique et que cette proportion est en hausse régulière d’une année sur l’autre. Au plan de l’automobile, l’interrogation informelle des collaborateurs des points de vente rencontrés au cours des derniers mois fait apparaître que la majorité des interrogés déclare n’avoir jamais été témoins de tels problèmes.

Cependant, la plupart estime que l’entreprise doit être capable de régler les dysfonctionnements constatés en la matière et ferait preuve de modernisme en prenant l’initiative pour traiter d’elle-même les diverses questions qui ne manquent pas de se poser vis-à-vis de la conformité aux règlementations internes ou externes, le respect des clients et partenaires, la discrimination, la lutte contre la fraude ou la corruption ou encore la prévention des conflits d’intérêts. Pour l’instant, dans les points de vente la veille déontologique n’existe pas ou peu et pour discuter des questions sensibles, les salariés s’en remettent à leurs interlocuteurs habituels : collègues, managers, responsable des ressources humaines, représentant syndical s’il existe voire au dirigeant lui-même.

Pour leur part, les salariés qui estiment avoir été témoins d’abus se disent satisfait quand ils se sont sentis écouté sur le sujet et ce d’autant plus qu’ils ont pu constater la mise en place d’une action corrective à la suite de leur intervention. L’adhésion à l’entreprise de cette dernière catégorie aurait été selon les même naturellement renforcée. Dans le détail des réponses, les salariés restent suspicieux à l’égard des dispositifs en la matière qui pourraient d’avantage les contraindre. Les collaborateurs des filiales d’un constructeur se plaignent, par exemple, de la règle empêchant le paiement d’une facture par un moyen nominatif différent du nom porté sur la carte grise du véhicule comme ne facilitant pas la vie de leurs clients en couple non mariés.

Les salariés de la distribution sont aussi divisés sur le sujet des cadeaux et le sort des chèques cadeaux perçus parfois directement de la part des fournisseurs. Les politiques salariales menées du fait de la conjoncture renforcent-elles la proportion des interrogés pensant qu’accepter un cadeau de la part d’un fournisseur ou d’un client ne constitue pas une atteinte à l’éthique quand seul environ un tiers du panel pense l’inverse. Faut-il statuer selon sa provenance sur l’importance en dessous de laquelle le petit cadeau resterait étique ou centraliser l’ensemble pour le répartir équitablement entre tous ?

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