Le véhicule électrique est bénéfique pour l’environnement mais dans certaines conditions, selon l’Ademe

Le véhicule électrique est bénéfique pour l’environnement mais dans certaines conditions, selon l’Ademe

L’Ademe conseille de limiter la taille des batteries à une capacité maximale de 60 kWh,

© Futura-Sciences

Avec une dette carbone deux fois supérieure à un véhicule thermique rien que par sa fabrication, le véhicule électrique demeure toutefois bénéfique pour le climat et l’environnement à condition que la taille de la batterie embarquée soit « raisonnable ».

Après avoir donné un premier avis en 2016 sur le cycle de vie du véhicule électrique, l’Ademe publie un nouveau rapport à quelques jours du Mondial de l’Automobile de Paris. Alors que le parc automobile français entame une phase d’électrification massive, l’Agence de la transition écologique revient sur les conditions d’un déploiement qui en maximiseraient les bénéfices pour le climat et l’environnement. Car avant même sa mise à la route, le véhicule électrique endosse une dette de CO2, liée à sa fabrication, deux fois supérieure à ses homologues thermiques. Une tendance qui s’inverse toutefois sur sa durée de vie globale, grâce à l’utilisation d’une électricité majoritairement décarbonée en France. Une voiture électrique se rechargeant dans l’Hexagone peut alors avoir un impact carbone deux à trois fois inférieur à celui d'un modèle similaire thermique… mais en respectant certaines conditions !

Se limiter à des véhicules équipés d’une « batterie raisonnable »

Dans son avis, l’Ademe rappelle ainsi que l’impact du véhicule électrique sur l’environnement est essentiellement lié à sa capacité de batterie. « Il convient de choisir un modèle aussi léger et efficace que possible, dont la consommation réduite permet une bonne exploitation de la capacité de batterie installée plutôt qu’un véhicule peu efficace dont l’autonomie nécessite une grosse batterie », détaille le rapport. L’Agence conseille de limiter la taille des batteries à une capacité maximale de 60 kWh, adaptée à l’usage majoritaire et permettant une autonomie homologuée de 450 km sur une berline compacte. Avec une batterie de taille supérieure, c’est tout l’intérêt environnemental du véhicule électrique qui est remis en cause, ce dernier n’étant « pas garanti », selon l’Ademe.

Un constat également valable sur l’aspect économique. « Un véhicule électrique avec une batterie de taille raisonnable permet d’atteindre un niveau de TCO équivalent au véhicule thermique (prix d’achat + frais liés à l’utilisation sur un roulage de 12 500 km par an) », avance le rapport. Le coût d’usage est même favorable pour les véhicules équipés de batteries inférieures à 60 kWh, quand il est bien plus important pour les modèles équipés d’une batterie supérieure à 80 kWh. Pour l’Ademe, l’enjeu est donc de « favoriser l’émergence d’une offre de véhicules électriques plus petits, plus sobres et plus abordables, adaptés aux déplacements du quotidien. »

Et pour les « gros rouleurs » ?

« Puisque le véhicule électrique a un impact environnemental lié à sa capacité de batterie, choisissons une batterie limitée puis un modèle qui sait transformer cette capacité en une autonomie importante, soit un véhicule plus léger et plus compact », insiste Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur au service transport et mobilité de l'Ademe. Une réflexion qui pose question quant à la transition énergétique des flottes de « gros rouleurs ». Une population qui n’a pas été oubliée par l’Ademe qui estime, dans ce cas bien précis, que le véhicule hybride rechargeable (PHEV) demeure une alternative transitoire pertinente dans le cadre d’un usage quotidien de la recharge. « D’autres solutions sont à étudier du côté du report modal au travers notamment d’un recours accru au train, dont l’offre doit être renforcée, ou de l’adoption d’alternatives techniques comme avec des prolongateurs d’autonomie », précise David Marchal, directeur exécutif adjoint expertises et programmes. Plus largement, les auteurs de l’avis recommandent de faire du véhicule électrique une brique d’une offre de mobilité plus large et diversifiée, permettant de questionner la place de l’automobile dans les déplacements quotidiens.

Favoriser l’installation de bornes de recharge à domicile et en entreprise

Enfin, sur la question de l’infrastructure de recharge, l’Ademe estime qu’il est essentiel de favoriser le déploiement dans les bâtiments collectifs, comme les copropriétés ou les immeubles tertiaires. L'organisation insiste également sur l’importance du changement dans les habitudes des conducteurs. « L’utilisation d’un VE nécessite de revoir nos habitudes de recharge actuelle par rapport aux carburants fossiles. Recharger une batterie de 60 kWh en 2 minutes comme on refait le plein d’un véhicule thermique représenterait un appel de puissance de 1,8 MW électrique, soit l'équivalent de la puissance électrique moyenne appelée simultanément par 1 500 foyers », indique le rapport. Une perspective tout simplement inenvisageable...

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