Pénurie de carburants : les entreprises et leurs flottes automobiles face au « coup de la panne »

Pénurie de carburants : les entreprises et leurs flottes automobiles face au « coup de la panne »

La grève a été reconduite, ce mardi 11 octobre, dans les raffineries Total et Esso.

© Lionel Allorge - Wikimedia - CC

La situation devient plus qu’inquiétante... Alors que les débordements s’enchaînent aux abords des stations-service et que bon nombre de professionnels doivent faire face au « coup de la panne », Élisabeth Borne a convoqué plusieurs ministres en urgence, lundi soir, pour faire le point sur la pénurie de carburants. Le gouvernement se dit prêt à intervenir.

Flottes de services, transporteurs, taxis, artisans, ambulanciers ou encore professionnels de santé… de nombreuses professions sont aujourd’hui touchées de plein fouet par les grèves dans les raffineries. En ce début de semaine, des syndicats d’infirmiers libéraux ont réclamé un « accès prioritaire » dans les stations-service afin d’assurer la continuité des soins à domicile. Les pompiers du Rhône demandent également un approvisionnement prioritaire. Les fédérations du transport routier (FNTR, OTRE, TLF et FNTV) ont de leur côté obtenu la garantie que les professionnels seront approvisionnés en carburant via les stocks stratégiques. Et dans les entreprises où l’« urgence » est moins de mise, on tente de s’adapter aussi bien que possible.

Du chômage partiel, des services et des chantiers à l’arrêt

À la Mairie de Paris, on confie que « la situation est très problématique, alors même que notre flotte est composée à 34 % des véhicules ne roulant pas à l’essence ou au gazole et que nous disposons de nos propres cuves, explique Hervé Foucard, chef des transports automobiles municipaux de la ville. Nous avons vidé nos stocks très rapidement et nous n’arrivons plus à être approvisionnés. Nous allons les rouvrir demain mais avec des quotas drastiques qui permettront de privilégier les services essentiels tels que la sécurité ou la propreté. Mais si ça ne se débloque pas dans les prochains jours, nous allons devoir certainement bloquer certains métiers », déplore-t-il. Dans une autre entreprise, face à l'inutilisation de la carte carburant Total, il a été décidé de privilégier le télétravail et de mettre en place du chômage partiel. « Les chantiers prennent du retard mais on n’a pas le choix. Et si ça continue, c’est l’arrêt total qui est à redouter », confie le responsable de parc, qui n'a pas souhaité être cité. Du côté de DuPont de Nemours, c’est l’autopartage, le covoiturage et le télétravail qui permettent de tenir. « Les collaborateurs se sont arrangés pour faire des circuits de clientèles partagés, explique Patrick Brouillard, fleet & facilities management coordinator. Il est aussi recommandé de ne pas aller au bureau si le télétravail est possible. » Enfin, pour Yann Guillaud, expert en gestion de flotte automobile associé du cabinet Euklead, cette situation de pénurie de carburant couplée au phénomène d’inflation des prix pourrait même avoir un effet pervers sur la transition énergétique des flottes. « Ce phénomène de société pourrait conduire certains décideurs d’entreprise à se précipiter sur le 100 % électrique pour de mauvaises raisons, obligeant ainsi leurs gestionnaires de flotte à initier un virage électrique sans vraiment se donner les moyens », prévient-il.

L’État se dit prêt à intervenir

Et alors que la situation ne semble pas aller en s’arrangeant, Emmanuel Macron a réagi hier, lundi 10 octobre, estimant que « le blocage n'est pas une façon de négocier ». Dans la soirée, Élisabeth Borne a convoqué plusieurs ministres en urgence pour faire le point. « Le gouvernement ne peut laisser le pays être bloqué, a commenté l'entourage de la Première ministre à l'issue de cette réunion. Il continuera de prendre les mesures facilitant l'approvisionnement des stations comme il le fait depuis plusieurs jours mais chacun doit prendre ses responsabilités. » Invité de RTL ce mardi matin, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a précisé que « le gouvernement appelle à ce que la totalité des blocages soient levés sans délai, sans quoi nous ferons le nécessaire. ». L’État peut en effet réquisitionner des grévistes des raffineries pour qu'ils reprennent le travail. En parallèle, certains préfets de région (Var, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence) ont pris les devants afin de limiter le plein d'essence à 30 litres pour tous. Dans la journée, les départements devraient interdire la vente de carburant en jerrycan.

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