Pièces captives : les assureurs demandent un abaissement à 5 ans du délai de protection

Fabio CROCCO
Pièces captives : les assureurs demandent un abaissement à 5 ans du délai de protection

Alexis Merkling vient de s’exprimer sur la récente disposition qui lève le monopole des constructeurs sur la commercialisation des pièces de carrosserie. Selon lui, le délai de protection de 10 ans imposé aux fournisseurs alternatifs va limiter les impacts sur les coûts et les contrats d'assurance. Il plaide a minima les 5 ans.

On savait les assureurs à la manœuvre pour faire du lobbying auprès du gouvernement pour mettre un point final au monopole des constructeurs sur la commercialisation des pièces de carrosserie. Un monopole qui a participé à conduire à une hausse de 21 % des coûts de réparation depuis 2017. Le jeu d’influence et de pression des compagnies est loin d’être terminé à en croire les récents propos d’Alexis Merkling, sous-directeur assurance de biens et de responsabilité à la Fédération française de l’assurance (FFA).

La libéralisation du marché des pièces de carrosserie est un levier de réduction de coût de réparation actionné, souvent dans l’ombre, par les assureurs. Leur position vis-à-vis de cette ouverture est désormais bien plus affichée. Les compagnies le disent clairement, ils ne se contenteront pas du récent texte de loi qui programme une libéralisation en 2023 du vitrage, des rétroviseurs, des phares, des pièces fabriquées par les équipementiers d’origine mais qui ferme la porte durant 10 ans (après le début de commercialisation d’un modèle de véhicule) aux fabricants alternatifs.

« Même si les assureurs se félicitent de cette nouvelle disposition, elle n’est qu’une première étape. En pratique, ce délai de 10 ans va demander beaucoup d’attente avant de percevoir les effets d’une baisse des coûts de réparation. C’est avant tout les consommateurs, hors garantie assurance, qui vont bénéficier de cette mesure », explique Alexis Merkling. Le directeur se pose aussi la question de la rentabilité pour les fabricants alternatifs à produire des pièces de carrosserie dans ce contexte de délais. « Le logo de la marque sur certaines pièces complique aussi la donne », précise-t-il.

C’est pourquoi la FFA demande à ce que soit réalisé tous les 2 ans un bilan sur l’impact de cette libéralisation conditionnelle du marché. « Nous souhaitons disposer d’éléments factuels afin d’adapter la législation si nécessaire. Vraisemblablement, le minimum à faire est de porter ce délai de protection à 5 ans sans quoi on ne verra pas grand-chose sur les contrats d’assurance », prévient le sous-directeur. La demande d’abaissement du délai a été faite officiellement. Les assureurs feront des propositions dans ce sens à l’ensemble des candidats à la présidence de la République.

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