Pièces d'occasion : le transport en question

Saïda DJERRADA
Pièces d'occasion : le transport en question

Pièces d'occasion : le transport en question

La qualité de la pièce est l’un des premiers freins évoqués par le réparateur qui rechigne à utiliser de la pièce de réemploi (PRE). Un grand nombre de professionnels (centre VHU, revendeur) s’organisent de mieux en mieux pour répondre et lever ces craintes. Néanmoins ils soulèvent un problème de taille dans la chaine de distribution de pièces d’occasion : le transport.

Selon les professionnels de la filière le taux de recours à la pièce d’occasion est aux alentours de 4 % contre 2 %, il y a quelques années. Belle progression même si la France est loin derrière nos voisins espagnols (12 à 15 %) et très loin des pays d’Amérique du Nord (estimation à 20/22 %). Si le décret du 1er janvier 2017- qui oblige les ateliers à proposer de la pièce des pièces issues de l’économie circulaire à leur client- a surement contribué à l’essor de son usage, les pièces d’occasion soulèvent toujours l’interrogation voire la réticence des réparateurs. En cause et l’un des principaux freins : la qualité de la pièce.

La qualité de la pièce, toujours une préoccupation majeure

« L’important pour nous est d’avoir de la pièce qualitative. La pièce de réemploi requiert un temps plus important que la pièce neuve pour être utilisée : il faut déjà qu’elle soit disponible, la trouver, voir quand est-ce qu’on peut la recevoir et ensuite retravailler dessus si nécessaire…C’est pourquoi il est important qu’elle soit d’une qualité certaine », estime Serge Nonnon, dirigeant de la carrosserie Tôlerie Moderne située près d’Orléans.

Qu’à cela ne tienne, les acteurs de la filière se sont organisés pour lever les réticences. Pour ce faire, Indra a notamment mis en place un cahier des charges précis en lançant trois gammes (Premium, Medium et Eco) dont les tarifs sont à adaptés à la qualité de la pièce. Quant à Opisto, le spécialiste va mettre en place un label Opisto Premium dès la rentrée qui qualifiera les revendeurs de qualité. Le spécialiste de la vente en ligne a en outre mis en place trois niveaux de gamme permettant également de définir chaque pièce. Même son de cloche pour Caréco qui propose trois catégories.

Des taux de retour imputable au transport

« Depuis le lancement de Caréco pro en fin d’année dernière, nous sommes agréablement surpris des commandes et du taux de retour satisfaisant même s’il est un peu tôt pour faire un bilan » commente Philippe Renaud, directeur général de Caréco. Et d’ajouter : « Mais le transport est un gros souci. On demande aux réparateurs de prendre en photo la pièce qu’ils reçoivent quand il y a litige. Et l’on voit bien que la pièce a souvent été mal chargée et n’est pas partie de chez nous dans cet état », assure-t-il.

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Les pièces de carrosserie notamment peuvent être malmenées lors du transport. Crédit Photo Opisto.

Si les spécialistes en ligne estiment que leur taux de retour est de l’ordre de 6 à 7 %, ils imputent la moitié d’entre eux au transport. « C’est un caillou dans la chaussure de tous les acteurs de la filière, avec des pièces qui ne sont pas toujours bien calé dans le camion » explique Régis Poulet, dirigeant d’Indra SAS. Ainsi la livraison de pièce d’occasion ne dispose pas du même parcours que la pièce neuve géré en gros par les distributeurs. Les quantités trop peu importantes obligent les revendeurs à faire appel à un messager non spécialisé. « Les livreurs peuvent marcher sur une pièce et la bosseler » affirme Johan Branca co-fondateur et directeur général d’Opisto. Ainsi un capot d’occasion peut-il se retrouver avec d’autres colis qui n’ont rien à voir avec la pièce de rechange. « Plus on aura de commandes plus on pourra faire du volume et avoir un transporteur dédié » explique le dirigeant d’Opisto.

Faire du volume pour intéresser les sociétés de messagerie

En effet, si les centres VHU et revendeurs s’organisent de mieux en mieux pour offrir des pièces d’occasion de qualité, les problèmes liés au transport entament la crédibilité auprès du réparateur. « C’est le chat qui se mord la queue. Les faibles volumes n’intéressent pas outre mesure les sociétés de transport qui ne mettent pas en place des moyens particuliers pour livrer les PRE, mais pour faire de la quantité il faut que les clients soient satisfaits ! Nous commençons à avoir du volume et nous avons une personne dédiée au transport » détaille Régis Poulet. Indra est d’ailleurs en train de signer un accord cadre avec une société de messagerie pour respecter un cahier des charges.

Retrouvez un dossier complet consacré à la pièce de réemploi dans le numéro 132 (Juillet-Août) de Décision Atelier.

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