« Pour les bornes, le point de vigilance c’est la concurrence asiatique à bas prix »

Alexandre Guillet

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« Pour les bornes, le point de vigilance c’est la concurrence asiatique à bas prix »

Alexandre Borgoltz, directeur général de DBT, souligne que le groupe peut financer sa croissance.

© DBT

Le groupe DBT poursuit son développement autour de ses quatre filiales et annonce le lancement de nouveaux produits et services au printemps 2023. Son directeur général Alexandre Borgoltz estime aussi que le marché va revenir de la course à la puissance pour devenir plus pragmatique.

Auto Infos : À quel moment le groupe DBT s’est-il intéressé aux transports et à l’électromobilité ?

Alexandre Borgoltz : DBT a été créé en 1990 et dès 1992 une diversification a été envisagée autour des bornes de distribution d’énergie, à l’époque des premiers projets comme Lisélec à La Rochelle, par exemple. En 2008 et 2009, avec le Grenelle de l’environnement les choses se sont accélérées et nous avons décidé de réinvestir en R&D sur les solutions AC et DC. J’ai rejoint DBT en 2010 et nous avons décidé de développer les deux forces du groupe, son bureau d’études et sa force commerciale. Nous nous sommes aussi recentrés sur les expertises où nous avions le plus de valeur, dont les bornes de recharge rapide et les bornes AC 2x22 pour les syndics et la voirie. Nous avons aussi créé la filiale R3 pour proposer le financement et l’exploitation de la borne. Je rappelle encore que nous avons fait le choix d’acheter nos composants en France et de maintenir notre réseau industriel dans les Hauts-de-France.

Auto Infos : Que vous apporte la récente levée de fonds menée à bien pour votre filiale R3 ?

Alexandre Borgoltz : Nous maîtrisions la technologie et il fallait avoir la brique du financement pour être complet. Nous fabriquons, nous exploitons et nous assurons la maintenance ce qui nous est notre spécificité sur le marché. Avec la Banque des territoires et Almundi Transition Énergétique, R3 gère le déploiement des infrastructures et la maintenance. Notre principal positionnement reste BtoB, car nous savons que nous restons des challengers sur le BtoC face à des géants comme TotalEnergies ou Izivia.

Auto Infos : À ce propos, que pensez-vous de la réorientation du programme d’aides Advenir vers les clients particuliers plus que professionnels ?

Alexandre Borgoltz : Le programme prend de nouvelles formes et avec France 2030, l’AMI géré par la Bpi s’apparente à une reprise d’Advenir pour les hubs de grande puissance, avec des aides à hauteur de 30 %, mais sur de grands projets uniquement. Pour nous, exploitants, il y a aussi de nouvelles subventions visant à améliorer la rentabilité des projets et nos bornes y sont éligibles. D’une manière générale, notre levée de fonds nous permet d’assurer le financement de notre croissance pour les trois années à venir. Nous pouvons suivre une centaine de projets par an et honorer des gros contrats comme celui conclu avec Norauto, par exemple.

« Avec des bornes à 150 kW, nous avons plusieurs années d’avance. »

Auto Infos : Où en est le déploiement de cet accord avec Norauto ?

Alexandre Borgoltz : Les dix premiers sites ont été ouverts au cours des deux derniers mois, après le pilote de Lille mis en œuvre le 6 décembre 2021. En octobre 2022, le site a enregistré 900 charges avec une configuration de station dotée de trois bornes. Soit dix recharges par jour, ce qui est satisfaisant. Pour Norauto, cela permet de proposer de nouveaux services et de toucher des clients qui ne seraient pas venus dans les centres auparavant. Avec des bornes à 150 kW, nous avons plusieurs années d’avance car actuellement peu de véhicules se rechargent à cette puissance, la moyenne se situant à 60 kW.

Auto Infos : Vous avez aussi des projets avec Lidl, n’est-ce pas ?

Alexandre Borgoltz : Oui, mais ce n’est pas de la même nature qu’avec Norauto. La clé, c’est de placer la bonne borne au bon endroit. Ainsi, au Lidl de Tourcoing, ce sont des bornes AC de 22 kW. Nous équipons aussi plusieurs restaurants Burger King avec des bornes C25. Et nous ne travaillons pas qu’avec des grandes enseignes, nous servons aussi des clients comme les syndicats d’électrification, les piscines, celle de Vitry-en-Artois, par exemple, etc.

Auto Infos : Quels sont les principaux freins que vous devez encore lever chez vos clients potentiels ?

Alexandre Borgoltz : Nous avons la chance d’être sur un marché porteur qui suscite beaucoup d’intérêt donc nous n’avons pas à nous plaindre. Notre point de vigilance se situe plutôt dans la concurrence asiatique qui commence à jouer, avec des prix moins élevés. Nous devons aussi composer avec les délais parfois longs, liés au dimensionnement d’Enedis, mais c’est tout de même important d’avoir cette valeur sûre. Dans des pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni où il y a plusieurs acteurs, il y a aussi plus de ratés, de dysfonctionnements.

« Trop de puissance vient renchérir le coût des véhicules qui peuvent devenir inaccessibles. »

Auto Infos : Quels sont les axes de développements à venir ?

Alexandre Borgoltz : Au printemps 2023, nous lancerons de nouveaux produits avec de nouveaux services agrégés à la borne avec une meilleure exploitation de la connectivité. D’une manière générale, je pense que le marché va revenir de la course à la puissance, car 100 ou 150 kW suffisent le plus souvent pour l’acheteur, en termes de budget, comme pour l’utilisateur final qui peut récupérer 300 km d’autonomie en 20 minutes. En outre, trop de puissance vient renchérir le coût des véhicules qui peuvent devenir inaccessibles pour de nombreux acheteurs potentiels.

Auto Infos : Jugez-vous positivement l’écosystème de l’électromobilité en France et le soutien de l’État ?

Alexandre Borgoltz : Il y a des aides, c’est vrai, mais en France, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des taxes ! La question des infrastructures se pose aussi et nous parviendrons à l’objectif des 100 000 bornes avec dix-huit mois de retard, même si Bercy a repris une démarche volontaire sur les financements. Nous devons simplement prendre garde à ne pas financer des projets qui ont très peu de valeur située en France. C’est parfois un mal français et l’épisode récent des équipements photovoltaïques est là pour nous le rappeler et inciter à la vigilance.

Vue de la station inaugurée fin 2022 au Lidl de Tourcoing.

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