
© Toosla
Toosla a enregistré au premier semestre 2026 son premier bénéfice net depuis sa création, mais la situation reste fragile et le loueur va poursuivre son vaste plan de restructuration financière destiné à assainir son bilan. Dans l’attente d’une nouvelle feuille de route stratégique.
A fin juin 2026, Toosla affiche un résultat net positif de 8,6 millions d'euros, soit 0,29 euro par action, contre une perte de 2,9 millions d'euros un an plus tôt. Cette performance repose principalement sur les gains financiers issus des abandons de créances négociés avec les partenaires financiers du groupe, lesquels se traduisent par un résultat financier positif de 10 millions d'euros sur le semestre. Simultanément, le loueur poursuit son processus de désendettement : son endettement financier est passé de 20,1 millions d'euros à seulement 5,2 millions d'euros en six mois, soit une réduction de près de 75 %. Sur ce montant, 0,6 million d'euros correspond à des obligations convertibles qui n'ont pas vocation à être remboursées en numéraire.
Par ailleurs, cette amélioration repose sur plusieurs leviers stratégiques : la cession des véhicules auparavant détenus en propre au profit d'un modèle plus léger en capitaux (dit "asset light"), l'abandon partiel de créances accordé par les créanciers, ainsi que la mise en place d'une ligne de financement obligataire destinée à renforcer la trésorerie.
Fléchissement de l’activité de Toosla
L'activité commerciale demeure toutefois sous pression. Le chiffre d'affaires du premier semestre ressort à 3,85 millions d'euros, contre 4,34 millions d'euros pour la même période de référence 2025, reflétant la dégradation de l'environnement économique déjà évoquée cet été par la société.
Malgré ce recul d'activité, Toosla améliore sensiblement sa performance opérationnelle. La perte d'exploitation est ramenée à 1,39 million d'euros, contre 2,27 millions d'euros un an auparavant, soit une amélioration proche de 40 %. Cette évolution traduit en partie les effets des mesures de rigueur budgétaire engagées par la direction.
Une nouvelle orientation stratégique est attendue
Le groupe entend désormais ouvrir une nouvelle phase de son développement. Nommé président-directeur général le 12 octobre dernier, Pascal Ghoson a lancé une revue stratégique destinée à repositionner l'entreprise sur une trajectoire fiable de croissance. Spécialiste du secteur de la mobilité et des entreprises innovantes (Hopium, Findrive, etc.), il doit présenter dans les prochaines semaines un plan stratégique visant à relancer le développement commercial tout en réduisant la dépendance de l'entreprise aux aléas du marché de la location courte durée.
Pascal Ghoson, nouveau dirigeant de Toosla.
Pour la jeune société cotée sur Euronext Growth Paris, ce premier bénéfice constitue avant tout l'aboutissement d'un profond travail de restructuration financière mené par Panayotis Staïcos jusqu’à son départ en octobre. Le véritable enjeu des prochains mois sera toutefois de transformer ce redressement en croissance rentable et durable dans un secteur de la location courte durée et des mobilités instable et piégeux pour les acteurs non historiques, surtout quand leur surface financière est réduite.






