Renault pourrait ouvrir le capital de sa future entité « voiture thermique » à Geely et à un pétrolier

Alexandre Guillet

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Renault pourrait ouvrir le capital de sa future entité « voiture thermique » à Geely et à un pétrolier

Renault se préparer à scinder ses activités thermiques et électriques.

© Antonin Moriscot - Auto Infos - L'Automobile & L'Entreprise

Le groupe Renault prévoit de scinder ses activités entre véhicules électriques et voitures thermiques. Il pourrait ouvrir l’actionnariat de la future entreprise consacrée aux thermiques au constructeur chinois Geely et à un pétrolier.

Intervenant quelques semaines avant le Mondial de l’Automobile et surtout avant les Capital Market Days de Renault, l’annonce au conditionnel de Reuters sur une possibilité d’ouverture du capital de la future filiale dédiée aux véhicules thermiques de Renault au constructeur chinois Geely et à un pétrolier va alimenter bien des spéculations.

Pour reposer le contexte, on peut rappeler que Renault prévoit, comme de nombreux autres constructeurs automobiles de séparer en entités distinctes ses activités pour la voiture électrique et les logiciels et ses activités pour les modèles traditionnels, c’est-à-dire thermiques. D’un côté, « Ampère » où Renault veut rester majoritaire et, de l’autre, « Horse » où Renault peut se contenter du statut d’actionnaire de référence, à hauteur de 40 % environ. C’est dans ce périmètre que le groupe serait prêt à accueillir Geely et un groupe pétrolier. Il faut aussi rappeler qu’en mai dernier, Renault a ouvert son capital à Geely à hauteur de 34,02 % dans son entité Renault Korea Motors, avec un programme de produits thermiques et hydrides en Corée du Sud dans les cartons.

Optimiser les coûts pendant la transition énergétique

L’entreprise « Horse » aurait donc un actionnariat tripartite dont les grandes masses seraient ainsi réparties : 40 % pour Renault, 40 % pour Geely et 20 % pour un pétrolier. « Le schéma final n'est pas verrouillé et d'autres pistes existent pour les constructeurs partenaires », lâche évasivement une source proche du dossier à Reuters. Nissan et Mitsubishi ne seraient pas de la partie, mais il est vrai que le plan de relance de l’Alliance Renault, Nissan, Mitsubishi, mis en œuvre par Jean-Dominique Senard et Luca de Meo, porte davantage sur des synergies au niveau de l’entreprise « Ampère », avec des plateformes communes et le principe de « leader-follower » selon les technologies et les marchés.

Renault doit s'ouvrir de nouvelles perspectives

Pour un consultant automobile, ce montage, qui doit naturellement être confirmé et précisé, ne serait pas incongru : « La valeur du futur est préservée dans l’entreprise "Ampère" et la transition est placée sous le signe d’un partage des coûts. En outre, après la catastrophe russe, Renault ne peut pas être absent d’Amérique du Nord, où Nissan a le lead, et de Chine. Un rapprochement avec Geely serait susceptible d’ouvrir des perspectives en Asie. Et comme Renault a opté pour une stratégie de partenariats, en atteste son accord avec Google, ce choix cadre avec la stratégie globale du groupe ». Un autre expert est plus abrupt : « Renault doit s’ouvrir à de nouvelles perspectives, notamment après la perte de sa carte russe. Surtout que si la situation financière s’améliore légèrement, la peur de l’huissier qui frappe à la porte reste présente. L’hypothèse d’un plan avec Geely et un pétrolier, qui pourrait ouvrir des horizons sur de nouvelles énergies, n’est donc pas farfelue ». Le timing est aussi bien trouvé, car le mandat de Jean-Dominique Senard s’achève dans moins d’un an. Enfin, on peut souligner que Geely prend de plus en plus d’importance sur l’échiquier mondial automobile. Englobant d’autres marques (Volvo, Polestar, Lynk & Co, Lotus, Proton, etc.) organisées en cinq grandes filiales, le groupe dirigé par Li Shufu a aussi plusieurs participations (Renault Korea Motors, Daimler…). « Si la rumeur se confirme, ce sera un symbole de plus du changement de centre de gravité de l’industrie automobile », lâche un consultant.

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