Renault présente Mobilize, sa nouvelle marque dédiée aux services de mobilité

Clotilde Gaillard
Renault présente Mobilize, sa nouvelle marque dédiée aux services de mobilité

Renault présente Mobilize, sa nouvelle marque dédiée aux services de mobilité

Jeudi 14 janvier, lors d’une conférence particulièrement attendue, le constructeur automobile tricolore a présenté son plan d’action « renaulutionnaire ». Parmi les annonces faites, le Losange a dévoilé Mobilize, une marque réunissant les activités du groupe en matière de solutions de mobilité.

L’objectif affiché était clair pour le directeur général de Renault, Luca de Meo : la conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi matin avait pour but d’inaugurer une nouvelle page de l’histoire du groupe tout en tenant compte des tendances actuelles. Par conséquent, l’accent ne sera plus mis sur la course aux volumes, « approche qui a échoué », mais sur la rentabilité et la diversité de services proposés, a promis le patron.

Pour réaliser ce dernier point, Renault mise donc sur l’avènement de sa nouvelle unité commerciale « agile » baptisée Møbilize. Construite autour d’écosystèmes ouverts et ciblant les clients qui souhaitent adopter des formes de mobilité flexibles, durables et partagées, afin d’effectuer un transport de biens marchands comme de personnes, celle-ci entend « accompagner la mutation du monde de l’automobile, qui passe de la propriété à l’usage », définit Clotilde Delbos, directrice générale de Møbilize.

Nouveau monde, nouveau modèle

Conscient des enjeux environnementaux comme des nouvelles façons de consommer la mobilité au sein des entreprises, des villes et des régions, Mobilize se voit comme une combinaison de matériels et de services adaptés aux besoins évolutifs des consommateurs. Profitant de l’expertise de RCI Bank and Services en termes de financement, ainsi que d’outils de gestion et d’optimisation des flottes expérimentés avec Zity [service d’autopartage déployé à Paris et Madrid, ndlr], la marque se donne trois défis majeurs à relever. À savoir réduire l’écart entre l’utilisation et le coût d’un véhicule – inutilisé 90 % du temps, améliorer la valeur résiduelle pour éviter que la valeur d’un véhicule neuf ne soit divisée par deux en seulement trois ans et, enfin, contribuer à l’objectif de neutralité carbone émis par le Groupe Renault de même qu’à son ambition de développer l’économie circulaire. Luca de Meo l’a en effet insinué : dans le monde actuel, mieux vaut s’éloigner du consumérisme et donc vendre des kilomètres plutôt que des unités.

Ambitieux poker

Pour appuyer le rôle que doit jouer Mobilize dans les nouveaux usages de mobilité (un marché très concurrentiel), des modèles dédiés seront mis à disposition des utilisateurs. Alliant « robustesse, légèreté et modularité », en plus d’être 100 % électriques et ultra-connectés – ils proposeront un accès sans clé et interagiront avec l’utilisateur via son smartphone –, ces engins ont été pensés par les propres équipes d’ingénierie et de design de l’entité. « Nous savons fabriquer des voitures conçues sur-mesure pour les offres de services », fait en effet valoir Clotilde Delbos. Mobilize abat ainsi les cartes qui composent sa gamme, au nombre de quatre pour le moment.

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© GROUPE RENAULT - DIRECTION DESIGN

Il y a tout d’abord l’EZ-1, un prototype biplace conditionné pour la mobilité urbaine partagée, au design oscillant entre la Smart et le Twizy. « Même sa commercialisation sera innovante car ses utilisateurs ne paieront que ce qu’ils utilisent, sur la base du temps ou du kilométrage », assure Renault. Si la Dacia Spring devrait plutôt s’accorder à l’autopartage et la Mégane E-Vision correspondre aux services de VTC, un VU inspiré de l’EX-Flex opérera, quant à lui, pour les livraisons porte-à-porte, répondant ainsi à la problématique du dernier kilomètre au sein des ZFE.

Anticiper la demande

Avec de plus de 6 000 points de vente Renault en Europe et un portefeuille de startups partenaires dans le secteur de la mobilité et de l’énergie pour co-concevoir les meilleures solutions et se développer, Mobilize a tous les atouts en main pour convaincre. Mettant à profit les services d’entretien et de recyclage de l’usine de reconditionnement de Flins notamment, la marque promet aussi de donner une seconde vie aux batteries de ses véhicules électriques lorsque celles-ci ne seront plus adaptées à un usage automobile. Désireuse de bâtir un écosystème énergétique, Mobilize envisage de déployer une carte de recharge permettant aux clients de localiser facilement les stations de recharge publiques et de payer, partout en Europe, grâce à un système de paiement unique. Un accès facilité aux infrastructures de recharge déjà mis en place pour les professionnels via Elexent.

Enfin, parce que Mobilize vise une augmentation d’au moins 20 % du taux d’utilisation des voitures, la marque fera appel au savoir-faire de la "Renault Software Factory", de la "Software République" et de ses partenaires pour développer des algorithmes de pointe et des logiciels de traitement de données. Ces plateformes conjuguant datas et intelligence artificielle offriront ainsi une vue d’ensemble de la flotte pour une meilleure prévision de la demande des utilisateurs et une meilleure répartition des véhicules.

La « Renaulution » déjà en marche

Hormis l’introduction sur le marché de la mobilité de Mobilize, le constructeur Renault a annoncé d’autres lancements, déjà en cours eux aussi. Désireux de recentrer les efforts du groupe sur des produits rentables, Luca de Meo a donc confirmé l’offensive du Losange pour regagner des parts de marché raisonnables sur les segments C et D, lui qui fait actuellement deux tiers de ses ventes sur le créneau B, celui des citadines. Les familles de motorisations, elles, devraient passer de huit à quatre par souci de rationalisation mais aussi d’économie quand la capacité industrielle se verra, elle, être redimensionnée de 4 millions d’unités en 2019 à 3,1 millions d’unités en 2025.

Investi dans le domaine de l’hydrogène et ambitionnant de proposer « le mix énergétique le plus vert d’ici à 2025 », Renault souhaite mettre fin au chevauchement de ses marques sur les secteurs d’achat. Dacia sera donc l’incarnation de la dimension automobile abordable, Renault du « moderne mainstream » tandis qu’Alpine persistera dans son héritage sportif avec un pedigree d’avant-garde et un artisanat haut de gamme. D’ici à 2025, le Losange avance d’ailleurs le lancement de quatorze véhicules, dont sept 100 % électriques et sept appartenant aux segments C et D tant convoités. Même la mythique Renault R5, dont plus de cinq millions d’exemplaires ont parcouru les routes dans les années 1970-1980, est ressortie du garage sous la forme d’une version contemporaine qui devrait être commercialisée en 2023. De quoi partir à la conquête du marché russe et envisager un retour en Chine…

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© OLIVIER MARTIN-GAMBIER

Si le futur semble donc déjà là pour Renault, il continue de s’imaginer au sein de la « Software République », dont le groupe est l’un des fondateurs. Rassemblant 1 000 ingénieurs et datas scientifiques, ce laboratoire de la high-tech devrait faire de Renault un ambassadeur des technologies clés, du big data à la cybersécurité. « Le véhicule de demain embarquera de nombreuses technologies en native et sera “infusé” d’intelligence artificielle », a en effet admis Luca de Meo. De même, en 2022, Renault et Google s’associeront pour intégrer toujours plus de fonctionnalités, contrôlées vocalement, dans les autos. Le Losange, qui planche aussi sur le véhicule autonome en capitalisant sur les actifs, les compétences partagées et les forces combinées de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a donc mis les choses au carré pour avancer au mieux vers l’horizon 2030.

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