Renault Zoe, une borne sinon rien!

Damien Chalon
Renault Zoe, une borne sinon rien!

Renault Zoe, une borne sinon rien!

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Concevoir une berline compacte exclusivement électrique en vue d’une commercialisation de masse. La mission assignée par Carlos Ghosn un jour de 2008 à ses équipes était des plus ambitieuses. Elle est aujourd’hui devenue réalité avec l’arrivée dans les concessions de la Zoe. Avec cette nouvelle venue, l’objectif avoué de la marque au losange est de nous propulser dans l’ère de la mobilité électrique accessible à tous. Il fallait pour cela proposer une auto financièrement abordable. Sur ce point, la Zoe fait mieux que se défendre avec des tarifs oscillant entre 13 700 et 15 500 euros, subvention écologique de 7 000 euros déduite. Ces prix, calqués sur ceux d’une Clio 1.2 l essence de 75 ch, sont toutefois incomplets puisqu’ils n’incluent pas la batterie. Celle-ci n’est pas vendue mais louée entre 79 et 162 euros par mois. La Zoe n’en reste pas moins très compétitive face à la concurrence. Le couple Citroën C-Zero/Peugeot iOn se montre le plus menaçant à 22 500 euros, bonus déduit et batteries incluses.

Une autonomie réelle d’environ 150 kilomètres

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Autre atout de la Zoe : son autonomie. La berline compacte est la première auto électrique à atteindre les 210 kilomètres d’autonomie théorique. Dans les faits, rouler jusqu’à 150 kilomètres entre deux recharges semble relever du domaine du possible. C’est ce que nous avons pu constater lors de notre essai, à la condition toutefois d’adopter les fondamentaux de l’éco-conduite (anticipation, utilisation du frein moteur, vitesse modérée…). Mais cette autonomie appréciable ne dépend pas que de l’attitude du conducteur. La Zoe inaugure trois innovations techniques destinées à réduire la consommation. Elles composent ce que Renault appelle le “Range OptimiZEr”. La première d’entre elles est le freinage récupératif de nouvelle génération. Ce système, développé en partenariat avec Bosch, répartit intelligemment la consigne de freinage entre le serrage des plaquettes, histoire de ralentir le véhicule, et le frein moteur, dont le rôle est de recharger les batteries. La deuxième est la monte d’une pompe à chaleur sous le capot. Elle permet au conducteur de chauffer l’habitacle, ou à l’inverse de le rafraichir, sans trop puiser dans les réserves d’énergie. Là où les autres véhicules électriques consomment en général 3 kW pour le chauffage, la Zoe n’en réclame qu’un seul. La troisième et dernière innovation composant le Range OptimiZEr est l’œuvre de Michelin. Le manufacturier a développé des gommes spécifiques à haute efficacité énergétique baptisées Energy E-V.
L’optimisation de la consommation passe également par l’activation du mode Eco, qui offre la possibilité de grignoter 10 % d’autonomie en réduisant la performance de la climatisation (ou du chauffage) et la puissance du moteur (bridé à 90 km/h). L’utilisation peut sinon recourir au pack My Z.E. Inter@ctive, qui permet de déclencher la charge à distance et de lancer, ou de programmer, le préconditionnement thermique de l’auto à l’aide de son smartphone, alors que l’auto est encore en charge.
Au final, la Zoe ne consomme que 146 Wh/km, contre 173 Wh/km pour la Nissan Leaf, sa plus grande rivale. Les électriques proposées par Peugeot et Citroën sont moins gourmandes (135 Wh/km) mais la capacité de leur batterie est moindre (16 kWh contre 22 kWh pour la Zoe) et donc leur autonomie, beaucoup plus faible.

Pratique au quotidien

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En usage quotidien, la berline électrique de Renault devrait s’avérer très pratique. Son format compact (4,08 m de long) ne l’empêche pas de proposer 5 véritables places ainsi qu’un volume de coffre très correct de 338 litres (1 225 litres banquette arrière rabattue). La batterie est située sous le plancher, elle n’empiète donc pas sur le volume intérieur. La Zoe est en prime généreusement équipée. Elle reçoit de série la tablette connectée tactile R-Link faisant office de système de navigation (un poil décevant et peu lisible), de radio, de Bluetooth et de support pour une multitude de services connectés. Elle indique entre autres l’emplacement des bornes de recharge les plus proches. À ce stade, les seuls points faible de la Zoe sont la forte exposition de la carrosserie aux chocs et le très désagréable reflet des buses de ventilation situées sur la planche de bord dans le pare-brise.
En conditions dynamiques, la compacte ne déçoit pas. Son moteur de 88 ch délivre un couple instantané 220 Nm, gage d’une bonne vivacité. La barre des 50 km/h est atteinte en l’espace de 4 secondes, le tout dans un silence apaisant. Pour les piétons distraits, Renault a doté la Zoe du Z.E. Voice, un son extérieur légèrement futuriste actif de 1 à 30 km/h. Seuls regrets, les sièges manquent de maintien, et la suspension aurait mérité d’être un peu moins ferme. Le poids de l’auto (1 468 kg, dont 250 kg de batterie !) n’est certainement pas étranger à ce dernier phénomène. Les conducteurs apprécieront sinon l’excellente lisibilité du combiné d’instruments, entièrement digital. Saluons également au passage les bons résultats décrochés aux tests EuroNCAP (5 étoiles).

Pas de borne, pas de recharge !

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La Renault Zoe présente enfin une caractéristique inédite qui, hélas, ne plaide guère en sa faveur. Sa batterie ne peut être alimentée en énergie à l’aide d’une simple prise domestique 220 V, même pour dépanner. Elle cache sous son capot un nouveau type de chargeur, baptisé par Renault le Caméléon, qui se révèle paradoxalement trop sophistiqué pour des puissances inférieures à 3 kW. Cette particularité ne laisse d’autre choix aux acquéreurs de la Zoe que d’équiper leur garage, ou leur parking, d’une Wall-Box (ou boîtier mural) de 3 kW minimum permettant de recharger l’auto en 6 à 9 heures. Cet appareil coûte dans le meilleur des cas 860 euros, monte comprise par un installateur certifié Z.E. Ready, si tant est que l’installation électrique de l’heureux acquéreur soit conforme aux normes.
Ce choix technique, assumé par Renault pour qui 90 % des utilisateurs feront le plein à leur port d’attache, cantonne la Zoe à des trajets courts et récurrents, du type domicile-travail… La compacte peut sinon être rechargée via les bornes installées sur la voie publique (type Autolib) mais leur nombre reste aujourd’hui trop limité pour partir à l’aventure. Pour les longs trajets, rien n’est perdu pour autant. Renault propose jusqu’à – 25 % dans les agences Renault Rent, Avis et Europcar pour la location en courte durée d’un véhicule thermique.

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