Retour du contrôle technique des deux-roues motorisés : pas si simple à appliquer

Retour du contrôle technique des deux-roues motorisés : pas si simple à appliquer

Le contrôle technique des deux-roues motorisés devra prendre en compte plusieurs paramètres pour les professionnels français. Une opération déjà en vigeur dans de nombreux pays (photo Dekra).

© Dekra

Le Conseil d’État vient d’annuler le décret qui abrogeait le texte prévoyant l’entrée en vigueur d’un contrôle technique pour les deux-roues motorisés. Le contrôle technique redevient donc d’actualité mais ses modalités restent à définir et l’opération pourrait se révéler plus complexe à déployer. 

Le contrôle technique des deux-roues motorisés ressemble de plus en plus à une épine dans le pied du gouvernement. Le Conseil d’État vient d’annuler le décret qui abrogeait lui-même le précédent décret, qui prévoyait l’entrée en vigueur d’un contrôle technique pour les deux-roues motorisés. Ce contrôle redevient donc d’actualité mais le sujet n’est pas si simple à traiter. Le gouvernement a pris acte de la décision du Conseil d’État et souligne que « cette décision ne conduit pas à une entrée en vigueur immédiate du contrôle technique, compte tenu de la nécessité de publier préalablement des textes d’application du décret du 9 août 2021 ». Une étape qui devrait intervenir après consultation « avec l’ensemble des parties concernées dans les prochains jours afin de déterminer les mesures à mettre en œuvre », comme le souligne le ministère des Transports. Au-delà des divergences d’intérêts et de point de vue entre représentants des usagers de deux-roues motorisés et associations écologistes à l’origine de l’action en justice, plusieurs questions devront être tranchées.

Potentiel faible pour certains centres

La version du contrôle technique retenue dans le premier décret concernait les véhicules à deux et trois-roues, ainsi que les quadricycles légers, à partir de 125 cm3. Un seuil que les associations écologistes veulent porter à 50 cm3, afin que les scooters urbains n’échappent pas à l’opération. Au-delà de cette question qui ne changera pas beaucoup de choses, puisqu’il est facile de remettre un pot d'échappement d’origine le temps du contrôle, de nombreuses questions restent en suspens pour les grosses cylindrées. Le contenu du contrôle devrait donner quelques réponses. Le type d’opérations effectuées aura une importance capitale sur les contraintes imposées aux professionnels. Le matériel nécessaire devra être acquis, ce qui représente un investissement certain, qui ne sera pas facilement amorti par tous les centres agréés. Il est donc probable que tous les centres ne proposent pas le contrôle technique pour les deux-roues.

Les contraintes du permis moto

Les établissements qui possèdent le potentiel nécessaire devront donc investir et se former. Au-delà des connaissances techniques, les contrôleurs devront manipuler les véhicules. S’ils doivent déplacer et faire fonctionner ces deux-roues en marche, comme c’est le cas pour les voitures, ils devront avoir les formations à la conduite obligatoires. Ce dernier point pourrait poser problème selon les centres. En effet, à partir de 125 cm3, il est obligatoire d’avoir une formation de 7 heures pour conduire une moto ou un scooter de cette cylindrée. Au-dessus de 125 cm3, le permis A2 est obligatoire. Les enseignes de contrôle technique ont encouragé depuis quelques années leurs adhérents à passer ce permis, afin d’être prêts pour une possible entrée en vigueur du contrôle. Cependant, tous sont loin d’avoir investi du temps et de l’argent sans certitude d’une application du contrôle technique. De plus, l’obtention du permis A2 ne résout pas en totalité le problème. Cet examen ne donne accès qu’aux véhicules d’une puissance maximale de 35 kW (47,5 chevaux) pendant deux ans. À l’issue de ces 24 mois, une formation de 7 heures est de nouveau obligatoire pour obtenir le permis A, donnant accès à l’ensemble du parc roulant. De nombreux paramètres devront donc être maîtrisés par les centres avant de proposer le contrôle technique deux-roues.

Manipulation délicate

Au-delà des formations et permis, la manipulation d’un deux-roues reste une opération délicate. La masse et l’équilibre de chaque machine varie. Les grosses cylindrées atteignent en moyenne 200 kg et peuvent dépasser aisément les 300 kg. Leur manipulation devra être prise en compte pour éviter des accidents physiques et matériels. Un point qui pourrait faire grimper les contrats d’assurance des centres agréés. Positionner certains engins n’est déjà pas facile dans les ateliers des concessions, alors que les techniciens sont habitués à ces machines. Les contrôleurs devront faire preuve de prudence. De quoi donner des sueurs froides au technicien et au client, avant même de parler du résultat du contrôle.

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