Enquête

RSE et verdissement des flottes : un tandem gagnant ?

RSE et verdissement des flottes : un tandem gagnant ?

La RSE influe à la fois sur les activités de la société et sur ses ambitions en matière de mobilité à faible émission.

© Shutterstock

Pour perdurer, les entreprises devront désormais inscrire leur transition énergétique dans une démarche RSE. Tel semble être le constat général face aux préoccupations environnementales, sociales et éthiques actuelles. Pour les employeurs, c’est donc l’occasion d’adopter une mobilité plus durable autant que d’envisager la mise en place d’un processus managérial plus collaboratif.

La responsabilité sociétale des entreprises (ou RSE) démontre bien souvent l’implication d’un groupe ou d’une société envers les enjeux énergétiques et environnementaux de son temps. Car, bien qu’aucune obligation juridique n’oblige les entreprises à intégrer ce sujet de la lutte contre le changement climatique dans le cadre d’une politique RSE, les dispositions de la loi d’orientation des mobilités (LOM) – qui vise notamment à mettre fin aux ventes de véhicules thermiques dans les prochaines décennies – les y contraignent fortement. Ancrée dans la stratégie globale d’un groupe, la RSE influe ainsi à la fois sur les activités de la société et sur ses ambitions en matière de mobilité à faible émission.

De plus, cet engagement donne à la structure concernée une image plus responsable qu’il convient d’accompagner. Et puisque charité bien ordonnée commence par soi-même, le spécialiste de la LLD à destination des pros, Alphabet, a lui-même élaboré, au sein de son entité, un plan RSE en trois parties : « Environnemental avec le choix d’une car policy plus propre ; social par le biais d’une responsabilité de diversité/parité et un rééquilibrage des salaires homme/femme ; et, enfin, une gouvernance éthique tournée vers la bienveillance », énumère Stéphane Crasnier. Toutefois, « on ne peut pas dicter la politique RSE à nos clients, on ne peut que les conseiller, notamment vers le verdissement de leur parc. Car le verdissement de flottes a l’avantage d’apporter un élément tangible et chiffrable des efforts fournis par l’entreprise », observe le P-DG d’Alphabet France.

Décarboner, ça vaut le coût

Opter pour une démarche RSE éco-responsable peut en effet constituer un formidable outil de rationalisation des coûts, comme le rappelle Mehdi Tanouti. « Les déplacements des salariés contribuent à hauteur de 30 % en moyenne des émissions CO2 d’une entreprise. Par conséquent, la réduction de l’impact du parc automobile de l’entreprise réduit mécaniquement le bilan global », met en avant le président cofondateur de RoadMate. Celui-ci remarque aussi que « moins de véhicules, c’est plus d’espaces de parking disponibles pour d’autres moyens de transport, tels que le vélo ou le covoiturage. » D’ailleurs, RoadMate propose des solutions allant dans ce sens comme le crédit mobilité ou le forfait mobilité durable.

Alors que de plus en plus de ZFE se développent sur le territoire, et notamment dans le Grand Paris, le grossiste Metro s’est inscrit dans cette mobilité décarbonée en prévoyant que la moitié de sa flotte de véhicules soit électrique, hybride ou essence dès la fin de l’année 2022. Un exemple de mixité énergétique qu’Etienne Mingot, spécialiste des enjeux liés aux nouvelles mobilités chez Targa Telematics, appuie de ses propos, même si, « dans le cadre de sa démarche RSE, il est préférable d’essayer de se tourner directement vers des véhicules 100 % électriques et de déployer les solutions adéquates en matière de bornes de recharge, que ce soit au domicile du collaborateur ou sur site », préconise l’expert du télématicien, lui-même récompensé pour son engagement RSE par EcoVadis en avril dernier. Éric Lechelard, responsable RH et chargée de la flotte d’Alcatel-Lucent Enterprise qui roule en PHEV, confirme cette importance d’investir dans la recharge pour soutenir une politique RSE débutée en 2015. Contrairement à certaines entreprises qui limitent l’utilisation des cartes carburant pour obliger leurs collaborateurs à se recharger, le fournisseur de solutions et services d’infrastructures réseaux, de communication et de cloud a préféré parier sur une couverture de ses parkings avec de l’électricité verte issue d’une ombrière photovoltaïque. « Nous avons également lancé un programme go-green visant à réduire nos déplacements et nous œuvrons à sensibiliser nos équipes à des pratiques plus économes en CO2 tel que le télétravail », poursuit Éric Lechelard.

Le recyclage des déchets automobiles, l'angle mort des stratégies RSE ?

Les enjeux de la RSE sont grands, attention donc au risque de sombrer aveuglément dans le greenwashing et d’oublier de se projeter dans l’avenir de l’électromobilité, plus particulièrement le recyclage des déchets automobile de types batteries. Heureusement, « nous voyons désormais que certaines entreprises intègrent dans leur cahier des charges, pour la sélection de leurs fournisseurs de leasing, le prérequis du respect des normes en matière de recyclage des déchets, tels que les huiles moteur et autres pièces de rechange », apprécie Mehdi Tanouti. « À partir du moment où on détermine qu’il faut électrifier sa flotte, on ne peut pas occasionner un désastre environnemental en amont et en aval, il faut donc intégrer ce paramètre du recyclage dès le départ dans son plan RSE. C'est ce que nous avons entrepris avec ChargePoint », commente Stéohane Rénie, responsable RSE chez ALD. Sylvain Lecoustey, DG France d’Alcatel-Lucent Enterprise, invite quant à lui les gestionnaires de flotte « à opérer des choix qui devront perdurer tout en se montrant agiles en cas d’évolution des réglementations » tandis que Sophie Rigollot, directrice grands comptes Transport & Logistique chez Here Technologies, stipule que c’est « la collaboration de tout l’écosystème qui avancera les solutions aux problèmes de demain que nous rencontrons dès à présent. »

Retrouvez l'intégralité de cette enquête dans le numéro 277 du magazine L'Automobile & L'Entreprise

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