Scanners corporels, la CNIL se prononce !

Yves GUITTAT

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Scanners corporels, la CNIL se prononce !

Les scanners corporels (body scanners), qui permettent de détecter les objets dangereux portés par les voyageurs, vont se développer afin de renforcer la sécurité aéroportuaire et la lutte anti-terroriste, ce qui est somme toute plutôt une bonne chose. Mais chaque médaille ayant son revers, ces technologies peuvent également s’avérer être intrusives et attentatoires à l’intimité des personnes. La CNIL souhaite donc que ces scanners corporels soient utilisés de manière plus respectueuse de la vie privée.
En produisant une image numérique du corps des personnes, ces scanners permettent de détecter les objets que peuvent porter sur eux les voyageurs, mais aussi les objets cachés dans leurs vêtements. Deux techniques de scan sont utilisées : celle des ondes millimétriques, qui utilise l’énergie de radiofréquences non-ionisantes pour générer une image en trois dimensions basée sur les ondes réfléchies par le corps humain (énergie projetée environ 100 000 fois inférieure à celle projetée par un téléphone portable en communication), et celle beaucoup plus contestable des rayons X. Dans ce cas, le faisceau est réfléchi par le corps et par les autres objets placés ou portés sur le corps, puis est converti en image numérique de la personne. Ou bien encore les rayons X traversent le corps humain et produisent une image comparable à celle des radiographies à rayon X utilisées en radiologie médicale… Ces technologies sont déjà installées dans les aéroports sans qu’aucune évaluation scientifique précise sur les conséquences sur la santé des personnes soumises aux scanners corporels n’ait été effectuée !
Les images obtenues à partir du scan corporel des individus peuvent s’avérer très intrusives et attentatoires à l’intimité des personnes. En effet, certains scanners permettent d’obtenir l’image des corps nus des individus et peuvent notamment dévoiler leurs parties génitales, ainsi que leurs éventuelles infirmités, leur maternité ou toute autre information relative à leur santé. Dès lors, l’enjeu principal consiste à définir les conditions juridiques et techniques permettant de garantir que l’utilisation de ces scanners corporels est entourée de garanties suffisantes en matière de respect de la vie privée. C’est pourquoi les autorités de protection des données, et la CNIL en particulier, se sont largement mobilisées sur le sujet. Et comme de nombreux parlementaires l’ont rappelé, la CNIL estime qu’il appartient au seul législateur, et non à l’administration, de fixer les garanties de nature à concilier les impératifs de sécurité et le respect des libertés publiques ; il faut privilégier les technologies qui permettent une représentation schématique du corps des personnes, et non leur image réelle, avec la mise en place des mécanismes de floutage du visage et des parties intimes du corps. De même, il convient naturellement de restreindre la visualisation des images par un personnel habilité et dans des locaux non ouverts au public. Reste alors à limiter la conservation des images à la durée nécessaire au contrôle, et pas au-delà. Le rapprochement de ces images avec un autre traitement de données ne devant pas être autorisé, etc.

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