Sécurité : le contrôle technique pour les deux-roues sur la sellette

Clotilde Gaillard
Sécurité : le contrôle technique pour les deux-roues sur la sellette

Sécurité : le contrôle technique pour les deux-roues sur la sellette

Le mercredi 11 août, un décret publié au Journal officiel envisageait de rendre le contrôle technique obligatoire pour les deux-roues, trois-roues et quads à compter du 1er janvier 2023. Une mesure décriée qui a été très vite retoquée… mais pour combien de temps ?

Après l’annonce du stationnement payant à Paris en 2022, le portefeuille des motards était sous la menace d’une nouvelle décision de l’exécutif : le contrôle technique obligatoire. Comme pour les voitures, celui-ci aurait pour intérêt de vérifier régulièrement le bon état des engins, allant du petit scooter à la grosse routière, afin de s’assurer que ces derniers ne polluent pas plus que la limite autorisée. Émanant d’une directive européenne datant de 2014 et déjà appliqué dans dix-sept pays de l’UE, ce dispositif a été annoncé par le biais d’un décret publié le mercredi 11 août au Journal officiel. Sa mise en vigueur, elle, était prévue pour 2023. Sauf que, le lendemain même de sa publication, le chef de l’État a exigé que cette obligation soit reportée.

Volte-face présidentielle

Sous prétexte que « ce n’était pas le moment d’embêter les Français » et que la période entre le décret et la mise en place de ce contrôle était trop courte, Emmanuel Macron a ainsi suspendu l’instauration de ce contrôle technique pour les deux-roues. Cela n’entérine cependant pas son abolition définitive et la mesure pourra donc réapparaître à l’avenir, après 2022, par exemple. Cet abandon temporaire semble en effet répondre à une volonté de ne pas se mettre à dos les quelque 3 millions d’usagers deux-roues et trois-roues, qui sont autant de potentiels votants aux prochaines élections présidentielles.

Un clientélisme qui, s’il fait souffler de soulagement les conducteurs concernés et leurs associations, fait soupirer d’irritation les défenseurs de la qualité de l’air et de la sécurité routière. À commencer par Karima Delli, qui voit là « un renoncement de plus ». Pour la présidente de la commission transport et tourisme au Parlement européen, cette décision n’est également pas égalitaire par rapport aux automobilistes, a-t-elle estimé sur Franceinfo. Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, a quant à elle vu dans cette suspension de la mesure un choix électoraliste de la part du président.

Même pas encore adopté, le contrôle technique obligatoire divise donc déjà. A fortiori quand on constate que les constructeurs de deux-roues, en particulier de motos de grosse cylindrée, ont mené d’importants travaux pour réduire les émissions de polluants de leurs véhicules. Pour preuve : les émissions de monoxyde de carbone des deux-roues auraient été divisées par dix en dix ans. De plus, la norme Euro5 est entrée en vigueur en début d’année, garantissant un contrôle écologique supplémentaire sur les engins sortis d’usine.

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