Sécurité routière : comment mobiliser à distance ?

Jean-Philippe Arrouet
Sécurité routière : comment mobiliser à distance ?

Sécurité routière : comment mobiliser à distance ?

Le recul des accidents de la route en 2020, pourrait être un leurre. Il s’explique par le confinement alors que les comportements individuels n’ont pas changé. Avec les « Journées de la sécurité routière au travail », du 17 au 21 mai, les pouvoirs publics espèrent remobiliser les entreprises en « distanciel ».

Les chiffres sont bons, historiques même. La Sécurité routière a comptabilisé 2 550 tués en métropole, soit 21,4 % de moins en un an. Il faut remonter à 1924 pour trouver un nombre d’accidents comparable dans un environnement de mobilité certes bien différent. Pourtant l’embellie ne sonne pas vraiment comme une victoire pour la Sécurité routière : en clouant les voitures au parking, le confinement a suspendu d’un coup les déplacements. Moins de trajets signifiant moins d’exposition au risque d’avoir un accident. Sauf que cette embellie n’a pas bénéficié de la même manière à toutes les entreprises : « La diminution du trafic n’a pas empêché certains conducteurs de rouler beaucoup pour des raisons professionnelles. Elle a davantage impacté les déplacements privés », tempère Marie Gautier-Melleray, la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité routière, nommée à ce poste entre les deux confinements.

Un de ses premiers chantiers a consisté à déceler, dans cette conjoncture singulière, la réalité de l’évolution des comportements au volant. Malgré l’absence de données définitives, quelques tendances se dégagent or certaines sont loin d’être rassurantes. « Nous observons le retour de comportements très dangereux tels que les grands excès de vitesse, ceux de plus de 50 km/h. Ils ont augmenté de 50 % au moment des deux confinements », pointe la déléguée interministérielle. Lors du premier confinement, les routes désertes ont sans doute incité certains conducteurs à appuyer sur le champignon. En revanche, un tel contexte n’explique pas les dérives observées lors du second confinement, alors que le trafic a repris.

Faire face au relâchement

« Nous assistons à un relâchement des comportements » , analyse Marie Gautier-Melleray qui a également sur son bureau un autre dossier sensible : celui de l’explosion des trajets à vélo ou au guidon des « engins de déplacement personnels » (EDP), tels que les trottinettes. Pour l’année 2020, ces usagers, qui ont boudé les transports au commun, représentent la plus forte hausse d’accidents avec 24 % de tués supplémentaires, alors que pour les autres, y compris les deux-roues motorisés et les piétons, les indicateurs sont au vert. « Certains mois tels que juillet et septembre 2020 ont été les plus meurtriers des dix dernières années, reconnaît la déléguée interministérielle. Il y a un nouveau risque pour les “vélotaffeurs” que nous devons prendre en compte. »

Un enjeu qui figure au programme de la nouvelle édition des « Journées de la sécurité routière au travail », organisées du 17 au 21 mai 2021. Crise sanitaire oblige, l’évènement se tiendra, pour la deuxième année consécutive, en « distanciel ».

À la différence de l’édition précédente, prévue en présentiel en mai 2020 et qui avait dû être décalée en distanciel au mois de novembre, le millésime 2021 bénéficie du recul nécessaire. Plus question, à l’évidence, de réunir les responsables d’entreprises dans des salles de conférences et d’ateliers, comme en 2019 à Bercy. Plus question non plus de proposer aux gestionnaires de flottes les mêmes outils de prévention qu’auparavant. Quelle serait en effet, l’efficacité d’une affiche apposée sur la machine à café alors que les salariés savourent désormais leur expresso chez eux, en télétravail ?

De nouveaux outils virtuels

« Nous nous sommes adaptés au nouveau contexte avec un kit de communication et d’animation [voir plus bas, ndlr] qui s’appuie sur des outils en distanciel », avance Marie Gautier-Melleray. Sur le site dédié à ces journées, la Sécurité routière propose aux entreprises un kit d’e-mailing prêt à l’emploi. De quoi s’adresser chaque jour aux salariés qui ouvrent leur ordinateur portable sur la table du petit déjeuner en leur poussant un bref rappel relatif à un facteur de risque. Classiquement, on retrouve l’alcool ou la vitesse, mais aussi d’autres qui ont gagné en importance au cours des derniers mois : les risques liés à l’usage du vélo, des EDP ou encore la fatigue. Pas inutile alors que certains salariés constatent que leurs horaires de travail à la maison ont tendance à s’allonger.

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Pour créer de l’interactivité, la Sécurité routière a développé un quiz sur le code de la route. « Il peut être rempli en 15 minutes et il est intégrable sur le site des entreprises », précise la déléguée interministérielle. Même chose pour les affiches, qui sont personnalisables, et dont les versions papiers ont été doublées en numérique pour être diffusées sur les postes de travail ou les smartphones de salariés. D’autant que les messages se veulent plus des clins d’œil teintés d’humour que des rappels à l’ordre. « Quoi qu’en dise votre client, cette réunion n’est pas une affaire de vie ou de mort », peut-on lire sur l’un d’entre eux. De quoi rappeler aux entreprises comme à leurs salariés que ni les uns ni les autres n’ont intérêt à prendre des risques. Confinement ou pas.

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