Sécurité routière : plus de morts, moins de blessés

Damien Chalon
Sécurité routière : plus de morts, moins de blessés

Sécurité routière : plus de morts, moins de blessés

Le nombre de personnes tuées sur les routes en France en 2015 a progressé de 2,4 %, tandis que le nombre de blessés a reculé de 3,6 %. Ces chiffres en demi-teinte confortent le gouvernement dans sa volonté de renforcer les contrôles radar.

La vitesse excessive, la consommation d’alcool et de stupéfiants, la hausse du trafic routier et le non-port de la ceinture de sécurité sont les principales raisons invoquées par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) pour expliquer la hausse de la mortalité routière en 2015. Dans ce domaine, les chiffres ne sont effectivement pas très glorieux. Quelque 3 464 personnes ont en effet perdu la vie sur les routes l’an dernier, un total en progression de 2,4 % par rapport à 2014. La catégorie d’usagers la plus touchée est celle des automobilistes avec 1 798 victimes, un total en hausse de 8 %.

À l’inverse, moins d’accidents corporels ont été enregistrés l’an dernier. L’ONISR en a recensé 56 109 en 2015 contre 58 191 en 2014. Le nombre de blessés et de personnes admises dans un centre hospitalier a également reculé de manière significative.

Quelques éléments instructifs accompagnent toutes ces statistiques. On apprend par exemple que l’accidentalité routière reste un phénomène très masculin. Pour des distances parcourues à peu près équivalentes entre hommes et femmes, les trois quarts des victimes de la route sont des hommes. La mortalité sur les routes est également une question d’âge. Les jeunes de 18 à 24 ans (622 décès, + 7 %) et les plus de 65 ans (840 décès, + 9 %) sont deux populations particulièrement exposées.

L’alcool et les stupéfiants au cœur du problème

Comme annoncé plus haut, l’ONISR a identifié plusieurs facteurs expliquant la hausse de la mortalité routière. Il pointe notamment du doigt la vitesse excessive. « La trop grande connaissance par les automobilistes de l’emplacement des dispositifs de contrôle a manifestement atténué leur efficacité. La tendance à lever le pied s’est donc inversée depuis 2013 », explique l’Observatoire. L’augmentation du trafic routier de 2,5 % aurait également joué un rôle significatif.

Mais ce ne sont pas les éléments les plus inquiétants. L’ONISR révèle que la part des accidents mortels dus à l’alcool est passée de 28 à 30 % et que celle due aux stupéfiants a grimpé de 23 à 25 %. Le non-port de la ceinture concernerait quant à lui 21 % des décès à bord d’un véhicule léger, 27 % à bord d’un véhicule utilitaire et 37 % à bord d’un poids lourd. Sur ces derniers points, l’implantation massive de radars n’y changera rien… C’est pourtant l’une des réponses immédiates avancées par le gouvernement.

« Une fois de plus on ne s’attaque pas au fond du problème. En quoi le radar sauvera-t-il la vie de celui qui a trop bu ou qui roule sous l’influence de psychotropes ? Il est temps pour le gouvernement de se montrer honnête et d’apporter des réponses plausibles aux véritables causes des accidents » clame Daniel Quero, le président de 40 millions d’automobilistes. Le responsable de l’association rappelle également que la dégradation des infrastructures routières est à prendre en ligne de compte.

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