Etude

En France, 50 % des flottes automobiles capables de passer à l'électrique en restant rentables selon Geotab

En France, 50 % des flottes automobiles capables de passer à l'électrique en restant rentables selon Geotab

© Geotab

Selon une étude européenne menée par le télématicien, la moitié des parcs automobiles français de véhicules commerciaux sont aujourd'hui en capacité d'assurer leur transition vers l'électrique tout en restant rentable. Un résultat toutefois en retrait par rapport à nos voisins européens. 

En analysant les données réelles de plus de 46 000 véhicules commerciaux répartis sur 1 300 flottes dans 17 pays européens, dont la France, Geotab s'est penché de plus près sur le tournant électrique de l'Europe. Quelles sont les capacités des entreprises à pouvoir aujourd'hui assurer et assumer la transition énergétique de leurs parcs ? Selon les résultats de l'étude, intitulée « Durabilité rentable : le potentiel d’électrification de la flotte européenne »* et publiée ce vendredi 9 septembre, 86 % des véhicules en circulation à ce jour pourraient facilement être remplacés par une version électrique à batterie d’une autonomie capable de satisfaire 98 % ou plus des trajets effectués. Mieux, 60 % des entreprises détenant une flotte automobile pourraient réaliser des économies en effectuant cette transition. Les estimations sont de l'ordre de 261 millions d’euros au total et plus de 156 000 tonnes de CO2 sur les sept prochaines années.

Le cas de la France en détails

Dans le paysage européen, il faut noter que la France n'est pas au plus haut niveau de ses capacités. En regardant plus en détails, on s'aperçoit ainsi que les flottes françaises sont à ce jour en capacité de passer à l'électrique à hauteur de 63 % seulement, contre 89 % pour le Royaume-Uni, 86 % pour l'Espagne, 85 % pour les Pays-Bas ou encore 77 % pour l'Italie. En intégrant à ces résultats l’analyse la rentabilité économique de la transition à l’électrique, l'Hexagone s'affiche encore en retrait par rapport à ses voisins. Seuls 50 % des flottes tricolores sont en mesure de passer à l’électrique tout en restant rentables. C’est moins que le Royaume-Uni (55 %), l’Allemagne (69 %), l’Espagne (70 %) ou l’Italie (71 %). Selon Geotab, « l’une des principales raisons d’une plus faible viabilité économique semble être liée à l’utilisation. En moyenne, les véhicules au Royaume-Uni et en France ont parcouru le moins de kilomètres par an. Cela signifie que ces véhicules n’auront pas les mêmes possibilités d’économies de carburant en passant à l’électrique, qui représentent 65 % des économies totales sur la durée de vie d’un véhicule », précise le télématicien. Des économies sont toutefois possibles pour les entreprises ayant le profil. Dans le détail, les gestionnaires de flotte français peuvent espérer en moyenne, une économie de 8 642 euros (contre 9 508,47 euros pour la moyenne européenne) par véhicule sur une durée de vie de 7 ans. L’impact environnemental de cette transition vers l’électrique est patent, car la réduction des émissions de CO2 équivaut en moyenne à 4,79 tonnes de CO2 par véhicule en France.

« La capacité des VE actuels à répondre aux besoins des flottes européennes est encourageante, commente Klaus Böckers, vice-président Nordics, Central & Eastern Europe chez Geotab. L'électrification des flottes est un processus au long cours et cette étude montre aux entreprises que rentabilité et impact environnemental vont de pair. L’impact environnemental devient une partie intégrante de la mission de chaque entreprise, et le transport y occupe une place importante. C'est le moment de commencer des petits déploiements de VE avant de passer à l’échelle ». Et de conclure : « Les données télématiques seront essentielles, quel que soit le stade d'adoption des VE par les organisations, car elles les aideront à exploiter l'ensemble de leur flotte de manière plus efficace et durable. »

*L'étude de Geotab s'est appuyée sur l'EVSA (audit d’électrification) pour réaliser une analyse agrégée et anonymisée des comportements sur la route des conducteurs des véhicules de flotte, du 30 décembre 2020 au 30 décembre 2021 dans 17 pays européens, dont la France. L'hypothèse de départ de l’étude était que les véhicules de remplacement étaient achetés, et non loués, et en service pendant 7 ans. Le coût total de possession inclut le coût local d'acquisition et d'entretien ainsi que les coûts locaux, en novembre 2021, du carburant et de l'énergie. Le coût en capital de l'infrastructure n'a pas été inclus. Les calculs des émissions sont basés sur le facteur d'émission de 2,29 kg de CO2 par litre d'essence. Cette étude n’inclut pas les véhicules hybrides rechargeables (PHEV).

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