[Spécial Francfort] L'industrie automobile allemande bascule dans l'électrique

Christophe CARIGNANO
[Spécial Francfort] L'industrie automobile allemande bascule dans l'électrique

[Spécial Francfort] L'industrie automobile allemande bascule dans l'électrique

Poussés par des législations de plus en plus contraignantes, les constructeurs se lancent dans une stratégie électrique tous azimuts. Cette nouvelle édition du salon de Francfort est plus que jamais placée sous le signe de la propulsion électrique.

La 68e édition du salon IAA de Francfort, qui accueillera le grand public à partir du 12 septembre jusqu’au 22 septembre prochain, a ouvert ses portes à la presse ce mardi 10 septembre. Organisé tous les deux ans, en alternance avec le Mondial de Paris, l’évènement a lieu dans un contexte « révolutionnaire » pour l’automobile à plus d’un titre.

Côté exposants, tout d’abord, le nombre de constructeurs absents est plus important que ceux qui ont fait le déplacement. À ce titre, Francfort subit de plein fouet, à l’instar des autres salons automobiles grand public, la même désaffection que ses homologues en Europe et aux États-Unis. Seule la Chine fait encore exception. De nombreuses marques manquent à l’appel de ce rendez-vous international : Abarh, Alfa Romeo, Alpine, Aston Martin, Bentley, Bugatti, Cadillac, Citroën, Dacia DS, Ferrari, Fiat, Infiniti, Jeep, Kia, Lada, Lexus, Lotus, Maserati, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Peugeot, Renault, Rolls-Royce, Subaru, Suzuki, Tesla, Toyota, Volvo. À quelques exceptions près, les constructeurs qui ont fait le déplacement cette année sont en majorité les groupes allemands : Audi, BMW, Cupra, Ford, Honda, Hyundai, Jaguar, Land Rover, Mercedes, Mini, Opel, Porsche, Seat, Skoda, Smart, Volkswagen.

La rupture entre le thermique et l’électrique

Même relégué au rang de grand salon national, l’IAA de Francfort n’en est pas pour autant dénué d’intérêt, tant il marque désormais une rupture entre le monde d’avant avec ses moteurs thermiques et l’électrique, dont plus personne ne doute qu’il représente l’avenir sur lequel l’industrie automobile doit désormais tout rebâtir.

À ce titre, l’enjeu pour l’industrie allemande est presque vital. Cette nouvelle vitrine technologique de la voiture électrique conditionne l’avenir de tous les constructeurs, dont les investissements se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Outre cette révolution technologique vers le zéro émission, les firmes automobiles doivent faire face à un ralentissement des ventes d’automobiles au niveau mondial. Il y a un peu plus d’un an, la Chine, premier marché mondial, avait donné le ton de cette contraction du marché automobile. Les marchés européens et américains sont désormais touchés par ce ralentissement que l’on estime à - 5 % en volume pour un total d’au moins 2,4 millions de véhicules en moins. À cela s’ajoute, au niveau européen, l’entrée en vigueur de la réglementation CAFE, qui imposera dès l’année 2020 des rejets moyens de 95 g de CO2/km sous peine de lourdes amendes pour tout dépassement. Une réglementation qui se renforcera d’année en année, obligeant les constructeurs à commercialiser de plus en plus de véhicules électriques et hybrides pour respecter ces nouvelles normes.

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