
Antonio Filosa CEO de Stellantis.
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En confiant la direction de l'Amérique du Nord à Pablo Di Si, Antonio Filosa met fin à une organisation dans laquelle il cumulait la direction générale de Stellantis et la responsabilité opérationnelle de sa principale région stratégique. Ce changement marque une nouvelle étape dans la gouvernance du constructeur. Le dirigeant peut désormais se consacrer pleinement au pilotage mondial du groupe et à l'exécution de son plan FaSTLAne 2030.
Antonio Filosa vient de franchir une étape importante dans sa prise de contrôle de Stellantis. Avec la nomination de Pablo Di Si au poste de Chief Operating Officer pour l'Amérique du Nord et les marques américaines, le directeur général du groupe se décharge d'une responsabilité qu'il avait conservée depuis son arrivée à la tête du constructeur, en juin 2025.
Jusqu'à présent, Antonio Filosa occupait en effet une double fonction. Il dirigeait Stellantis tout en supervisant directement les activités nord-américaines, une région essentielle à l'équilibre économique du groupe. Une organisation qui traduisait l'urgence de redresser les performances américaines, mais qui mobilisait nécessairement une part importante de son attention.
En transférant cette responsabilité à Pablo Di Si, ancien dirigeant de Volkswagen en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, Antonio Filosa peut désormais se concentrer sur sa mission première : piloter l'ensemble des activités de Stellantis, arbitrer les investissements et assurer l'exécution de sa stratégie à l'échelle mondiale.
L'Amérique du Nord n'est plus directement sous sa responsabilité
Cette décision n'est pas anodine. L'Amérique du Nord a longtemps constitué l'un des principaux moteurs de rentabilité de Stellantis, grâce notamment aux marques Jeep et Ram. Mais les difficultés commerciales et industrielles rencontrées dans la région avaient imposé une reprise en main.
Antonio Filosa avait choisi de conserver personnellement la supervision de ce marché afin d'accompagner son redressement. Selon Stellantis, les équipes nord-américaines ont depuis amélioré l'efficacité industrielle et la qualité, renforcé la maîtrise des stocks et élargi l'offre proposée aux clients. Le constructeur estime donc avoir posé les bases d'une nouvelle dynamique, même si le redressement économique de la région reste à confirmer dans la durée.
« Nous avons réalisé des progrès importants et de nombreuses opportunités s'offrent à nous », souligne Antonio Filosa dans le communiqué annonçant la nomination de Pablo Di Si.
Le nouveau responsable nord-américain, qui lui sera directement rattaché, aura désormais la charge de poursuivre ce travail avec les équipes locales, les distributeurs, les fournisseurs et les partenaires sociaux. Filosa conserve naturellement la responsabilité stratégique de cette région en tant que directeur général, mais il n'en assure plus directement la conduite opérationnelle.
Une organisation qui libère également le directeur financier
Le mouvement ne concerne pas uniquement Antonio Filosa. Il s'accompagne d'une évolution comparable pour Joao Laranjo, directeur financier du groupe. Jusqu'à présent, ce dernier cumulait ses responsabilités mondiales avec celles de Chief Financial Officer pour l'Amérique du Nord. Cette fonction régionale est désormais confiée à Jon Nelson, directement rattaché à Pablo Di Si.
La réorganisation aboutit donc à une clarification des responsabilités au sommet de Stellantis. Le directeur général et le directeur financier disposent chacun d'un relais opérationnel dédié pour l'Amérique du Nord. Cette évolution permet de renforcer la distinction entre la gestion quotidienne des activités américaines et le pilotage stratégique et financier du constructeur à l'échelle mondiale. Elle intervient également alors que Gustavo Soloaga reprend le Programme de Création de Valeur, destiné à améliorer la performance et la compétitivité du groupe.
Filosa doit désormais faire réussir FaSTLAne 2030
Pour Antonio Filosa, l'enjeu change de dimension. Après avoir consacré une partie de son attention au redressement nord-américain, il lui revient désormais de démontrer que sa stratégie peut produire des résultats à l'échelle de l'ensemble de Stellantis. Le plan FaSTLAne 2030 constitue à cet égard le principal rendez-vous du groupe avec ses marchés, ses investisseurs et ses réseaux de distribution.
Présentée en mai 2026, cette stratégie prévoit 60 milliards d'euros d'investissements et le lancement de 60 produits sur cinq ans, avec un objectif de marge opérationnelle ajustée compris entre 8 % et 10 %. Sa réussite suppose de mener de front plusieurs chantiers : restaurer les performances en Amérique du Nord, améliorer la compétitivité industrielle en Europe, accélérer le renouvellement des gammes et renforcer la rentabilité des différentes marques.
En Europe notamment, Stellantis doit composer avec la montée en puissance des constructeurs chinois, les transformations du marché électrique et la nécessité de préserver la compétitivité de ses sites industriels. Le groupe doit également retrouver une dynamique commerciale durable, tout en veillant à la rentabilité de ses réseaux de distribution. Autant de dossiers qui nécessitent une coordination étroite entre les régions et des arbitrages à l'échelle mondiale.
Une nouvelle étape dans la gouvernance de Stellantis
La nomination de Pablo Di Si marque ainsi davantage qu'un simple changement de responsable régional. Elle traduit le passage à une nouvelle organisation dans laquelle Antonio Filosa n'a plus à cumuler les fonctions de directeur général et de patron opérationnel de l'Amérique du Nord. Le choix de Pablo Di Si, qui connaît à la fois le marché américain et les mécanismes internes de Stellantis, doit assurer la continuité des efforts engagés.
Il permet également à Filosa de disposer d'un interlocuteur directement responsable des résultats nord-américains, sans devoir lui-même gérer l'ensemble des décisions opérationnelles. Cette clarification intervient à un moment important pour Stellantis. Après les réorganisations successives de son équipe dirigeante et la présentation de sa nouvelle stratégie, le groupe entre dans une phase où les résultats devront prendre le relais des annonces.
Antonio Filosa dispose désormais d'une organisation lui permettant de se consacrer pleinement à la direction mondiale du constructeur. Mais cette liberté d'action s'accompagne aussi d'une responsabilité accrue : celle de démontrer que les transformations engagées peuvent restaurer durablement la croissance et la rentabilité de Stellantis. En se dégageant de l'Amérique du Nord, Antonio Filosa ne s'éloigne donc pas du principal chantier de redressement du groupe. Il change d'échelle : désormais, c'est sur les performances de l'ensemble de Stellantis que son action sera jugée.





