Stellantis se détourne-t-il vraiment du lobbying en Europe ?

Alexandre Guillet

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Stellantis se détourne-t-il vraiment du lobbying en Europe ?

Carlos Tavares estime que les jeux de lobbying sont devenus stériles en Europe et veut ouvrir un nouvel espace d'échanges avec Stellantis.

© Stephane Sby Balmy

À l’occasion du CES 2023 de Las Vegas, Carlos Tavares, président-directeur général de Stellantis, a annoncé qu’il allait cesser les actions de lobbying auprès des élus européens, jugeant cette débauche d’énergie inutile.

Après avoir pris la décision de quitter l’ACEA, Stellantis scelle son abandon des jeux d’influence plus ou moins opaques en annonçant, par la voix de Carlos Tavares, depuis le CES de Las Vegas, qu’il arrête le lobbying auprès des instances européennes.

« Nous n'avons plus de lobbyistes. Nous ne négocions plus », assène-t-il, martelant que ces efforts sont stériles face au dogmatisme assumé des instances européennes. « Il y a deux façons de résoudre les problèmes de CO2 dans le monde : il y a une vision pragmatique et une vision dogmatique. La vision pragmatique essaie de réduire les quantités de CO2 grâce à un savant mélange de technologies d'entraînement aussi largement et efficacement que possible. Le point de vue dogmatique est d'avis que cet objectif ne peut être atteint qu'avec des véhicules électriques à batterie », ajoute-t-il.

Stellantis veut imposer une démarche scientifique indépendante

Comme il l’avait annoncé en juin 2022 puis à nouveau lors de la journée de la PFA sur le Mondial de l’Automobile, Carlos Tavares a confirmé que Stellantis allait mener ses réflexions via la création d’un « Forum sur la liberté de mouvement », une réunion annuelle de contributeurs engagés à résoudre les problèmes dans une approche basée sur des faits afin d’identifier la façon d’apporter une mobilité propre, sûre et abordable pour la société et faire face aux enjeux du réchauffement climatique.

Au carrefour des fournisseurs de mobilité et de technologies, des universitaires, des politiciens, et des scientifiques, ce forum se veut indépendant et ancré dans une neutralité technologique. Il s’appuiera « sur des faits pour générer des idées et des solutions » et sur le principe de transparence.

Difficile de croire que Stellantis sortira des radars d’influence

Avec cette nouvelle décision, Carlos Tavares engage Stellantis et ses quatorze marques dans une logique très concrète, s’éloignant des sphères politiques. On peut y voir un aveu, à savoir que depuis le dieselgate, les constructeurs automobiles ont perdu beaucoup d’influence auprès des législateurs. La communication de crise de certaines marques, non exempte de mensonges, est clairement en cause et ses conséquences ont été longtemps sous-estimées. Ce constat ne signifie pas que le législateur européen a raison, loin de là, mais c’est un autre débat. Par ailleurs, difficile de croire que Stellantis va disparaître de tous les radars d’influence, surtout quand on connaît le fonctionnement des institutions en Europe comme en Amérique du Nord, deux marchés clés pour le groupe, actuellement absent – ou presque – de Chine. Une variable d’autant plus importante que l’électrification rebat les cartes du réseau industriel du groupe, qui se détourne rarement du jeu à plusieurs étages d’influence des subventions.

Ne pas laisser trop le champ libre à d’autres lobbyistes

« La frustration exprimée est légitime et reflète un état d’esprit général dont le désabusement devrait questionner les certitudes technocratiques. Mais elle est mauvaise conseillère. Le renforcement d’un dialogue sans compromis avec les autorités politiques élues est indispensable, et relève d’une exigence démocratique. Il faut servir et éclairer le débat public, qui gagnera incontestablement à être rééquilibré à la lumière des faits », alerte d’ailleurs Xavier Horent, délégué général de Mobilians. Et de poursuivre : « Les enjeux sont trop importants pour être laissés à d’autres parties prenantes, souvent très bien organisées en termes de lobbying ».

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