Technologies : les promesses de l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi

Fabio CROCCO
Technologies : les promesses de l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi

L’Alliance vient de présenter sa feuille de route technologique tout en rappelant les sérieux prérequis de ses marques pour relever tous les challenges.

Lors de sa conférence de presse du 27 janvier, l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi a dévoilé dans ses grandes lignes sa feuille de route où les mutations technologiques en sont les fondements. Elles n’ont pas laissé le choix aux trois constructeurs de se réaligner après 22 ans d’une coopération tumultueuse avec désormais pour Jean-Marie Senard, président de l’Alliance, « une confiance retrouvée. Finies les années de discordes. C’est un nouveau départ avec une vision communes ». Il faut dire que les enjeux sont énormes. Il s’agit de placer en pole position le groupe dans l’ère de l’électrique, du digital et de la conduite assistée, face à un Tesla, qui challenge l’industrie automobile avec ses technologies avancées.

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L’Alliance, 3eme groupe mondial derrière Volkswagen et Toyota, investit 15 milliards d’euros par an pour tenir la distance. Elle a déjà dépensé 10 milliards dans l’électrification de ses véhicules. Vingt-trois de plus seront mis sur la table sur les 5 prochaines années. Portées essentiellement par Nissan et ses 30 ans d’expérience dans l’électrique, les 3 marques ont mis sur la route depuis 2009 un million de véhicules électrifiés avec 10 modèles déjà en circulation. Quinze de ses 23 usines dans le monde sont impliquées dans cette électrification. Objectif : vendre à horizon 2026, 1,5 million de véhicules électriques par an. Pour parvenir à relever les défis attendus, l’Alliance compte bien mutualiser davantage. Si actuellement 60 % de ses modèles partagent une même plateforme, en 2026, ce taux sera porté à 80 % avec dans le même temps une réduction de l’offre (de 100 à 80 modèles proposés). En 2030, 35 modèles seront électriques avec 90 % de mutualisation. Relative bonne nouvelle pour l’après-vente : cette convergence technologique devrait quelque peu simplifier la maintenance des véhicules.

Deux plateformes phares : CMF-EV et CMFB-EV

Parmi les 5 plateformes électriques prévues, deux seront centrales, dont celle la plus polyvalente : la CMF-EV. Elle équipera 15 modèles électriques sur les 35 prévus pour 2030, dont les toutes prochaines Mégane E-Tech Electric et Nissan Ariya.  A noté que l’Alliance a opté pour une traction électrique et non pas pour une propulsion comme la plupart des autres constructeurs. Autre plateforme électrique clé : la CMFB-EV qui sera lancée en 2024. Elle se destine aux citadines (segment B). Disponible dans 2 ans, elle devrait réduire de 30 % les coûts de production par rapport à la Zoe actuelle. Elle offrira 400 km d’autonomie avec une consommation d’énergie inférieure de 10 %. Il devrait s’en écouler 250 000 par an. La nouvelle Renault R5 et le nouveau véhicule électrique compact qui remplacera la Nissan Micra, dont la silhouette vient d'être dévoilée, seront construits sur cette base. Conçu par Nissan et produite par Renault, le nouveau modèle sera fabriqué au sein de l'usine Renault ElectriCity, le pôle industriel électrique du Nord de la France.

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Quatre ans pour diviser par deux le coût des batteries

Pour ce qui concerne l’évolution des batteries, programme piloté par Nissan, l’objectif est de diviser par 2 d’ici 4 ans leur coût et 65 % en 2028. La capacité de production devra être de 220 GWh en 2030. À titre de comparaison, les Français consomment par an environ 473 000 GWh d’électricité. L’Alliance travaille à sa quatrième génération de batterie : le tout solide, sans électrolyte liquide. Cette technologie offre une densité énergétique 2 fois supérieure au lithium-ion avec un temps de recharge divisé par 3. Ce sont des batteries présentées comme plus sûr, plus fiable, plus légère, plus petite et plus dynamique, bref, bien plus adaptées à un usage automobile. Elles n’auront plus besoin d’être régulées en température. Nissan présentera un premier prototype de ces batteries en 2024 pour une production en série en 2028. L’Alliance a choisi de contrôler 100 % de son hardware et de ses softwares, bénéficiant ainsi de données prédictives précieuses, permettant de surveiller l'état de fonctionnement de la batterie et d'améliorer la technologie. « L’Alliance a cumulé plus de 30 milliards de kilomètres parcourus en électrique. Nous avons de bonnes connaissances sur la longévité des batteries et leur comportement dans le temps, dans toutes les situations. Nous surveillons en permanence leur état de santé et connaissons la courbe d’usure » commente Clotilde Delbos, directrice générale adjointe de Renault Group et directrice financière. La directrice a confié que l’Alliance travaille en partenariat avec Google sur un planificateur d’itinéraire afin d’optimiser l’autonomie des batteries avec une meilleur gestion des arrêts de recharge. Le système sera capable d’optimiser la température de la batterie avant l’arrêt pour une recharge plus rapide.

Une nouvelle architecture électronique

Pour ce qui est du digital et de la conduite assisté, l’autre grand défi, l’Alliance a dévoilé travailler sur une nouvelle architecture électronique dite « centralisée » qui apparaitra en 2026. Dans le principe, un super calculateur central supervise l’ensemble des fonctions du véhicule pilotées par des calculateurs dédiés par zone. Cela pourrait concerner une vingtaine de calculateurs. La liaison entre l’unité centrale et les calculateurs de zones s’opère par un réseau haut débit de type Ethernet. Cette centralisation permettra au gain de poids de 10 %. Elle sera aussi moins énergivore pour gagner en autonomie. Enfin, elle permettra de mieux dissocier le hardware du software avec l’idée de faire en sorte que les véhicules puissent profiter le plus longtemps possibles de nouvelles fonctionnalités qui feront leur apparition dans le temps. Le Groupe parle de couvrir tout le cycle de vie d’un véhicule avec des nouvelles fonctions. Ces dernières pourront être mises sur le marché en une semaine à la place d’une année grâce aux mises à jour à distance dites « over the air » qui vont devenir un standard. « Cela apportera une plus grande valeur ajoutée aux clients, notamment avec l'intégration de la voiture dans leur écosystème digital pour leur offrir une expérience personnalisée, proposer de nouveaux services améliorés et réduire les coûts de maintenance » souligne Luca de Meo, PDG de Renault Group.

Aujourd’hui l’Alliance possède 3 millions de véhicules connectés. D'ici 2026, plus de 5 millions de véhicules connectés au cloud de l’Alliance seront livrés par an. L’objectif est d’atteindre les 25 millions en 2026 avec l’appui des services de Google qui feront leurs premières apparitions sur la Mégane E-Tech Electric. Pour ce qui touche l’assistance à la conduite, l’Alliance rappelle que 24 de ses modèles de véhicules proposent déjà des fonctions avancées de sécurité, notamment avec le système ProPilot de Nissan apparue en 2016. Pour 2026, le Groupe vise le 45 millions de modèles concernés avec un cumul de plus de 10 millions de véhicules équipés.

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