TRM : l'orage gronde

Fabio CROCCO
TRM : l'orage gronde

TRM : l'orage gronde

Alors que le Gouvernement semble peu disposé à soutenir le transport routier de marchandises, une troisième étude de la FNTR laisse apparaître un secteur en souffrance avec une perte de 40 % de son chiffre d’affaires sur les trois derniers mois, une suroffre qui fait pression sur les prix, une perte de productivité et des surcoûts. L’emploi est menacé.

Un mois après le début du déconfinement, la FNTR publie sa quatrième enquête concernant les conséquences de la crise sanitaire sur le secteur du transport routier de marchandises. Les résultats montrent que le secteur reste affaibli, avec une perte moyenne de chiffre d’affaires de 40 % sur les trois derniers mois (– 27 % sur le mois de mai). Selon le syndicat, la crise perturbe encore les flux et fait notamment apparaître une forte distorsion entre l’offre et la demande, entraînant une pression sur les prix.

Mais, au-delà du niveau d’activité en lui-même, c’est l’ensemble du marché qui pâtit d’une profonde désorganisation avec :
- des kilomètres à vide encore 10 % supérieurs à la moyenne habituelle, engendrant un surcoût de 15,3 % sur chaque kilomètre réalisé par rapport à la situation d’avant la crise sanitaire (étude CNR) ;
- une augmentation des charges liée aux coûts directs de l’achat de gel hydroalcoolique, masques et autres équipements. À ces coûts directs s’ajoute une perte de productivité liée par exemple à l’allongement des temps de chargement et de déchargement, comme en témoignent 31 % des entreprises ;
- une surcapacité en matière d’offre, qui génère une baisse des prix du transport : 33 % des entreprises ont des pressions sur les prix de la part de leurs donneurs d’ordre et observent une forte baisse des prix en matière d’affrètement. Une tendance à la hausse donc puisqu’ils étaient 28 % à faire ce constat le mois dernier.

« Des soldats oubliés »

Un tiers des chefs d’entreprise craignent de devoir réduire leurs effectifs dans les semaines et mois à venir. Une situation face à laquelle la FNTR avait demandé le prolongement du dispositif de prise en charge complète du chômage partiel. Elle s’est vu opposer une fin de non-recevoir.

« Face à des entreprises exsangues et dont la confiance en l’avenir est largement ébranlée, le silence du Gouvernement est décidément incompréhensible, et la grogne monte dans la profession », indique la fédération.

Dans sa dernière enquête, cette dernière interpellait déjà le Gouvernement et proposait un plan de relance construit autour de douze propositions concrètes. « Un mois plus tard, toujours aucune réponse. Les fameux soldats de la deuxième ligne sont déjà oubliés », s’indigne l’organisation.

Une profession oubliée par les pouvoirs publics, pourtant plébiscitée par les Français : plus de 8 Français sur 10 assurent en effet que l’image qu’ils ont du secteur s’est globalement améliorée ces derniers mois. Et ils sont tout autant à estimer que ce secteur doit être soutenu par le Gouvernement et les pouvoirs publics. « Si le Gouvernement n’écoute pas la profession, écoutera-t-il au moins les Français ? », s’interroge la FNTR.

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