Véhicules propres : quel impact sur l'après-vente ?

Eloïse LE GOFF-BERNIS

Sujets relatifs :

Véhicules propres : quel impact sur l'après-vente ?

Véhicules propres : quel impact sur l'après-vente ?

Explorée par la société TCG Conseil à la demande de la branche des concessionnaires VP du CNPA, cette question porte la crainte d’un SAV qui pourrait ne plus arriver à subventionner les marges quasi-nulles du commerce de VN, remettant donc en cause le modèle économique des réseaux de marques.

« En cas de fortes baisses des revenus issus de l’après-vente (ndlr : accentuées par l’utilisation de véhicules propres), un constructeur a avoué ne pas avoir de solutions », déclare Christophe Guillaneuf, consultant de TCG Conseil. Selon un scénario très optimiste, le parc roulant français (38,3 millions de véhicules) se composerait, en 2020, de 61 % de véhicules diesel et essence, de 25 % de véhicules électriques et hybrides et de 2,5 % de voitures fonctionnant au GPL. Non seulement les modèles propres s’useront moins et n’auront plus d’organes mécaniques (soit un manque à gagner de 38 % d’heures d’atelier au cours de sa vie comparé à un véhicule thermique classique), mais ils requièrent en plus une formation et un outillage spécifique pour leur maintenance. Autant d’investissements incertains pour les concessionnaires. « Le coût unitaire de l’opération de maintenance pourrait diminuer », ajoute C. Guillaneuf. Mais c’est le mode d’acquisition de ces voitures vertes qui déterminera vraiment le niveau de captivité de l’après-vente. Le SAV est géré par celui qui détient le compte-client… Et si ce n’était pas le constructeur ou son réseau ? Achat, LOA, achat à l’usage, etc. Les marques n’ont pas accordé leur violon. Tesla, par exemple, implante ses showrooms dans des adresses prestigieuses, confiant l’après-vente à des « Tesla rangers », soit des techniciens mobiles ! Qui, des loueurs longue durée, des fournisseurs d’énergie, des sociétés informatiques (Apple vient de déposer la marque Icar), des organismes de transports, des constructeurs et/ou des distributeurs captera ce marché où la liaison entre l’utilisateur et un opérateur paraît devoir être permanente ? La question de départ en génère beaucoup d’autres. D’ici à 2020, la proportion des véhicules électriques dans le parc devrait néanmoins rester faible. Les distributeurs doivent donc être vigilants, mais avec sérénité.

Photo : le roadster Tesla.

Nous vous recommandons

Journée de la filière automobile, Thierry Breton : "L'Europe ne pourra pas se passer du nucléaire"

Journée de la filière automobile, Thierry Breton : "L'Europe ne pourra pas se passer du nucléaire"

La table ronde réunissant Thierry Breton, Béatrice Foucher (DS) et François Liotard (Lisi Automotive) a mis en exergue le dialogue toujours difficile entre les autorités européennes et les industriels. Ainsi que les frictions qui...

Journée de la filière automobile : Luca de Meo Renault estime que la France peut encore rattraper son retard

Journée de la filière automobile : Luca de Meo Renault estime que la France peut encore rattraper son retard

Luc Chatel PFA confirme que l'automobile joue sa survie

Événement

Luc Chatel PFA confirme que l'automobile joue sa survie

#CONNECT Distribution 2021 : inscrivez-vous au rendez-vous annuel à La Baule

#CONNECT Distribution 2021 : inscrivez-vous au rendez-vous annuel à La Baule

Plus d'articles