Vers la mutation des savoir-faire dans la distribution et la réparation automobile

François Rotteleur
Vers la mutation des savoir-faire dans la distribution et la réparation automobile

© Gerd Altman Pixabay

Comme tous les vendredis, retrouvez la chronique de François Rotteleur sur l’actualité RH dans l’univers de la distribution automobile.

La fin de l’année amène son lot de précisions sur les dispositions prises par les marques et certains réseaux. Même si rien n’est encore totalement figé nulle part, l’adaptation des talents à ce que sera cette nouvelle distribution, appelle une anticipation de la part des entreprises et de leurs managers pour initier le changement.

Plusieurs études sur l’emploi dans différents secteurs d’activités affirment que les profils recherchés par les entreprises devront rapidement et profondément évoluer en 2023. Dans la distribution automobile, tous s’accordent également sur la nécessité d’adaptation face aux mutations attendues. Beaucoup pensent que la mutation rendra prioritaires les compétences humaines et relationnelles face aux compétences techniques recherchées prioritairement jusqu’ici dans le cadre des recrutements. Ces nouvelles compétences permettront sans doute à celles et ceux qui les détiennent une meilleure adaptation aux changements économiques et technologiques. Apportant notamment la promesse d’un meilleur apprentissage tout au long de la vie du salarié, ces compétences seront le gage de l’employabilité et de la compréhension du sens de soi au travail.

Le concept qui privilégie l’émotionnel vis-à-vis des compétences techniques s’est rendu beaucoup plus visible en très peu de temps sur le marché de l’emploi, au point qu’il pourrait devenir majeur pour répondre aux enjeux de demain. Il est d’ailleurs aussi bien valorisé et reconnu par les organisations que par les collaborateurs eux-mêmes. Cet engouement risque de durablement reléguer les compétences techniques et les connaissances spécifiques au second plan. De fait, il pourrait devenir dommageable à tous ceux qui ont compensé jusqu’ici l’idée de posséder peu ou moins de ces compétences humaines par l’excellence technique.

Mais en y regardant de plus près, la définition des compétences humaines attendues dans un cadre professionnel est assez large et semble encore faire débat, notamment par le volume des concepts associés. Ces concepts incluent tout autant des compétences sociales, émotionnelles, communicationnelles, des traits de personnalités, la capacité à travailler en équipe ou encore le leadership. Certains peuvent aller jusqu’à les opposer aux aptitudes cognitives ou au savoir-faire alors que les compétences cognitives jouent de notoriété, un rôle clé dans l’expression de la résolution de problèmes complexes, la prise de décision et la pensée critique.

En liant compétences et enjeux des organisations, les compétences humaines ainsi évoquées apparaissent alors comme un ensemble de savoir-être favorisant une adaptation à son environnement, aux autres et à soi-même, grâce à la mise en œuvre de compétences personnelles propres à chacun. Les compétences humaines émergent alors de fait en complétant sans les remplacer les compétences techniques dans la panoplie de savoirs du candidat ou du collaborateur.

La bonne nouvelle pour tous est que les compétences humaines comme les autres auraient aussi un caractère évolutif impliquant la possibilité de les développer pour qu’elles fassent partie intégrante de nos traits. La littérature sur le sujet met en évidence trois conditions prédictives de réussite à tout changement :

  • Considérer le changement comme désirable. Que le changement soit une fin en soi ou un moyen d’atteindre d’autres buts, seul le désir de changer compte.
  • Considérer ce changement comme réalisable et pouvoir l’intégrer dans son quotidien.
  • Réaliser des efforts conscients et intentionnels à travers la répétition et l’expérience, ces changements devant devenir de nouvelles habitudes pour qu’ils soient intégrés comme des traits stables.

Si le potentiel de développement des compétences humaines est plus fortement lié à la motivation des individus et à leur capacité à s’auto-réguler, il est aussi comme beaucoup d’autres, favorisé par l’exemplarité managériale ou la culture organisationnelle, le soutien de l’initiative et le droit à l’erreur.

Nous vous recommandons

Savoir improviser positivement, la nouvelle compétence du manager

Savoir improviser positivement, la nouvelle compétence du manager

Comme tous les vendredis, retrouvez la chronique de François Rotteleur sur l’actualité RH dans l’univers de la distribution automobile.Aujourd’hui, certains chercheurs qualifient le nouvel environnement professionnel, notamment...

BMW-MINI Paris Vélizy, observatoire des ventes aux entreprises

Reportage

BMW-MINI Paris Vélizy, observatoire des ventes aux entreprises

Le nouveau centre Porsche Paris Ouest Poissy s’apprête à ouvrir ses portes

Le nouveau centre Porsche Paris Ouest Poissy s’apprête à ouvrir ses portes

Volvo et son réseau lancent le programme Transformer

Volvo et son réseau lancent le programme Transformer

Plus d'articles