Entretien

Citroën réaffirme sa stratégie de développement à l'international

Yelen BONHOMME-ALLARD

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Citroën réaffirme sa stratégie de développement à l'international

Avec le lancement de plusieurs modèles majeurs tels que les C4 et C5X, originaux comme l'AMI, ou spécifiquement destinés à des marchés de conquête à l'instar du C5 Aircross et C3 pour l'Inde et l'Amérique latine, la marque aux chevrons poursuit son repositionnement dans le monde et signe son grand retour sur le segment D.

Auto Infos : Pourquoi Citroën a décidé de revenir sur le segment D ?

Vincent Cobée : Il faut être honnête, certainement pas parce que c’est un segment en pleine croissance. Historiquement, il a été très important en Europe, mais il a beaucoup réduit au cours des dix dernières années. Notre force est d’anticiper les tendances à venir. Nous pensons que les consciences et réglementations environnementale vont ramener les utilisateurs dans une approche plus responsable ou modérée de l’automobile. Le tout SUV ne va pas arriver donc nous cherchons à proposer des solutions offrant certaines fonctionnalités des SUV comme la position de conduite plus élevée et une certaine versatilité de l’aménagement intérieur par exemple, tout en associant l’élégance d’une berline et des lignes plus fluides pour une franche de la population. Le C5X comme la C4 sont issus de cette logique. De plus, la marque a un très long héritage allant de l’imper-compacte urbaine jusqu’à la grande routière, c’est cela notre identité. Il nous paraissait donc évident de revenir sur ce segment, sans copier le passé.

A. I. : Dans quels pays sera commercialisé le C5X, qui sont ses acquéreurs et quel est le premier bilan pour le marché chinois ?

V. C. : Le modèle est commercialisé en Chine depuis septembre 2021, et est destiné à l’ensemble des pays européens. À ma connaissance, il sera également disponible en Australie, Nouvelle-Zélande, et peut-être au Japon et en Amérique latine. Sur le marché chinois, la demande est là puisque nous avons livré plus de 10 000 unités et nous avons enregistré plus de 12 000 commandes. Ces ventes nous ont permis de doubler notre volume sur ce territoire l’année dernière. Si je compare avec les lancements des segments équivalents du groupe au cours des dernières années, nous avons réalisé cinq fois le volume en deux tiers du temps, c’est-à-dire sur les six premiers mois de lancement. Historiquement, le segment D chinois est trois fois plus gros que le segment européen.

A. I. : En février, Citroën a enregistré une baisse des ventes de ses véhicules particuliers et une hausse des utilitaires, comment l’expliquez-vous ?

V. C. : Depuis la sortie du Covid, nous avons un carnet de commandes impressionnant, notamment sur les véhicules utilitaires et surtout sur les utilitaires électriques. Ceci combiné au m anque de composants électroniques, nous mettons les moyens nécessaires pour essayer d’honorer ces commandes. Sur la partie des commandes à particulier, le coût des véhicules augmente en partie à cause de l’électrification, mais aussi de l’arrêt de production de certains modèles du fait de la réglementation qui ne faisait plus sens comme la C1. Dans le canal des particuliers, c’est un moment un peu difficile en France comme en Europe. Nous allons y répondre avec des offres de financement, LLD et LOA, pour amortir le coût des véhicules au travers de valeurs de rachat qui ont augmenté elles aussi. Il est évident que cela fait partie de nos préoccupations dans le cadre du développement des modèles futurs. Le succès d’AMI est en parti lié à ce phénomène et a été une première réponse, nos offres de financement en seront une deuxième et nos prochains véhicules du segment B seront aussi une réponse je l’espère. Et de façon générale, je pense qu’il y a une inquiétude des clients du segment particulier qui sont plus touchés par les inquiétudes d’ordre économiques.

A. I. : N’avez-vous pas peur de perdre des clients en quittant le segment avec la C1 ?

V. C. : Quand on fait le calcul entre l’ensemble des attentes réglementaires, environnementales et d’équipements, il n’y avait plus beaucoup de différences de prix entre un segment A et un segment B. On vend entre 190 000 et 220 000 C3 par an de façon stable depuis 6 ans alors que le segment A représente au mieux 50 000 unités. Cela n’a donc plus vraiment de sens en termes d’offres. On a fait le choix de proposer des niveaux d’équipements de C3 qui vont être la bonne réponse comme la C3 You, et en parallèle de lancer AMI, un véhicule urbain abordable, électrique et moins cher que le segment A. En 2021, nous sommes devenus numéro 2 du segment des quadricycles où elle est référencée, et nous sommes passés numéro 1 en France chaque mois depuis janvier 2022. Après le marché national, on retrouve l’Italie et la Belgique, mais je ne serai pas étonné que le Royaume-Uni intègre le top 3, voire le top 2 rapidement. Il y a déjà 11 000 demandes d’intérêt et 2 000 commandes alors qu’on n’a même pas encore annoncé officiellement la date de lancement, que le volant restera à gauche et qu’il faudra un permis pour la conduire.

A. I. : Citroën compte sur certains modèles pour se développer en Inde, qu’en est-il ?

V. C. : Nous avions prévu de vendre 300 C5 Aircross et finalement nous en avons livré deux fois plus. Ce modèle vaut 60 000 euros donc honnêtement l’équipe a réussi à faire un lancement qualitatif extraordinaire. Notre politique de commercialisation et notre développement réseau sont en pleine construction. Nous avons seulement dix concessions à travers un pays grand comme l’Europe. Ils ont utilisé des containers pour fabriquer des ateliers mobiles dédiés à l’entretien des véhicules. On a voulu commencer avec le C5 Aircross pour montrer ce que peut être une Citroën. C’est désormais chose faite donc nous allons poursuivre avec le lancement de la C3 dans les mois qui viennent. On a vraiment réussi à faire une Citroën : elle est positive, optimiste, colorée, confortable et spacieuse. Ce marché qui est amené à devenir le troisième plus gros marché du monde a un très fort potentiel, mais il ne faut pas oublier ses autres qualités, notamment du point de vue de l’ingénierie. En juin, la C3 fera également ses débuts au Brésil et en Argentine. Ce modèle va nous permettre de passer de 1,5 à 3 % de part de marché au Brésil et de 3 à 7 % en Argentine. Les offres seront adaptées aux marchés avec des prix abordables, et des produits modernes, techniques, innovants et localisés dans ces pays. On promet un développement international depuis plusieurs années, il est en bonne voie.

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