Etude

Voiture électrique : un projet difficile à concrétiser

Voiture électrique : un projet difficile à concrétiser

En plus du prix de vente d’un VE, s’ajoute à la facture l’abonnement à un service de recharge, voire l’installation d’une borne à domicile.

Selon une étude menée par l’institut de sondage Odoxa, 30 % des Français ont envisagé de passer à la mobilité automobile électrique. Néanmoins, seuls 11 % auraient sauté le pas, notamment à cause du prix d’achat d’un VE.

Compte tenu du contexte environnemental et une réglementation favorable aux véhicules électrifiés, acheter ce type de motorisation a convaincu plus de la moitié (54 %) des Français interrogés par Odoxa pour son enquête. Parallèlement, 12 % d’entre eux seulement se déclarent « attachés » au véhicule thermique. Toutefois, si 30 % du panel de l’étude formulent l’envie d’acheter une voiture électrique et 45 % de céder à l’appel de l’hybride, les volontés affichées ont bien du mal à se réaliser puisque, dans les faits, il n’y a que 11 % des sondés qui admettent avoir franchi le cap de l’électromobilité.

Le véhicule électrique encore inaccessible à une large majorité

La voiture électrique s’inscrit dans l’offre de quasiment tous les constructeurs, qui comptent de plus en plus de VE dans leurs catalogues. Pour autant, ces modèles peinent à séduire le porte-monnaie des automobilistes à cause, en premier lieu, de leur coût d’achat, trop élevé pour 72 % des Français sondés. Il faut dire que ces véhicules embarquent des technologies onéreuses qui les rendent inabordables malgré des aides et des incitations financières comme le bonus écologique (de 6 000 euros et même 7 000 euros pour les ménages les plus modestes).

Malheureusement en plus du prix de vente d’un VE, s’ajoute à la facture l’abonnement à un service de recharge, voire l’installation d’une borne à domicile, le manque d’autonomie et le nombre de bornes de recharge insuffisant en itinérance constituant les deux autres obstacles à l’adoption d’un VE pour respectivement 53 % et 37 % des sondés. Cependant, chez les pros de la Tech, le podium des raisons n’est pas le même car le manque d’autonomie (66 %) prend le pas sur le coût (62 %) tandis que l’insuffisance du maillage de bornes et la durée de recharge du véhicule trop longue arrivent en troisième et quatrième positions (51 % et 32 %).

L’hydrogène comme solution d’avenir ?

Si, c’est certain, le thermique ne représente plus l’avenir de la voiture, la mobilité de demain pourrait s’incarner dans de nombreuses autres formes. Pour le grand public, les voitures hybrides (67 %) et les véhicules à hydrogène (63 %) arrivent en tête des solutions les plus envisageables, devant les véhicules électriques (48 %). Les professionnels de la Tech, eux, voient le futur se dessiner avec la voiture à hydrogène (77 %), avant la voiture électrique (60 %) et les dérivés hybrides (58 %). Quant à la voiture autonome, 43 % des Français et 55 % des professionnels de la Tech pensent qu’elle représente l’horizon automobile même si, elle aussi, possède une dimension dispendieuse.

Quid de l’autopartage ?

Alors que 22 % des Français et 25 % des professionnels de la Tech se disent prêts à ne plus posséder de voiture, envisager d’abandonner ce moyen de locomotion sous-entend trouver une alternative viable, ce qui n’est pas toujours le cas pour les déplacements inter-régions ou inter-urbains. L’autopartage pourrait ainsi tirer son épingle du jeu mais seuls 7 % des Français interrogés et 11 % des pros de la Tech sondés seraient prêts à tenter la pratique. Au total, le potentiel d’autopartageurs n’atteint donc même pas un quart de la population. À moins que les entreprises n’influencent cet usage, la moitié des sociétés promouvant une mobilité plus éco-responsable.

Les sociétés de la Tech en tête des expérimentations de mobilité

Un salarié répondant à l’enquête Odoxa sur deux (49 %) dit en effet travailler dans une entreprise qui encourage les nouvelles mobilités, à vélo ou à trottinette (31 %) ainsi que le covoiturage (30 %). Néanmoins, seuls 19 % des salariés se sont vu proposer un forfait mobilités durables tandis que pour les professionnels de la Tech, le taux grimpe à 32 %. Quant à incitation vélo, elle atteint 54 % et le covoiturage 52 %. Preuve que les secteurs de l’innovation et du numérique se penchent de façon plus concrète et efficace sur la question de la mobilité électrique, en voiture mais pas que…

Méthodologie : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1004 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par internet les 12 et 13 octobre 2022. Enquête également réalisée auprès d’un échantillon de 304 professionnels des technologies, du numérique ou de l’innovation interrogés par internet du 7 au 12 octobre 2022. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme, et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

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