ZFE : « Nous avons un débat territorial sur la sortie du Diesel »

ZFE : « Nous avons un débat territorial sur la sortie du Diesel »

Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.

© Grenoble Alpes Metropole/Lucas Frangella

Pionnière dans la mise en place d'une zone à faibles émissions, la métropole de Grenoble doit revoir sa copie rapidement. Jusqu'ici limitée aux véhicules utilitaires légers et poids lourds, la ZFE évoluera prochainement pour inclure également l'ensemble des véhicules légers dès 2023. Quels seront le périmètre et le calendrier ? Les politiques en place iront-ils jusqu'à l'exclusion des véhicules diesel avec l'interdiction de la vignette Crit'Air 2 ? Éléments de réponse avec Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.

L’Automobile & L’Entreprise : Grenoble fait figure de ville pionnière quant à la mise en place d’une zone à faibles émissions. Où en êtes-vous à date ?

Christophe Ferrari : Nous avons été assez avant-gardistes en 2019 en mettant en place notre ZFE pour les poids lourds et véhicules utilitaires légers sur un périmètre de 27 communes de toute sensibilité politique. Nous avons initié une vraie dynamique qui s’est vue modifier post-Covid puisque de la crise à émergé une vraie demande de soutien des acteurs économiques liée à la situation financière et la santé des entreprises. Nous avons donc étudié des évolutions, sans toutefois jamais ne remettre en cause notre calendrier. Le travail s’est concentré sur la recherche de solutions dérogatoires afin, également, de tenir compte de l’évolution des catalogues constructeurs et de rester pragmatiques. Aujourd’hui, nous travaillons à l’application de la Loi Climat & résilience avec une ZFE pour les véhicules particuliers qui s’étendra sur un périmètre de 13 communes.

L’Automobile & L’Entreprise : De nouvelles dispositions sont attendues pour l’ensemble des véhicules cette fois-ci. Quelles seront-elles ?

Christophe Ferrari : La nouvelle zone à faibles émissions, qui viendrait s’ajouter à celle déjà en vigueur, concernera en effet tous les véhicules légers. Le calendrier d’application sera celui défini par la loi entre 2023 et 2025, avec un premier palier l’an prochain qui concernera 2 % des véhicules en circulation sur le territoire, un second palier en 2024 avec l’interdiction des Crit’Air 4 (3 % des véhicules) et un troisième en 2025 avec l’interdiction des Crit’Air 3 (13 %). En revanche, nous avons un débat territorial sur la sortie du Diesel, donc de la vignette Crit’Air 2 qui inclut de fait certaines voitures essence. Il se pourrait qu’il y ait des dates plus ou moins variables et des périmètres différents pour l’application de cette étape. Nous lançons une grande concertation cet automne. Nous attendons aussi le vote de notre convention citoyenne pour le climat qui rassemblera 120 citoyens fin octobre, afin de pouvoir décider d’un certain nombre d’actions à mener au conseil métropolitain. Et, enfin, si l’enjeu est fort, nous n’excluons pas de prendre l’avis des citoyens à travers un vote public.

L’Automobile & L’Entreprise : Le périmètre de cette ZFE sera différent de celui applicable aux utilitaires et poids lourd. Comment l’expliquez-vous ?

Christophe Ferrari : Lorsque nous avons travaillé sur le premier périmètre en 2019, seules dix communes étaient concernées. Aujourd’hui, elles sont 27. Il y a une forme de maturation et de prise de conscience, un temps d’incubation pour ces sujets. Cela étant, il est évident que les 40 communes de la métropole seront touchées par ricochet.

L’Automobile & L’Entreprise : L’interdiction à terme de la vignette Crit’Air 2 est un sujet sensible. Avez-vous certaines inquiétudes quant à cette évolution ?

Christophe Ferrari : Nous nous posons plusieurs questions : « serait-il possible d’y adjoindre une dérogation ‘petits rouleurs’ ? » ; « est-ce que la ZFE doit être permanente ou non permanente comme à Paris ? » ; … C’est un vrai sujet d’inquiétude pour nos concitoyens et il faut essayer de savoir où se trouvent les résistances et les limites d’acceptabilité afin de construire un véritable service public de l’accompagnement à la mobilité. Nous sommes résolus à avancer dans une écoute permanente. Quoi qu’il en soit, dans nos projections, si nous n’avons pas d’ici cinq à six ans une solution simple, massive et sécurisée de report modal, ça ne marchera pas. C’est pourquoi le développement du réseau ferroviaire métropolitain est aussi très important.

L’Automobile & L’Entreprise : Grenoble-Alpes Métropole soutient largement le développement du gaz naturel pour les véhicules. Pourquoi et quels sont les enjeux ?

Christophe Ferrari : Bien évidemment il faut sortir du thermique mais encore faut-il ne pas tout miser sur l’électrique. Il existe des failles dans le système mais aussi des solutions pour que les entreprises avancent sur ces sujets. Le gaz coche énormément de cases avec des chiffres puissants en matière de qualité de l’air. Technologiquement, ce n’est pas très compliqué et nous savons le maîtriser. En revanche, aujourd’hui le prix a fortement augmenté et il devient prohibitif par rapport au Diesel. Certaines entreprises mettent même leurs véhicules GNV au garage et ressortent les vieux Diesel. Pour la métropole, qui possède des camions à ordures ménagères roulant au GNV, c’est 300 000 euros de coût supplémentaires cette année. Néanmoins, imaginer que toute la mobilité de demain sera électrique alors qu’on a des sujets autour des capacités de production, me laisse penser qu’on ne peut pas se passer de bonnes solutions intermédiaires.

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