Zones à faibles émissions (ZFE) : un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises du BTP

Zones à faibles émissions (ZFE) : un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises du BTP

« Les Journées de la mobilité » organisées par la Fédération française du bâtiment (FFB) Auvergne-Rhône-Alpes, la Fédération BTP Isère et BTP Rhône & Métropole ont eu lieu les 28 juin et 6 juillet à Grenoble (38) et Villeurbanne (69).

© FFB Auvergne-Rhône-Alpes

Le passage aux motorisations alternatives est un enjeu fort et un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises du BTP. Types de motorisations, offre de véhicules et d'engins adaptés aux besoins, infrastructures… les interrogations sont nombreuses pour les artisans et entrepreneurs de ce secteur qui pèse pas moins de 628 000 raisons sociales pour 1,13 million de salariés*.

C’est dans ce contexte que la Fédération française du bâtiment (FFB) Auvergne-Rhône-Alpes, la Fédération BTP Isère et BTP Rhône & Métropole ont organisé « Les Journées de la mobilité » les 28 juin et 6 juillet à Grenoble (38) et Villeurbanne (69). L'occasion de présenter aux professionnels de la région une offre de véhicules légers, utilitaires et poids lourds roulant à l'électrique, au gaz et à l'hydrogène, mais aussi et surtout de dresser un état des lieux de la situation actuelle.

Une profession volontaire qui se heurte à des freins

Au travers des différentes actions menées (Journées de la mobilité, enquête régionale) et du dialogue engagé avec les pouvoirs publics, la FFB et l’ensemble de la profession se montrent impliqués et volontaires dans cette transformation. Toutefois, le chemin reste encore long. En effet, le secteur du bâtiment se heurte à trois freins principaux : le coût, le temps et l’offre insuffisante pour répondre aux besoins des entrepreneurs et artisans. « Nous avons participé aux discussions concernant les ZFE et faisons valoir nos métiers et nos impératifs, explique Bertrand Converso, président de la Fédération BTP Isère. Il faut qu’on puisse avoir une offre concrète des constructeurs et des opérateurs de distribution d’énergies. Malgré l’annonce de la fin des moteurs thermiques en Europe en 2035, nous sommes dans un monde à deux vitesses. Les constructeurs avancent à la leur, et nous avons tendance à courir derrière. » Engins de chantiers, camions avec grues… « les nouveaux modes de carburations tels que le gaz et l’électrique n’ont pas encore suffisamment de recul sur ce type de véhicules et même pas d’offre pour certains », alerte-t-il.

Un investissement important dans une période où les trésoreries souffrent

Si la question de l’offre et de l’autonomie inquiète les entreprises, le coût est également un frein clairement identifié dans une période économique compliquée. En effet, les véhicules dits « propres » coûtent « 15 à 20 % plus chers que les véhicules diesel ou essence actuels », rappelle la FFB. De plus, se pose également la question de l’énergie. « J’aime à rappeler que l’an dernier, on payait le gaz 0,80 € le kilo, alors qu’aujourd’hui le prix affiché est de 2,20  », précise Bertrand Converso. Si des aides financières à l’achat sont aujourd’hui proposées par les métropoles de Grenoble et de Lyon ainsi que par la région Auvergne-Rhône-Alpes, « elles ne sont pas suffisantes au regard des investissements », estime de son côté Olivier Aubert, président de la commission environnement & innovation de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes. Et de poursuivre : « Nous sommes dans une période où les trésoreries souffrent, du fait de la crise des matériaux et de l’énergie. Cet effort supplémentaire n’est pas tenable aujourd’hui pour les entreprises et artisans. Tout va se jouer dans l’accompagnement. Il est aussi essentiel que le développement des infrastructures s’accélère dans les territoires. »

Un impact de la mobilité sur l’organisation

Pour finir, les Fédérations du bâtiment insistent sur le fait que le passage aux motorisations alternatives n’est pas neutre. Il impacte aussi largement l'organisation des entreprises et des chantiers. « Autonomie, temps de ravitaillement… le modèle d’organisation du travail et du chantier sera amené à être repensé, souligne Éric Bouvard, président de la section Équipement technique à BTP Rhône & Métropole. Face à ces difficultés et pour s’adapter au mieux à ces changements majeurs, les entreprises ont besoin de temps et d’accompagnement : dérogations, élargissement et hausse des aides financières… », conclut-il.

*Source : Observatoire des métiers du BTP.

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