L’Union européenne a-t-elle réellement anticipé la réglementation CAFE de réduction des émissions de CO2 ?

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À l’instar de la France, on peut légitimement se demander si les autres pays européens ont réellement anticipé cette règlementation qui devrait engendrer un ralentissement des ventes de véhicules en Europe. 2020 est l’année de tous les dangers pour les constructeurs automobiles.

© Commission européenne.
© Commission européenne.

La question mérite d’être posée à la lecture du bilan des immatriculations des voitures particulières dans l’Union européenne en janvier dernier. Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), 956 779 véhicules ont été immatriculés durant le premier mois de l’année, soit un repli de 7,5 % par rapport à la même période en 2019.

En cause : la réglementation européenne CAFE (Corporate Average Fuel Economy) de réduction des émissions de CO2, qui oblige les constructeurs à respecter depuis le mois de janvier une moyenne de 95 grammes de rejet de CO2/km sous peine de devoir régler l’année suivante des amendes pouvant se chiffrer à plusieurs milliards d’euros.

La course aux volumes : c’est terminé

Pour les constructeurs, l’équation est simple. La course aux volumes est bel et bien terminée. Pour respecter cette nouvelle règle qui est, rappelons-le, la plus drastique au monde, il leur faut commercialiser des véhicules électrifiés et éviter à tout prix de vendre de gros volumes de petits véhicules essence sous peine de voir leur taux de CO2 dépasser les normes annuelles imposées. Depuis le 1er janvier dernier, nous sommes ainsi passés de la classique course aux volumes à des ventes en fonction de l’énergie. La priorité est donnée aux véhicules électrifiés juste devant le diesel qui rejette 30 % de CO2 de moins que l’essence. Une motorisation essence qui devrait mécaniquement fortement diminuer en Europe au cours de cette année. Et c’est tout le paradoxe de cette réglementation quand des villes européennes défendent au contraire l’essence en interdisant le diesel...

Une communication a minima autour de la réglementation CAFE

Dans l’Hexagone, les pouvoirs publics n’ont jamais communiqué sur cette nouvelle règle, préférant se concentrer sur l’instauration d’un nouveau malus plus lourd et dépendant de l’homologation WLTP. À l’instar de la France, on peut légitimement se demander si les autres pays européens ont réellement anticipé cette réglementation qui devrait engendrer un ralentissement des ventes de véhicules en Europe en 2020. Il faut l’espérer sinon l’atterrissage économique risque d’être assez brutal. Rappelons enfin que seul Carlos Tavares, président de l’ACEA jusqu’à l’an passé, et quelques patrons automobiles ont averti à plusieurs reprises, dans le vide semble-t-il, sur les dangers d’une telle réglementation pour l’automobile européenne.

Mots clefs associés à cet article : CO2, CAFE

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