
Créé en 1986 pour mieux mesurer le marché de l’après-vente automobile, le GiPA célèbre ses 40 ans au moment où son activité prend une nouvelle dimension. Désormais intégré au groupe Infopro Digital, l’observatoire entend combiner ses études historiques avec de nouvelles sources de données, davantage de prévisions et des outils d’aide à la décision.
Quarante ans d'observation de l'après-vente, mais le regard résolument tourné vers les prochaines années. C'est le message qu'a voulu faire passer le GiPA à l'occasion de son anniversaire. « Nous ne sommes pas ici pour parler du passé, même si nous allons un peu le faire. Nous sommes ici pour parler du futur », a lancé Almudena Benedito, CEO du GiPA, en ouverture de la célébration.
Le moment est particulier pour l'organisme. Depuis septembre 2025, le groupe auquel appartient le GiPA a rejoint Infopro Digital. Un rapprochement qui doit notamment lui permettre de croiser ses propres études de marché avec l'écosystème de données automobiles déjà détenu par son nouvel actionnaire.
L'histoire débute en 1986 avec Jean-Jacques Delage, fondateur du GiPA. Son idée est alors de mieux éclairer le marché indépendant de l'après-vente à partir de données recueillies directement auprès de ceux qui le font vivre : automobilistes, réparateurs et distributeurs. Une approche qui donnera notamment naissance aux études annuelles aujourd'hui regroupées sous l'appellation Aftermarket Trends Observatory.
« Elles ont beaucoup évolué, mais restent fidèles à leur objectif initial : comprendre et expliquer les tendances du marché pour éclairer nos clients », résume Almudena Benedito.
Le périmètre a, lui, considérablement changé. Né en France, le GiPA couvre désormais près de 40 marchés dans le monde. Les États-Unis et l'Inde comptent parmi ses implantations les plus récentes. En parallèle, son champ d'observation s'est étendu de la voiture particulière au véhicule industriel, aux deux-roues et, plus largement, aux nouvelles formes de mobilité.
Cette internationalisation répond à l'une des évolutions majeures du métier : il ne suffit plus de mesurer ce qui vient de se produire. Les entreprises de l'après-vente cherchent de plus en plus à savoir ce qui les attend.
« Nos clients nous disaient : c'est bien de nous dire ce qui se passe, mais c'est encore mieux si vous pouvez prévoir », explique la CEO. Le GiPA a donc progressivement développé des outils de prévision en complément de ses observatoires. Pour Almudena Benedito, cette capacité devient d'autant plus importante que les marchés automobiles évoluent rapidement : sans visibilité sur leur direction, les acteurs ont davantage de difficultés à arrêter leurs décisions.
Infopro veut croiser volumes et prix
L'intégration à Infopro Digital doit accélérer cette évolution. Le groupe, présent dans 21 pays, compte environ 4 000 salariés et réalise quelque 700 millions d'euros de chiffre d'affaires. L'automobile représente environ 30 % de son activité. Christophe Czajka insiste surtout sur le dénominateur commun entre ses différentes activités : « La majeure partie de notre métier tourne autour de la data. »
Dans l'automobile, Infopro Digital dispose déjà de plusieurs marques et bases d'information couvrant différents maillons du secteur. Le rapprochement avec le groupe auquel appartient le GiPA répond, selon son président exécutif, à trois logiques : élargir la couverture géographique du groupe, enrichir les données disponibles et combiner des informations jusque-là observées séparément.
Christophe Czajka résume cette complémentarité par une distinction entre volumes et prix. Infopro disposait, selon lui, d'une connaissance poussée des volumes de marché, tandis que le nouvel ensemble apporte une connaissance plus fine des prix. « Lorsque vous mettez ensemble les volumes et les prix, vous changez la donne, car vous pouvez commencer à voir ce qui se passe sur les parts de marché et la manière dont le marché évolue. »
Pour le GiPA, l'intérêt est notamment de compléter les données issues de ses enquêtes par des informations provenant directement de l'activité des ateliers : prix, dépenses ou encore volumes d'opérations. « Nous combinons désormais les données avec les insights », souligne Almudena Benedito.
Cette accumulation de données ne constitue toutefois pas une fin en soi. Christophe Czajka fixe deux objectifs. Le premier consiste à aider les entreprises à mieux exploiter les informations dont elles disposent déjà, en les rendant compréhensibles et utilisables dans un environnement sécurisé et conforme. Le second va plus loin : fournir des outils permettant de prendre des décisions et non plus seulement de disposer d'indicateurs.
« C'est le point essentiel pour le GiPA : faire évoluer l'entreprise vers une approche davantage guidée par la recommandation », explique le président exécutif d'Infopro Digital.
L'intelligence artificielle doit participer à ce changement d'échelle. Infopro Digital l'utilise notamment pour accélérer le traitement et l'analyse de volumes croissants de données. L'enjeu affiché reste néanmoins de conserver l'expertise humaine nécessaire à l'interprétation des résultats. Christophe Czajka insiste d'ailleurs sur un autre principe : la multiplication des données ne doit pas éloigner le GiPA du terrain. « Le cœur du GiPA n'est pas tant de parler que de vous écouter. » Et d'insister : « Écouter, écouter, écouter. C'est de cette manière que nous développons des analyses qui, je l'espère, vous sont utiles. » Les témoignages diffusés à l'occasion de cet anniversaire montrent justement que les utilisateurs du GiPA attendent moins une accumulation de chiffres qu'une capacité à les transformer en lecture opérationnelle du marché.
Le GiPA aborde ainsi sa cinquième décennie dans une configuration très différente de celle de ses débuts. Selon Almudena Benedito, son chiffre d'affaires a progressé de 23 % au cours des quatre dernières années et son « cash EBIT » de 85 %. La dirigeante y voit notamment le reflet d'un besoin croissant de données et d'analyses dans un secteur automobile soumis à des changements rapides. Après avoir bâti sa réputation sur la photographie de l'après-vente, le GiPA veut donc davantage participer à la lecture de ses évolutions futures.





