
Les constructeurs chinois font de la vitesse de recharge des véhicules électriques un argument de compétitivité, mais sans borne ni réseau adaptés, cette avancée reste théorique.
© Geely
Si les constructeurs européens ont réduit en partie, l’écart technologique avec les marques chinoises sur les véhicules zéro émission, la quête de l’autonomie se déplace à présent vers les systèmes de recharge ultra-rapides. Ces solutions haute tension, promettant des recharges complètes en moins de neuf minutes. Pour l’heure, la démocratisation concerne l’architecture 800 Volts.
Les systèmes de recharge ultra-rapides, seront-ils le nouveau terrain de bataille des voitures électriques ? Alors que les principaux freins à l’achat d’un véhicule zéro émission reste le coût, le temps de charge et l’autonomie, les constructeurs repoussent les limites technologiques. « La recharge ultra-rapide est en train de changer de statut, remarquent les analystes. Elle devient un enjeu stratégique de compétitivité, au même titre que la batterie, le logiciel ou l’efficience énergétique. »
Ce phénomène est particulièrement marqué en Chine, où les constructeurs ne cherchent plus seulement à augmenter l’autonomie, mais à rapprocher le temps de recharge de celui d’un plein d’essence.
Geely et BYD en pionniers
Ainsi, Geely a présenté fin septembre, une architecture haute tension capable d’atteindre 2 250 kW, autorisant une recharge de 10 % à 70 % en 4 min 30. Le groupe partenaire de Renault, associe l’architecture 800 Volts au refroidissement liquide généralisé, et à l’intelligence artificielle pour anticiper les hausses de température (batterie, câble et prise). Le constructeur a testé cette technologie sur deux modèles : le Lynk & Co 10 et le Zeekr 001.
Rappelons que BYD table sur la technologie Flash Charging 2.0, associée à la seconde génération de batterie Blade, pour atteindre jusqu’à 1 500 kW, soit une recharge de 10 à 97 % en neuf minutes. Le système équipe notamment la Denza Z9GT (la marque haut de gamme du constructeur) qui sera exposée au prochain Mondial de l’Automobile de Paris.
Vers une démocratisation du 800 Volts
Mais fournir une telle puissance impose de maîtriser la batterie, son refroidissement, l’électronique de puissance, le logiciel, et surtout le réseau électrique. BYD contourne ces contraintes, en associant ses bornes à du stockage stationnaire. Ce dispositif étant capable d’accumuler l’électricité, puis de la restituer en un temps record.
En Europe, Porsche avait ouvert la voie au système 800 Volts avec le Taycan dès 2019. Dans son sillage, Hyundai (sur les Ioniq 5 et 9) grâce à la plateforme E-GMP annonçait des temps de recharge d’environ 18 minutes de 10 à 80 %, tout comme Kia avec l’EV6. Depuis, l’approche a fait école du côté d’Audi avec l’e-tron GT, de BMW sur l’iX3 ou encore de Mercedes et de Volvo. Mais le coût des composants, limitent encore la démocratisation de cette technologie.
Les limites des infrastructures de recharge
Ces innovations se heurtent également, au réseau de recharge dont la puissance reste en majorité inférieure à 150 kW, malgré près de 5000 bornes de 350 kW (soit 3% du parc) compatibles avec les systèmes 800 Volts. Par ailleurs, cette architecture haute tension seule, ne garantit pas la vitesse de recharge.
Sur le plan technique, celle-ci repose en effet sur le maintien de la puissance qui tend à ralentir avec la température du câble de recharge, de la prise, ou du seuil de recharge de la batterie. Mais aussi des capacités réelles de la borne électrique. A terme, la durée de vie des batteries rechargées en mode ultra-rapide, interroge aussi.





