
Après l'Europe, Chery veut s'attaquer aux Etats-Unis.
© Groupe Chery
Premier exportateur automobile chinois, Chery ne cache plus ses ambitions nord-américaines. Alors que les barrières douanières et réglementaires lui ferment pratiquement le marché américain, le groupe envisage des partenariats technologiques avec les constructeurs locaux. Une stratégie qui pourrait lui permettre de contourner certains obstacles à son implantation, tandis qu'une première commercialisation se prépare au Canada dès 2027.
Le constructeur chinois Chery cherche une voie d'accès au marché automobile américain. Dans un entretien accordé à Reuters le 21 octobre, Charlie Zhang, vice-président du groupe, a confirmé que le constructeur étudiait plusieurs possibilités pour développer ses activités aux États-Unis, notamment à travers des partenariats avec les industriels américains.
« Nous sommes très ouverts à différentes options, y compris à un éventuel partenariat avec des constructeurs américains », a déclaré le dirigeant lors de cet entretien réalisé au siège de Chery, à Wuhu, dans l'est de la Chine.
Cette ouverture témoigne de l'évolution des ambitions du constructeur. Déjà solidement engagé dans son développement international, notamment en Europe avec ses marques Omoda et Jaecoo, Chery souhaite désormais s'attaquer à l'Amérique du Nord, l'un des derniers grands marchés automobiles où les constructeurs chinois restent pratiquement absents.
Une solution technologique pour contourner les obstacles américains
L'accès au marché américain demeure particulièrement compliqué pour les constructeurs chinois. Les véhicules importés de Chine sont soumis à des droits de douane pouvant dépasser 100 %, tandis que les restrictions américaines sur les technologies embarquées et la collecte de données constituent un obstacle supplémentaire.
Chery estime néanmoins disposer des compétences nécessaires pour adapter ses produits à ces contraintes. Charlie Zhang assure ainsi que son groupe serait techniquement capable de développer un véhicule ne reposant ni sur des composants électroniques chinois ni sur des logiciels d'origine chinoise.
« D'un point de vue technique, nous serons certainement capables de trouver une solution sans matériel ni logiciel chinois », a-t-il expliqué à Reuters. Cette possibilité pourrait ouvrir la voie à différentes formes de coopération avec les constructeurs américains, qu'il s'agisse du partage de technologies, du développement de véhicules ou de partenariats industriels. Le dirigeant n'a toutefois précisé ni la nature des accords envisagés ni l'identité d'éventuels partenaires. À ce stade, aucun accord n'a été annoncé. La capacité de Chery à adapter ses technologies ne garantit pas non plus que les futurs véhicules répondraient automatiquement à l'ensemble des exigences réglementaires américaines.
Le Canada comme première étape dès 2027
En parallèle, Chery prépare une implantation commerciale au Canada. Charlie Zhang a confirmé qu'une marque du groupe devrait y être lancée au début de l'année 2027, sans préciser laquelle.
Le constructeur avait déjà engagé des démarches auprès des distributeurs canadiens au début de l'année. Cette offensive intervient dans un contexte commercial plus favorable, Ottawa ayant accepté d'autoriser l'importation d'un contingent annuel de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, soumis à un droit de douane préférentiel de 6,1 %. Cette ouverture attire plusieurs constructeurs chinois, notamment BYD et Geely, également intéressés par le marché canadien. Pour Chery, le Canada pourrait constituer une première étape dans sa stratégie nord-américaine. Les deux marchés présentent de nombreuses similitudes en matière de réglementation automobile, de distribution et d'attentes des consommateurs. Il ne s'agit toutefois pas d'un accès automatique aux États-Unis, dont les restrictions commerciales et technologiques restent distinctes.
Une nouvelle étape dans l'expansion mondiale de Chery
Fondé en 1999, Chery s'est progressivement imposé comme le premier exportateur automobile chinois. Le groupe a considérablement élargi son portefeuille de marques et accéléré son implantation internationale, notamment en Europe. Son ambition dépasse désormais la seule conquête de parts de marché grâce à des véhicules compétitifs.
Charlie Zhang explique que Chery souhaite se rapprocher des standards de qualité associés à Toyota tout en développant une capacité d'innovation comparable à celle de Tesla. La perspective de partenariats avec les constructeurs américains traduit cette nouvelle dimension. À défaut de pouvoir commercialiser librement ses véhicules aux États-Unis, Chery pourrait chercher à y faire entrer ses technologies par l'intermédiaire d'acteurs déjà implantés.





