
De la mécanique à la carrosserie, en passant par la peinture, le pneumatique ou les interventions sur véhicules électrifiés, les métiers de la réparation automobile exposent les mains à des risques très différents. Autant de situations qui imposent des gants aux caractéristiques spécifiques, choisis en fonction de chaque opération.
© Mewa
Entre les interventions mécaniques, la manipulation de pièces, l’utilisation d’outils ou encore le contact avec certains produits chimiques, les mains figurent parmi les parties du corps particulièrement exposées aux risques professionnels. Coupures, écrasements, brûlures et contacts avec des substances dangereuses nécessitent des protections adaptées. Mais le choix d’un gant ne peut pas se résumer à son épaisseur ou à sa robustesse apparente.
Il n’existe pas, en pratique, de gant universel capable de répondre avec le même niveau d’efficacité à l'ensemble des risques rencontrés, notamment dans la réparation automobile. Le choix doit donc être effectué en fonction de la tâche réalisée, de la nature du danger et du niveau de protection recherché. Les matériaux utilisés constituent également un critère déterminant.
Le spécialiste du textile industriel Mewa insiste par ailleurs sur un paramètre parfois relégué au second plan : le confort. Un gant performant sur le papier perd une grande partie de son intérêt s’il est régulièrement retiré par son utilisateur parce qu’il gêne ses mouvements. Une taille incorrecte, une matière trop rigide ou des coutures inconfortables peuvent ainsi conduire à un port irrégulier de l’équipement. « Les gants de protection ne remplissent leur fonction que s’ils sont portés en permanence », souligne Boris Bachschijan, chef de produit chez Mewa.
Lire les marquages avant de choisir
Au-delà de l’usage auquel ils sont destinés, les gants doivent être sélectionnés en tenant compte de leur certification et de leurs niveaux de performance. Les EPI sont classés en trois catégories selon l’importance du risque couvert. Pour les catégories II et III, des pictogrammes, les normes d’essai applicables et les performances atteintes permettent d’identifier les protections offertes par le produit. Tous les gants de protection doivent par ailleurs porter le marquage CE. Pour un atelier, ces indications permettent notamment de distinguer plus facilement les équipements destinés à répondre à des contraintes différentes. La démarche consiste donc moins à rechercher un gant polyvalent qu'à constituer une protection cohérente avec les opérations réellement effectuées par les techniciens.
Le confort joue aussi sur le coût d’usage
La question économique ne se limite pas non plus au prix d’achat. Selon le spécialiste allemand, la qualité des matériaux, la fabrication, l’ergonomie et l’adéquation du gant à son utilisation influencent directement sa durée de vie. Un équipement plus durable peut ainsi limiter la fréquence de renouvellement et réduire son coût d’usage. La dimension environnementale commence également à gagner le secteur, avec le développement de matériaux recyclés et de nouveaux procédés de fabrication. Le réemploi reste toutefois complexe pour ce type d'EPI : Mewa souligne notamment la difficulté de mettre au point un lavage industriel - même si l'entreprise maitrise parfaitement le process - garantissant le maintien des caractéristiques de protection du gant.
Vers des gants plus polyvalents et connectés
Les évolutions technologiques pourraient enfin faire progresser les performances de ces équipements. Nouveaux matériaux, fils techniques et revêtements spécifiques permettent déjà de combiner davantage de propriétés tout en améliorant l’ergonomie. À plus long terme, l’intégration de capteurs ou d’interfaces numériques pourrait donner naissance à des gants capables de détecter certains risques ou de renseigner l’utilisateur sur l’état de leurs fonctions de protection. Une évolution encore prospective, mais qui illustre la technicité croissante d’un EPI particulièrement courant dans les ateliers.





