
Continental mise sur les pneus UHP (18 pouces et plus) pour confirmer sa place de manufacturier premium.
© Décision Atelier / JLG
Le circuit Parcmotor Castellolí, en Catalogne, a été pendant plusieurs semaines le théâtre d’une démonstration de force de Continental. Le manufacturier allemand y a réuni essayeurs, techniciens, journalistes et autres clients pour démontrer les performances de ses pneus toutes saisons, sport et tout-chemin.
Le calme avant la tempête. Mi-septembre, au circuit Parcmotor Castellolí, dans les collines catalanes en périphérie de Barcelone (Espagne), Continental réunit une fois encore ses techniciens, des essayeurs spécialisés, des clients et quelques journalistes pour une journée dédiée aux tests de sa gamme de pneus ultra haute performance (UHP). Ces gommes, caractérisées par une dimension de 18 pouces ou plus, sont au cœur de la stratégie du manufacturier allemand, bien conscient qu’elles sont amenées à se généraliser à mesure que les véhicules grossissent et s’électrifient. Le Parcmotor Castellolí se niche au milieu de rien, sous un soleil de plomb alors qu’une alerte rouge aux crues soudaines a été déclenchée par les autorités locales. Pourtant, jusqu’à 16h30 et l’apparition des premiers nuages noirs, rien ne laissait présager une quelconque tempête.
Toutes saisons et pneus sport UHP
Le temps était alors parfaitement adapté aux essais routiers, d’autant plus qu’il n’y a pas de retard à prendre : l’évènement doit se répéter plusieurs jours, sur plusieurs semaines. Continental a vu les choses en grand, avec différents ateliers vantant chacun les mérites d’un pneu maison face à l’un de ses concurrents. Si ces derniers ne sont jamais explicitement nommés – nos interlocuteurs préférant parler de « autres très bons pneus UHP » –, il suffit de regarder leur flanc pour les identifier. La première comparaison oppose, sur une berline électrique BMW i4 dDrive 40, les Continental Continental AllSeasonContact 2 aux Vredestein Quatrac Pro, en 245/45 R18. Le but est de réaliser un freinage d’urgence – avec une mesure enregistrée de 65 à 0 km/h – sur un asphalte mouillé en quasi-continu. Le conducteur expérimenté remarque bien une réaction différente à la pédale, confirmée par un freinage plus court.
L’autre exercice se passe enfin sur le tracé de 4,1 kilomètres du Parcmotor Castellolí. Exigeant, avec du dénivelé positif et négatif, le circuit nécessite d’être appréhendé. Continental propose donc de suivre le rythme et les trajectoires de deux techniciens. À bord de différentes BMW 230i, nous pouvons comparer tour à tour les SportContact 7 et les Hankook Ventus Z Evo. Si la réaction au freinage est assez similaire entre les deux montures, leur comportement évolue considérablement dans les courbes. Les Continental se montrent plus incisifs et permettent davantage d’angle au coupé bavarois. En revanche, les deux pneus encaissent de manière similaire les 245 chevaux de la BMW, qui manquerait presque de puissance sur le circuit catalan.
718 GT4 et GR Yaris pour tester les SportContact7
Pour réellement mettre à l’épreuve les SportContact 7, nous décidons de prendre le volant de la tumultueuse Toyota GR Yaris. Ici en boîte automatique, la petite japonaise à transmission intégrale est la parfaite alliée pour pousser le pneu sport de Continental dans ses derniers retranchements. Avec son embrayage multidisque, elle gère parfaitement la répartition des 280 chevaux. Les 200 km/h sont très facilement atteints en bout de ligne droite, et il ne reste alors plus qu’à taper dans les freins avant d’entamer les virages assez traitres du Castellolí. Les SportContact 7 ne bronchent pas, et les tours se succèdent sans inquiétude. Les gommes sont rassurantes, la GR Yaris est joueuse et tout le monde y trouve son compte. La direction est précise, les pneus ne crissent pas même lorsqu’ils seraient en droit de le faire. C’est rassurant, et on a envie de prendre chaque virage plus fort que le précédent.
Comme l’a expliqué à Décision Atelier Edwin Goudswaard, le responsable de la recherche et du développement, « le SportContact 7 est un produit dont Continental est très fier. » Pour en venir à bout, un pilote professionnel les a installés sur sa Porsche 718 Cayman GT4 RS Clubsport de compétition. Il est parvenu à faire 170 tours du Castellolí avant de les lisser entièrement, soit 700 kilomètres de pilotage intensif. Un résultat assez admirable puisqu’on ne parle pas d’un pneu semi-slick, mais bien d’une gomme homologuée pour la route. Continental l’a d’ailleurs déclinée en SportContact 7 Force pour la très rare Brabus Bodo et son V12 5,2 litres de 1 000 chevaux. C’est la première fois que le manufacturier produit un pneu exclusif pour le préparateur allemand, qui collabore avec Continental depuis plus de vingt ans.
Brabus et pneus tout-terrain
« Le SportContact 7 Force est homologué jusqu’à 370 km/h alors que la Bodo a une vitesse maximale de 360 km/h, on a donc encore du boulot devant nous pour atteindre les limites du pneu », ironise sur place le directeur technique de Brabus, Jörn Gander, qui avait fait le déplacement en Catalogne avec l’un des 77 exemplaires de la supercar basée sur l’Aston Martin Vanquish. S’il n’était pas question de prendre le volant de cette voiture dont le prix, confidentiel, dépasse le million d’euros, il était néanmoins possible de sortir du circuit pour découvrir le tracé artificiel dédié au tout-terrain. Sur place nous attendaient plusieurs Ineos Grenadier, modèle déjà essayé par Auto Infos. Cette fois, ce ne sont pas des BFGoodrich All-Terrain T/A qui l’équipent mais les Continental CrossContact H/T ; des pneus adaptés à un usage varié, 80 % route, 20 % hors piste.
Les tests effectués sur le sable, parfois sur des pentes de 23°, ont révélé que les ContiCrossContact H/T sont assez impressionnants. Le système de gestion électronique de la traction du Grenadier a certainement aidé, mais les Continental s’en sortent bien pour des 80/20. Heureusement que la tempête annoncée n’est arrivée que dans la soirée, car nous n’aurions certainement pas eu le même résultat avec un terrain mouillé. Dans pareille situation, le manufacturier aurait alors conseillé les ContiCrossContact AT, plus adaptés à un usage véritablement mixte entre la route et les chemins escarpés. Continental donne indirectement l’impression de délaisser le marché des petits pneumatiques, qui se tourne de plus en plus vers l’offre Budget des MDD et autres fabricants asiatiques. Un choix compréhensible, à mesure que les dimensions UHP gagnent le parc roulant.








