Exposé à la fronde, Volkswagen s’oriente vers un compromis pour éviter la paralysie

Exposé à la fronde, Volkswagen s’oriente vers un compromis pour éviter la paralysie

Face à une gouvernance verrouillée, aux pressions politiques de Basse-Saxe, et aux contre-propositions syndicales, Volkswagen ne peut plus imposer unilatéralement son plan de relance.

© Volkswagen AG

Condamné à une restructuration d’ampleur suite à la chute de ses ventes en Chine, le premier constructeur européen se heurte à l’opposition du terrain. A l’issue des assemblées d’entreprise, la direction se retrouve prise en étau entre une exigence de rentabilité et un rapport de force institutionnel défavorable. Le conseil de surveillance attendu en fin de semaine, devra trancher.

Destiné à relancer le constructeur, la méthode radicale avancée par le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, avait connu un premier revers au cours de l’été. Son plan initial portant notamment sur 100 000 suppressions d’emplois, ayant été rejetée par douze voix contre sept.

Depuis, la tenue des neuf assemblées d’entreprise dont la dernière était organisée hier à Hanovre, a confirmé la rupture entre la direction et les représentants du personnel, du syndicat IG Metall et du Land de Basse-Saxe. Le principal reproche porte moins sur le principe d’une restructuration, que sur l’absence de visibilité.

La « loi Volkswagen » défavorable à Blume

À trois jours d’un conseil de surveillance décisif, la presse économique internationale converge vers un même constat : Volkswagen n’a plus le choix. « La direction se retrouve prise en étau entre l’exigence de rentabilité, et un rapport de force institutionnel qui lui est structurellement défavorable. »

Rappelons que la gouvernance de Volkswagen accorde aux représentants syndicaux et au Land de Basse-Saxe une majorité combinée au sein du conseil de surveillance. Cette organisation est héritée de la « loi Volkswagen ». Celle-ci repose sur une minorité de blocage de 20% (équivalent aux droits de vote du Land de Basse-Saxe) et un droit de veto des représentants du personnel face aux restructurations industrielles. De fait, elle rend tout passage en force impossible.

Vers une restructuration négociée, pas imposée

Dès lors, la recherche d’un compromis devrait porter sur l’ampleur des suppressions d’emplois, et l’avenir des usines menacées (Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm). Ainsi, Olaf Lies, ministre-président de Basse-Saxe a évoqué la pression pesant sur toutes les parties pour parvenir à un accord dans les prochains jours, tout en rappelant que Volkswagen a toujours conjugué rigueur économique et responsabilité sociale, sous-entendu : la restructuration devra être négociée, pas imposée.

Alors que les responsables syndicaux et du comité d’entreprise excluent les licenciements et les fermetures d’usines, les salariés ont qualifié la communication du constructeur « désastreuse » lors d’une enquête interne, signe d’une défiance qui dépasse le seul volet industriel.

Le compromis, la seule issue possible

Le compromis ne serait d’ailleurs plus une hypothèse, mais un processus déjà engagé. Reuters évoquant deux propositions alternatives au plan Blume, déposées avant la réunion du conseil de surveillance prévue le 4 septembre.

Les termes probables d’un futur accord se dessinent déjà dans l’analyse de plusieurs économistes. Ils reposeraient sur une modération salariale et un temps de travail annualisé, contre une garantie sur les emplois restants. Selon les observateurs, le compromis n’est d’ailleurs plus une option parmi d’autres : elle est la seule issue institutionnellement possible.

Nous vous recommandons

Smart GO : le pari de Dainese pour démocratiser l’airbag moto

Smart GO : le pari de Dainese pour démocratiser l’airbag moto

Avec le Smart GO, Dainese entend lever plusieurs freins à l’adoption de l’airbag moto. Ce nouveau gilet électronique de 780 grammes mise sur la simplicité d’utilisation, une alimentation sans recharge dédiée et un prix de 349...

Jean-Marc Autheman (Duell TecnoGlobe) : « L’objectif est de redynamiser l'entreprise, de la restructurer et de la remettre à sa place dans le marché »

Jean-Marc Autheman (Duell TecnoGlobe) : « L’objectif est de redynamiser l'entreprise, de la restructurer et de la remettre à sa place dans le marché »

Julien Bessière (Skoda) : « La motorisation hybride arrive bientôt dans la gamme Skoda France »

Interview

Julien Bessière (Skoda) : « La motorisation hybride arrive bientôt dans la gamme Skoda France »

GAC France installe son siège à Boulogne-Billancourt près de Paris

GAC France installe son siège à Boulogne-Billancourt près de Paris

Plus d'articles