L’avenir de Renault au Brésil passe par… le Chinois Geely avec trois nouveaux véhicules de technologie chinoise

Alain-Gabriel Verdevoye

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L’avenir de Renault au Brésil passe par… le Chinois Geely avec trois nouveaux véhicules de technologie chinoise

Renault et Geely investissent ensemble au Brésil.

Renault Geely do Brasil annonce 319 millions d’investissements supplémentaires au Brésil. La co-entreprise  lance en production deux modèles Geely et annonce une Renault électrifiée pour 2027… sur base chinoise. Avec des modèles importés de Chine aujourd’hui, Geely est déjà le 14ème constructeur au Brésil avec 33 100 véhicules sur huit mois. 

 

Renault annonce 319 millions d’euros supplémentaires au Brésil avec le Chinois Geely. Ce qui porte la dépense totale de la co-entreprise Renault-Geely à 900 millions entre 2025 et 2027. Cet investissement comprend l’annonce d’une mise en production l’an prochain d'un nouveau véhicule Renault électrifié…. sur la plateforme GEA (Global Intelligent Electric Architecture), développée par la firme chinoise !

Ce modèle sera un frère du SUV hybride rechargeable compact Geely EX5 EM-i, dont la fabrication démarre actuellement sur le site Ayrton Senna de Curitiba (Etat du Parana). Aujourd’hui importé de Chine au compte-gouttes, celui-ci s’est vendu à ce jour à un peu plus de 2 000 exemplaires au Brésil (1 340 sur le seul mois d’août), selon l’Association des concessionnaires brésiliens Fenabre. Un début modeste, vu un prix de vente (32 000 euros)  élevé pour le marché local.

Une petit modèle-clé

Pour Geely, le plus important n’est pas là. En attendant le véhicule Renault et après le EX5 EM-i, le site de Curitiba va surtout mettre en production la Geely EX2 en décembre 2026 ! Un modèle clé, équivalent d’une Renault Clio par la taille et qui se targue d’être carrément le véhicule plus vendu… sur le marché chinois (465 775 unités en 2025 d’après Geely).

Egalement importé de Chine en attendant une production chez Renault, ce véhicule est  proposé au Brésil à partir de 123 800 Reais (20 900 euros). Un tarif plus au diapason du marché local que le SUV. Son succès est réel, puisque cet EX2  vient de dépasser les 35 000 ventes sur place au cumul en un an. C’est même le 22ème modèle le plus immatriculé au Brésil sur huit mois, le 11ème pour le seul mois d’août (5 800 unités), d’après les chiffres de la Fenabre. Il dépasse même la Renault Kwid (4 300), la voiture la plus vendue au Brésil de la firme au losange.

Geely quatorzième au Brésil

Renault est la septième marque au Brésil sur huit mois (84 500 unités y compris les utilitaires légers, 4,5% du marché), loin derrière Fiat (19,5% de part de marché), Volkswagen (16,3%), Chevrolet (GM, 10,5%), BYD (7,8%), Hyundai (6,7%), Toyota (5,7%). Mais, en quelques mois, Geely se hisse déjà à la quatorzième place (33 100 véhicules, 1,75%). Pas mal pour un constructeur qui ne produisait jusqu’ici rien au Brésil.

Une usine de 5 100 personnes

Renault a donc fait rentrer Geely dans l’usine qu’il avait inaugurée en 1998. En novembre 2025, le groupe de Hangzhou avait en effet constitué avec le groupe français une co-entreprise, dont il détient 26,4% des parts. L’usine Renault de Curitiba emploie 5 100 personnes dans l’atelier des véhicules particulier comme dans celui consacré aux utilitaires, d’après les données fournies par le site.

L’usine a fabriqué l’an dernier 92 200 mini-Kwid, 38 900 petits SUV Kardian, 22 500 pick-ups Oroch - en cours de remplacement par le Niagara fabriqué en Argentine -, 18 200 Duster. Mais aussi 6 600 Boreal, équivalent du Dacia Bigster européen. Pour une production totale de 180 000 véhicules l’an dernier.

Le site aura fabriqué au cumul plus de 4,4 millions de véhicules depuis ses débuts à la fin de 2026. En fait, Renault n’a jamais réussi à saturer la production de l’usine Ayrton Senna. Il avait jadis complété ses volumes par des… Nissan. Mais, devant le refroidissement des relations avec le groupe japonais, ce n’est plus le cas actuellement.  Avec Geely, Renault compte enfin remplir le site. Mais non sans danger !

45% de Horse, 34% de Renault Corée

Le multimilliardaire chinois Li Shufu est devenu une personnalité clé… pour Renault ! Le fondateur et président d’honneur du groupe Geely poursuit en effet son entrisme en prenant des positions stratégiques au sein du constructeur tricolore. Depuis mai 2024, Geely est déjà partenaire à égalité (45%) de Renault dans Horse, co-entreprise qui regroupe toutes les activités mécaniques et transmissions des deux constructeurs (hors électriques). Soit dix-sept usines et 19 000 collaborateurs avec environ cinq millions de groupes motopropulseurs produits par an ! En outre, depuis 2022, Geely détient 34% des activités de Renault en Corée.

Geely est très puissant. Créé en 1997, il contrôle depuis 2010 le Suédois Volvo Cars, mais aussi les sociétés britanniques Lotus et LEVC, constructeur des taxis londoniens, ainsi que le groupe automobile national malaisien Proton. Fils de riziculteurs pauvres, enrichi par le commerce de pièces détachées de réfrigérateurs avant de produire sa première voiture en 1998, Li Shufu est aussi et surtout devenu actionnaire de référence du groupe Volvo (camions et matériel de BTP, société indépendante des automobiles Volvo) en 2017.

Capitalisation deux fois supérieure

Pas rassasié par cette opération majeure, l’homme qui a commencé sa carrière comme photographe ramasse tout de suite après, en février 2018, des actions Daimler (groupe Mercedes-Benz aujourd’hui) sans avertir personne. Il devient alors, à la surprise générale, rien de moins que le premier actionnaire du groupe allemand avec 9,7% du capital. Un coup à plus de sept milliards d’euros !

En 2019, Geely annonce en outre la création avec Mercedes d’une société commune à 50-50 pour fabriquer les mini-voitures Smart  du constructeur allemand en Chine. Geely Auto a écoulé plus de trois millions de véhicules l’an dernier. La capitalisation boursière de Geely (20 milliards d’euros), coté à la Bourse de Hong-Kong, est aujourd’hui deux fois plus importante que celle de Renault (8,7 milliards) !

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