
Face à la guerre des prix qui a érodé les marges, la Chine entend consolider son secteur automobile autour d’une douzaine de constructeurs.
© GAC
Confronté à des capacités de production excédentaires, le premier marché automobile mondial se lance dans une vaste opération de recentrage de ses marques. La fusion attendue entre Guangzhou Automobile Group Co et FAW Group Co, pourrait donner le coup d’envoi à une accélération des rapprochements, malgré les échecs passés.
Un électrochoc. En publiant son plan quinquennal le 11 septembre dernier, le ministère de l'Industrie Chinois a affirmé sa volonté de « strictement contrôler » l'octroi de nouvelles licences aux constructeurs de véhicules électriques, de pousser les fusions au-delà des frontières provinciales, et de supprimer les capacités de production jugées « obsolètes et inefficaces ».
Par ailleurs, ce plan ambitionne de faire émerger plusieurs constructeurs chinois parmi les dix premiers groupes mondiaux, contre un seul aujourd’hui avec BYD.
Une multiplication des marques devenue insoutenable
Rappelons que le marché automobile chinois compte une centaine de marques. Mais le contexte n’est plus à la fête. Les ventes domestiques ont reculé de 20 % sur un an, au premier semestre 2026. Dans ce contexte, plutôt que d'imposer des « mariages forcés » entre constructeurs concurrents adossés à des gouvernements locaux rivaux, Pékin cible désormais en priorité les coentreprises avec des marques étrangères, selon Reuters.
La multiplication des marques et des modèles, n’étant plus considérée comme soutenable. Selon le média économique chinois, Caixin, 542 nouveaux modèles ont été lancés au premier semestre.
Vers une fusion FAW et GAC
Pékin considère depuis plusieurs années déjà, que le paysage automobile est trop fragmenté. Ainsi, plus de 200 entreprises disposaient encore de licences de production en 2024. La Commission chinoise de supervision des actifs publics (SASAC), pousse donc à une meilleure utilisation des capacités de production, à la mutualisation des services de recherche et de développement, et à la constitution de groupes disposant d’une taille mondiale.
Le projet de rapprochement entre FAW et GAC, illustre cette nouvelle stratégie. Guangzhou Automobile Group Co. a annoncé son intention d'acquérir une participation de FAW Group Co. dans une coentreprise de fabrication automobile non précisée. Comme les deux groupes produisent des modèles Toyota en Chine, les analystes estiment que cette opération suggère une volonté de fusionner leurs activités respectives liées à la marque japonaise.
L’échec du mariage entre Changan-Dongfeng
Pour autant, l’échec du mariage entre Changan-Dongfeng en 2025, montre les limites de cette stratégie. Le projet de rapprochement entre les deux firmes publiques, pourtant encouragé par Pékin, s’est heurté aux questions de gouvernance, de suppressions de postes, de localisation du siège, et aux intérêts des gouvernements locaux.
A présent, l’État crée donc des conditions favorables aux consolidation, encourageant les restructurations des groupes publics, tout en laissant la concurrence éliminer les entreprises les plus fragiles.
Vers huit à douze constructeurs majeurs d’ici 2028
De fait, la stratégie chinoise semble évoluer d’une logique de « toujours plus de constructeurs », vers « moins d’acteurs, mais plus puissants ». Entre consolidations publiques et impératifs du marché, Geely avait pris l’initiative en regroupant ses activités. Rappelons que le groupe a fusionné ses marques Zeekr et Lynk & Co, et abandonné Ji Yue. Selon plusieurs analyses, seuls huit à douze constructeurs majeurs devraient survivre en Chine, d'ici 2028.





