
Le futur de Maserati se dessine entre la Chine et l'Italie.
© Antonin Moriscot / Auto Infos
Stellantis pourrait franchir une nouvelle étape dans ses partenariats avec les constructeurs chinois. Selon plusieurs médias, Maserati travaillerait avec Huawei et JAC Motors sur deux nouveaux modèles électriques, un grand coupé GT et un SUV. Leur fabrication pourrait être partagée entre la Chine et l’Italie : les structures de carrosserie seraient produites à Hefei, avant un assemblage final dans les usines italiennes du groupe. Une solution destinée à réduire les coûts de développement et à soutenir le redressement de la marque au trident.
Après Leapmotor et Dongfeng, Stellantis pourrait approfondir sa coopération industrielle avec la Chine, cette fois pour relancer Maserati. Le constructeur italien étudierait un partenariat avec Huawei et JAC Motors afin de développer deux nouveaux véhicules électriques, selon des informations du média chinois Auto Time.
Le projet porterait sur un grand coupé GT électrique et un SUV de taille moyenne à grande. Maserati privilégierait actuellement le lancement du coupé, qui viendrait renforcer son positionnement sur le segment des voitures de grand tourisme. Le SUV compléterait quant à lui la gamme aux côtés du Grecale Folgore.
Une fabrication partagée entre Hefei et les usines italiennes
L’élément le plus significatif de ce projet concerne son organisation industrielle. Selon les sources chinoises, Maserati envisagerait une production de type SKD (semi-knocked-down), avec une première phase de fabrication en Chine et une seconde en Italie.
Les structures de carrosserie seraient ainsi produites à Hefei, dans la province chinoise de l’Anhui, où JAC dispose notamment de capacités industrielles dédiées à sa marque haut de gamme Maextro. Les véhicules seraient ensuite transférés en Italie pour recevoir leurs aménagements intérieurs haut de gamme et faire l’objet des opérations finales de calibration.
Cette organisation permettrait de réduire les coûts industriels tout en maintenant une partie de la valeur ajoutée et de l’activité dans les installations italiennes de Maserati. Les sites de Cassino et de Modène sont notamment évoqués. Leur rôle précis dans ce dispositif reste néanmoins à définir.
Huawei pour la technologie, JAC pour l’ingénierie et la production
La répartition des responsabilités entre les partenaires commencerait également à se préciser. Huawei pourrait apporter ses technologies électroniques et numériques, tandis que JAC assurerait une partie de l’ingénierie et de la fabrication des véhicules. Maserati conserverait un rôle dans le design, le positionnement haut de gamme et la commercialisation sur les marchés internationaux.
Cette coopération pourrait notamment s’appuyer sur l’expérience acquise par Huawei et JAC avec Maextro, leur marque de luxe commune. Le premier modèle Maextro, la berline S800, a été lancé en Chine en 2025. Les informations publiées au printemps évoquaient déjà la possibilité de développer des véhicules commercialisés sous la marque Maextro en Chine et sous le badge Maserati à l’international. Les marchés du Moyen-Orient, de l’Italie, de la France et de l’Allemagne figureraient parmi les premières destinations envisagées pour les futurs modèles.
Maserati doit retrouver des volumes et de la rentabilité
Ce rapprochement potentiel intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la marque italienne. En 2025, Maserati a livré moins de 8 000 véhicules dans le monde et enregistré une perte opérationnelle ajustée de 198 millions d’euros. Ses volumes ont fortement reculé par rapport à leur sommet de 2017. La marque doit aujourd’hui renouveler son offre tout en maîtrisant ses investissements, dans un marché du luxe automobile lui-même confronté à une demande moins dynamique, notamment en Chine. Le recours à des partenaires disposant de technologies et de capacités industrielles déjà développées pourrait ainsi permettre à Maserati d’accélérer le lancement de nouveaux produits tout en limitant les dépenses nécessaires à leur conception.
Une stratégie qui pourrait être précisée en décembre
Pour Stellantis, ce projet s’inscrirait dans une stratégie plus large de coopération avec des partenaires chinois afin de partager les coûts de développement et de mieux utiliser ses capacités industrielles européennes. Le groupe travaille déjà avec Leapmotor et Dongfeng sur plusieurs projets de production et de développement. Un éventuel accord avec Huawei et JAC étendrait cette logique à l’univers du luxe automobile. Reste une question essentielle : quelle part de la fabrication des futures Maserati électriques serait réellement assurée en Italie ?





