
Avec plus de 2 000 références et une collecte annuelle dépassant 300 000 pièces usagées, Renault Group poursuit le développement de son offre après-vente issue de l’économie circulaire, désormais regroupée sous l’appellation renative.
Renault Group entend donner davantage de visibilité à ses activités d’économie circulaire dans l’après-vente. Sous l’appellation renative, le constructeur rassemble désormais ses différentes offres de pièces remanufacturées, de composants réparés, de batteries reconditionnées et de produits intégrant des matières recyclées.
Aujourd’hui, plus de 2 000 références entrent dans ce dispositif. Renault Group indique collecter chaque année plus de 300 000 pièces usagées auprès de ses réseaux afin d’alimenter ses différentes filières de réparation, de reconditionnement et de remanufacturing. L’objectif consiste à conserver autant que possible la valeur des composants existants plutôt que de les orienter directement vers le recyclage des matières premières.
Cette stratégie répond également à une logique économique. Selon les données communiquées par le constructeur, une pièce remanufacturée coûte en moyenne 30 % de moins que son équivalent neuf. Un différentiel susceptible de faciliter l’acceptation des devis de réparation, particulièrement pour les véhicules vieillissants dont la valeur résiduelle ne justifie pas toujours le remplacement par des pièces neuves d’origine.
Les véhicules électriques entrent dans le périmètre
L'une des principales évolutions concerne l'élargissement du catalogue aux nouvelles motorisations. Depuis septembre 2026, Renault propose de nouvelles références remanufacturées pour plusieurs véhicules électriques, notamment les Scenic E-Tech, Megane E-Tech et Master E-Tech. Cette extension concerne en particulier les motorisations électriques, tandis que l'offre continue de s'enrichir de nouveaux moteurs thermiques, alternateurs et démarreurs.
Le constructeur développe parallèlement le reconditionnement des batteries de traction, un domaine appelé à prendre de l'importance avec le vieillissement du parc électrique. La réparation des composants électroniques constitue un autre axe de développement, notamment pour les systèmes d'infodivertissement. Renault estime que, lorsqu'une réparation est techniquement possible, son coût est en moyenne inférieur de 50 % à celui du remplacement complet du composant.
Ces solutions présentent un intérêt pour les ateliers, mais leur déploiement reste conditionné à la disponibilité des références, aux capacités de diagnostic et à la maîtrise technique des interventions. La réparation électronique, en particulier, suppose de pouvoir identifier précisément la défaillance et de disposer de filières spécialisées capables de remettre les équipements en état.
L'économie circulaire gagne également le domaine des consommables. Lancée en 2025, la gamme d'huiles moteur Renault Castrol RRBO, élaborée à partir d'huiles de base re-raffinées, couvre depuis septembre 2026 l'ensemble des véhicules thermiques et hybrides du groupe en circulation en Europe. Selon Renault, ces huiles permettent une diminution de l'empreinte carbone comprise entre 13 et 24 %, sans modification des exigences de performance ni remise en cause de la garantie constructeur.
Même les accessoires sont concernés. Les tapis textiles Premium Renault intègrent désormais 43 % de matières recyclées sur certains modèles, notamment les Renault 5 E-Tech, Clio 6 et Twingo E-Tech. Dacia utilise également des matières recyclées dans plusieurs gammes de tapis de sol.
Une organisation industrielle portée par The Future Is Neutral
Pour alimenter cette offre, Renault s'appuie notamment sur les activités de The Future Is Neutral, structure dédiée à l'économie circulaire automobile. Celle-ci rassemble plusieurs entités intervenant à différentes étapes du cycle de vie des véhicules.
Indra intervient dans le démantèlement des véhicules hors d'usage et la valorisation de leurs composants. The Remakers est spécialisé dans le remanufacturing d'organes mécaniques, électriques et électroniques, tandis que Gaia développe des activités de réparation de batteries de traction, de seconde vie des pièces et de recyclage.
Une partie de ces opérations est concentrée au sein de la Refactory de Flins, dans les Yvelines, où Renault a reconverti son ancien site de production automobile vers des activités liées au reconditionnement et à l'économie circulaire.
Cette organisation traduit une évolution du modèle industriel de l'après-vente. Il ne s'agit plus uniquement de récupérer des pièces usagées pour les transformer en matières premières, mais de mettre en place des circuits de collecte et de traitement permettant leur réintroduction dans les opérations de maintenance et de réparation.
Le reconditionnement des véhicules d'occasion constitue également un débouché pour ces composants, notamment dans le cadre du label Refactory certified développé par Renault.
Convaincre les ateliers et les clients
Au-delà de l'élargissement du catalogue, Renault doit encore favoriser l'adoption de ces solutions par son réseau. Le constructeur souhaite que les offres renative soient proposées plus systématiquement lors de l'établissement des devis de réparation, en complément des pièces neuves.
Cette évolution nécessite notamment de sensibiliser les conseillers service aux différentes catégories de produits disponibles, à leurs conditions d'utilisation et à leurs avantages économiques.
Un programme de formation en ligne a ainsi été déployé avec Renault Academy dans dix pays européens. Selon le constructeur, 75 % des conseillers service concernés ont déjà suivi ce module.
L'enjeu est autant commercial qu'organisationnel. Pour les réparateurs, le recours à des pièces remanufacturées ou réparées suppose de disposer d'une information fiable sur leur disponibilité, leur compatibilité et leurs conditions de garantie. Il implique aussi une bonne gestion des retours de pièces usagées, indispensables à l'approvisionnement des filières de remanufacturing.
À plus long terme, Renault ambitionne de généraliser le recours aux offres renative à l'horizon 2030. Cette orientation s'inscrit dans son plan stratégique futuREady, qui accorde notamment une place accrue à la fidélisation des clients tout au long de la durée de vie de leur véhicule.





