
ZF Aftermarket relie les données du véhicule, le diagnostic à distance, la planification des interventions et la commande de pièces afin de fluidifier l’ensemble du parcours de réparation.
© ZF Aftermarket
Présenté à Automechanika Francfort 2026, l’écosystème numérique développé par ZF Aftermarket vise à mieux relier les différentes étapes de la maintenance. Du diagnostic à distance à la commande de pièces, l’équipementier cherche à réduire les ruptures d’information entre gestionnaires de flotte, ateliers et distributeurs.
La numérisation gagne progressivement l’ensemble de la chaîne de maintenance, mais les informations restent encore souvent dispersées entre plusieurs logiciels. Télématique du véhicule, diagnostic, prise de rendez-vous, organisation de l’atelier et commande de pièces fonctionnent parfois indépendamment les uns des autres. Une fragmentation qui peut retarder les interventions et prolonger l’immobilisation des véhicules.
À l’occasion d’Automechanika Francfort 2026, ZF Aftermarket présente une série de passerelles destinées à faire circuler les données entre ces différents environnements. L’objectif consiste moins à imposer un outil unique qu’à connecter ses propres solutions aux systèmes déjà utilisés par les flottes, les réparateurs et les distributeurs. Le groupe indique aujourd’hui relier plus de 2 000 flottes et 50 000 ateliers au sein de cet écosystème.
Un diagnostic engagé avant l’entrée en atelier
Le premier volet concerne l’exploitation à distance des données techniques du véhicule. La solution télématique ZF Bus Connect, destinée aux autobus, peut désormais être reliée au logiciel d’atelier ZF [pro]Diagnostics par l’intermédiaire d’une connexion CAN Tunnel. Lorsqu’une anomalie apparaît, le technicien peut ainsi consulter à distance les informations issues des calculateurs, lire les codes défauts, examiner les valeurs des capteurs en temps réel et accéder aux routines de diagnostic. La recherche de panne peut donc commencer avant même l’arrivée du véhicule dans l’atelier. Cette approche va plus loin qu’une télématique conventionnelle, généralement limitée à l’émission d’alertes ou à la remontée d’informations sur l’état du véhicule. Elle doit permettre de mieux préparer l’intervention, de mobiliser les compétences nécessaires et, lorsque le diagnostic est suffisamment précis, d’anticiper la disponibilité des pièces. L'équipementier précise que cette architecture CAN Tunnel peut également être utilisée avec des logiciels de diagnostic tiers.
De l’anomalie au rendez-vous d’atelier
Une fois le défaut identifié, l’enjeu est de convertir l’information technique en intervention planifiée. Cette coordination repose encore fréquemment sur des appels téléphoniques, des courriels et des saisies manuelles, avec un risque de perte d’information entre le gestionnaire de flotte et le réparateur. ZF entend automatiser davantage cette étape grâce à ZF [pro]Manager, présenté comme un accueil numérique pour les ateliers. Une première intégration est déjà opérationnelle avec Vandy, plateforme partenaire permettant aux flottes de gérer leurs besoins d’entretien et de réparation. Les informations relatives à l’état du véhicule peuvent être transformées en demandes d’intervention, puis rapprochées des disponibilités et des compétences des ateliers afin d’organiser le rendez-vous. Accessible en permanence, l’interface permet également au gestionnaire de flotte de suivre l’avancement de la réparation. À terme, ce fonctionnement doit être étendu à ZF Bus Connect ainsi qu’à ZF Scalar, la plateforme d’orchestration dédiée aux flottes de véhicules industriels. L’ouverture annoncée des interfaces de programmation constitue ici un point important. Elle doit permettre à ZF [pro]Manager de communiquer avec des solutions tierces et d’éviter que les entreprises déjà équipées soient contraintes de remplacer l’intégralité de leurs outils.
Le diagnostic relié au catalogue de pièces
ZF travaille également à raccourcir le parcours entre l’identification d’un défaut et l’approvisionnement de l’atelier. Le diagnostic réalisé avec ZF MultiScan peut être transféré vers les catalogues électroniques des distributeurs partenaires. Selon l’équipementier, cet outil couvre 95 % du parc européen de voitures particulières. À l’issue du diagnostic, les données d’identification du véhicule et les défauts relevés alimentent directement le catalogue. Le réparateur reçoit alors des propositions de pièces compatibles, accompagnées d’informations sur leur prix et leur disponibilité. Cette continuité doit limiter les recherches manuelles, réduire les erreurs de référencement et accélérer la préparation des travaux.
Pour les interventions portant sur plusieurs systèmes, le même diagnostic peut générer une liste plus globale des composants susceptibles d’être nécessaires. L’intérêt opérationnel dépendra toutefois de la précision des correspondances établies entre codes défauts, causes de panne et références de pièces. Un code enregistré ne désignant pas systématiquement un composant défectueux, l’expertise du technicien reste indispensable pour confirmer le diagnostic avant toute commande.
À travers ces différentes briques, ZF cherche à construire une chaîne numérique continue, depuis l’apparition d’une anomalie jusqu’à la remise en circulation du véhicule. Pour les flottes, le principal bénéfice attendu réside dans la réduction des durées d’immobilisation. Pour les ateliers, l’enjeu porte sur une meilleure préparation des interventions et une diminution des tâches administratives.
« La digitalisation ne crée de la valeur que lorsqu’elle facilite concrètement le travail au quotidien », résume Benoit Dessart, responsable de l’activité Digital Solutions chez ZF Aftermarket. L’équipementier place ainsi l’interopérabilité et les partenariats au centre de son dispositif. Une orientation déterminante pour l’adoption de ces solutions, dans un marché où coexistent déjà de nombreux outils de gestion, de diagnostic et de référencement.





