Les groupes automobiles chinois représentent désormais 11,2 % du marché européen sur les neuf premiers mois de 2026, contre 7 % un an auparavant. Mais leur implantation varie considérablement selon les pays : leur part de marché atteint 21,4 % au Royaume-Uni, contre seulement 6,7 % en France et 6,3 % en Allemagne. Une disparité qui révèle des stratégies commerciales et des conditions de marché très différentes.
La progression des constructeurs chinois en Europe ne fait plus guère de doute. En revanche, leur capacité à s'imposer reste très inégale d'un pays à l'autre. Selon les données de l'observatoire des marchés automobiles de la FIEV, établies à partir des statistiques MarkLines, les groupes chinois représentent 11,2 % des immatriculations dans la zone Union européenne, AELE et Royaume-Uni sur les neuf premiers mois de 2026. Un an auparavant, leur part de marché atteignait 7 %. En douze mois, ils ont donc gagné 4,2 points.
Mais cette moyenne masque des écarts considérables. Au Royaume-Uni, plus d'une voiture neuve sur cinq relève désormais d'un groupe chinois. En France et en Allemagne, cette proportion reste inférieure à 7 %. Entre ces deux extrêmes, l'Espagne et l'Italie constituent également des marchés particulièrement favorables aux nouveaux entrants. Cette géographie de la conquête chinoise révèle une réalité : l'Europe ne constitue pas un marché homogène pour les constructeurs asiatiques. Leur réussite dépend autant des conditions commerciales, des politiques publiques et des réseaux de distribution que de la compétitivité de leurs véhicules.
Le Royaume-Uni, premier marché de conquête
Avec 21,4 % de part de marché sur les neuf premiers mois de 2026, contre 12,8 % un an auparavant, le Royaume-Uni apparaît comme le marché le plus favorable aux groupes chinois parmi les grands pays européens étudiés par la FIEV. Cette progression de 8,6 points en un an illustre la rapidité avec laquelle les nouveaux entrants peuvent modifier les équilibres commerciaux.
Le groupe Chery joue un rôle déterminant dans cette évolution. Avec ses marques Jaecoo, Omoda et Chery, il représente à lui seul 7,2 % du marché britannique. Il devance Geely, crédité de 4,7 %, SAIC, maison mère de MG, avec 4,5 %, et BYD, à 3,9 %. Le succès commercial de Jaecoo constitue l'un des exemples les plus significatifs de cette percée. Le SUV Jaecoo 7 s'est notamment hissé à la première place des ventes britanniques en septembre, avec 10 813 immatriculations.
Plusieurs facteurs favorisent cette progression. Contrairement à l'Union européenne, le Royaume-Uni n'applique pas les droits compensateurs européens sur les voitures électriques produites en Chine. Les constructeurs chinois peuvent ainsi y commercialiser leurs modèles dans des conditions tarifaires différentes. Mais cet avantage ne suffit pas à expliquer leur réussite. La diversité des motorisations proposées, notamment hybrides et hybrides rechargeables, ainsi que le recrutement rapide de distributeurs ont également contribué à leur développement. Le Royaume-Uni apparaît désormais comme un marché stratégique pour plusieurs groupes chinois, qui envisagent d'y renforcer leur présence industrielle et technologique.
L'Espagne et l'Italie accélèrent également
Derrière le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie enregistrent une progression importante. En Espagne, la part de marché des groupes chinois atteint 14,2 % sur les neuf premiers mois de 2026, contre 9,9 % un an auparavant. En Italie, elle passe de 6,8 % à 13,1 %, soit une progression de 6,3 points. Ces deux marchés présentent plusieurs caractéristiques favorables à l'arrivée de nouveaux constructeurs. Les automobilistes y sont sensibles au positionnement tarifaire, tandis que les réseaux de distribution multimarques offrent des possibilités de développement rapide. Les marques chinoises y ont également élargi leur offre au-delà des véhicules électriques, en proposant des modèles hybrides et hybrides rechargeables susceptibles de toucher une clientèle plus importante.
Le cas espagnol présente une dimension industrielle supplémentaire. Plusieurs constructeurs chinois ont engagé des projets de production ou d'assemblage dans le pays. Ces implantations peuvent contribuer à renforcer leur présence commerciale, même si leur effet sur les immatriculations ne peut pas encore être mesuré précisément. L'Italie constitue également un terrain de développement important pour MG, BYD et les différentes marques du groupe Chery.
La France et l'Allemagne restent plus difficiles à conquérir
À l'inverse, la France et l'Allemagne affichent les parts de marché les plus faibles parmi les cinq grands marchés européens étudiés. En France, les groupes chinois représentent 6,7 % des immatriculations sur les neuf premiers mois de 2026, contre 3,6 % un an auparavant. Leur présence a donc presque doublé, mais reste nettement inférieure à celle observée au Royaume-Uni. L'Allemagne présente une situation comparable, avec une part de marché de 6,3 %, contre 4,2 % en 2025.
Ces résultats témoignent de la résistance relative des marchés disposant de constructeurs nationaux fortement implantés et de réseaux de distribution historiques particulièrement structurés. En France, les dispositifs d'aide à l'achat des véhicules électriques, notamment les critères d'éligibilité liés à l'empreinte environnementale de leur production, ont également pu limiter l'attractivité de certains modèles importés de Chine. Les constructeurs chinois cherchent toutefois à contourner ces obstacles commerciaux en développant leur offre hybride et hybride rechargeable.





