Essai automobile - Kia Niro HEV : une remise à niveau qui cible les pros

Essai automobile - Kia Niro HEV : une remise à niveau qui cible les pros

© Thomas Antoine / ACE Team / Kia France

Initialement commercialisé en version hybride mais aussi en hybride rechargeable et même en 100 % électrique, le Kia Niro ne conserve qu’une seule motorisation à l’occasion son restylage de mi-carrière. L'intérieur se veut également plus techno tandis que les tarifs sont en (légère) baisse.

La gamme Kia s’est particulièrement développée ces dernières années. Les lancements de nouveautés – 100 % électriques – s’enchaînent (PV5, EV5, EV4, EV2) tandis que les restylages des modèles thermiques y compris électrifiés s’accélèrent. Après la Picanto, le Stonic et le Sportage, c’est au tour du Niro de recevoir de profondes retouches. Un modèle dont le fort potentiel n’a pas pu se développer au cours de sa première moitié de vie, pénalisé notamment par la fiscalité française fluctuante.

Introduite en 2021 sur le marché européen, cette deuxième génération de Kia Niro était, comme la précédente, un levier de transition énergétique pour les automobilistes. En effet, le constructeur coréen avait fait le pari de décliner ce SUV compact en hybride, hybride rechargeable et en 100 % électrique. Une triple offre capable de séduire aussi bien les clients particuliers que les clients professionnels, poussés à abandonner le thermique.

Or, patatras, les caisses de l’État étant vides le bonus écologique accordé aux véhicules PHEV a sauté en 2023 tandis qu’en parallèle plusieurs lobbys dénonçaient « l’aberration écologique » que représente ce type de motorisation accusée d’être mal utilisée par les conducteurs… En parallèle, les conditions d’accès au bonus écologique accordé aux véhicules zéro émission ont aussi été revues avec la mise en place d’un tarif plafonné et l’apparition de l’éco-score prenant notamment en compte le lieu de production des modèles.

Le Kia Niro étant assemblé en Corée du Sud, au sein de l’usine de Hwaseong, son sort a rapidement été scellé. Il est sorti des radars des acheteurs BtoB mais aussi des particuliers tentés par des véhicules plus récents ou placés à la croisée des chemins des segments B et C, faute de pouvoir d’achat suffisant.

Une relance maligne

Les dirigeants de Kia étant opiniâtres et convaincus que le Niro a toute sa place dans un marché en pleine évolution entre course à l’électrification et guerre des prix, le modèle se relance depuis l’été. La marque a complètement revu sa proposition initiale. Ainsi, les retouches stylistiques apportées au SUV compact sont particulièrement visibles. Comme cela avait déjà été le cas sur le petit Stonic voilà quelques mois.

Kia Niro HEV facelift AR

La face avant du Kia Niro restylé adopte donc les nouveaux attributs du style maison, selon la philosophie « Opposites United » (soit « L’alliance des contraires ») chère à la marque. En clair, le modèle reçoit des projecteurs à LED verticaux intégrant la signature visuelle actuelle. Le bouclier et la calandre ont également été redessinés. Le montant C (situé entre les portes arrières et le coffre) est désormais uniquement disponible dans la couleur de la carrosserie et non plus avec une teinte contrastée. Enfin, de nouvelles protections de bas de caisse « soulignent l’aspect SUV du modèle », est-il précisé tandis que le hayon redessiné reçoit également de nouveaux feux à LED et se déleste de la plaque d’immatriculation du véhicule, positionné plus bas sur le bouclier arrière.

Moteur unique et habitacle plus technologique pour le Kia Niro restylé

Sous le capot, le constructeur coréen rationalise son offre. Exit la déclinaison 100 % électrique – afin de ne pas gêner la carrière du Kia EV3 – ainsi que celle hybride rechargeable (PHEV). Le Niro est désormais uniquement proposé avec un bloc hybride offrant une puissance cumulée de 138 chevaux.

En pratique, cette mécanique associe un moteur essence 1.6 l GDi de 102 ch et un moteur électrique de 32 kW (soit 43,5 ch). « La technologie hybride continue de jouer un rôle clé dans le déploiement de solutions de mobilité efficientes et à faibles émissions en Europe. Le Kia Niro constitue une réponse concrète pour les clients souhaitant réduire leurs émissions tout en conservant la flexibilité et la familiarité d’une conduite conventionnelle. En associant performance hybride efficiente, connectivité intuitive et ADAS complètes, Niro est conçu pour accompagner le quotidien de nos clients de manière simple, fiable et responsable », commente dans un communiqué Pablo Martinez Masip, vice-président Product, Marketing & Customer Experience chez Kia Europe.

Si le Kia Niro restylé conserve les mêmes dimensions que lors de son introduction sur le marché en 2021 (soit 4,43 mètres de long pour 2,72 m d’empattement et 1,82 m de large pour 1,54 m de haut) l’habitacle évolue en profondeur. Kia a revu la planche de bord pour y intégrer le système d’info-divertissement ccNC à double écran panoramique (12,3 pouces pour le conducteur et 12,3 pouces pour l’écran central). La connectivité Apple CarPlay et Android Auto sans fil est à présent de série. Un nouveau volant, un éclairage d’ambiance horizontal font leur apparition.

Kia Niro HEV facelift - Habitacle

Dès le premier niveau de finition, le C-SUV coréen embarque 17 aides à la conduite et conformément à la législation en vigueur, la caméra de surveillance du conducteur fait son apparition à bord du véhicule ainsi que le système de détection des mains sur le volant.

Le Kia Niro hybride doit composer avec... un concurrence interne

Installé à bord, il est facile de trouver sa bonne position de conduite tandis que le gabarit de l’auto s’appréhende bien. Contact mis, on évolue très régulièrement en mode 100 % électrique ce qui rend les trajets urbains particulièrement agréables. La réponse de la mécanique se révèle avec douceur et le silence règne à bord. En péri-urbain les deux mécaniques travaillent de concert. En conduite plus dynamique, le réveil du bloc thermique se fait ressentir avec parfois un petit temps de latence entre l’accélération et l’apport de puissance et un niveau sonore alors en hausse. Loin toutefois de ce qu’on peut connaître sur les productions japonaises dotées de boîte CVT. Ici la transmission à double embrayage joue en faveur de l’agrément.

Inutile de chercher un quelconque mode sport pour gagner quelques chevaux et une réaction plus rapide.  Seuls deux modes de conduite sont proposés sur le véhicule : éco et normal. Suffisants au quotidien, les 138 chevaux promis peuvent se révéler un peu juste à pleine charge. D’autant qu’aujourd’hui la concurrence en propose souvent davantage (comme le Renault Symbioz E-Tech Hybrid 160 ch ou même le Dacia Duster Hybrid ou encore un MG ZS Hybrid+).

Mais, la véritable concurrence va se jouer au sein de la gamme Kia où trois C-SUV cohabitent désormais. Ce Niro restylé comme entrée de gamme, plus accessible que le nouveau Seltos et leur grand frère Sportage.

Des tarifs revus à la baisse 

Fait assez rare pour être souligné, le renouvellement du Kia Niro s'accompagne de tarifs revus à la baisse. Si les prestations s'annoncent en hausse, les prix catalogue sont inférieurs d'environ 450 euros par rapport à ceux pratiqués dans le réseau depuis le lancement de cette deuxième génération du SUV compact coréen en 2021. Une différence peu élevée sur le papier mais à mettre en regard à la dotation de série enrichie. La gamme du Kia Niro 2026 débute ainsi à 34 950 euros en finition Motion. La finition intermédiaire Active est facturée 36 850 euros tandis que la déclinaison haut de gamme Premium, encore mieux équipée, s'affiche – en hausse – à 40 850 euros. Les clients professionnels peuvent opter pour les déclinaisons Business spécifiques. Le Niro Business Active est proposé à 37 700 euros tandis que le Niro Business Premium l’est à 41 700 euros. En matière de fiscalité, le véhicule (émissions de CO2 comprises entre 102 et 115 g/km) est exempté de malus en finition Motion et Active et taxé à hauteur de 210 euros en finition Premium. Enfin, avec même en dépassant d’une vingtaine de kilos le couperet des 1,5 tonne sur la balance, le véhicule échappe au malus au poids en raison de sa motorisation hybride essence-électricité.

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